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Revue d’Actualité – Mardis de l’Environnement – Août 2013

 

 

Evénements

    • Deuxième conférence environnementale en France. Elle débutera le 20 septembre, avec un discours du Président de la République, et la présentation d’une synthèse des travaux du débat national sur la transition énergétique, lequel s’est achevé le 18 juillet. Cette synthèse devrait porter la marque des divergences confirmées entre les principaux acteurs au sujet de trois points : la part du nucléaire dans le futur schéma de la consommation d’électricité ; l’exploitation ou non du gaz de schiste ; la réduction de la consommation énergétique. Sur ces trois points, les écologistes sont en désaccord avec les industriels. Le Président de la République devrait indiquer les lignes qui seront retenues par le gouvernement.
    • Gaz de schiste : les forages continuent en France. La loi du 13 juillet 2011 interdit la technique de la fracturation hydraulique, donc l’extraction du gaz de schiste, mais non les forages. Des compagnies américaines et canadiennes réalisent donc actuellement des forages en Seine-et-Marne, dans la Marne et dans l’Aisne. L’une d’entre elles a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel au sujet de cette loi. Le Conseil doit rendre son avis avant le 12 octobre prochain.
    • L’exploitation du pétrole autorisée dans un parc national d’Equateur. Le président équatorien a donné son feu vert, le 15 août, pour l’extraction du pétrole dans le parc national Yasuni, déclaré réserve de biosphère par l’Unesco. En 2007, il avait lancé le programme Yasuni-ITT, par lequel le pays s’engageait à ne pas exploiter le pétrole dans ce parc, en échange d’une compensation financière de 3,6 milliards$ sur treize ans demandée à la communauté internationale. Le fonds institué n’ayant reçu que 13,3 millions$, décision a été prise d’autoriser l’exploitation. Les écologistes, ainsi que les communautés indigènes qui vivent dans le parc, sont en première ligne pour s’opposer à cette perspective. Le congrès équatorien doit avaliser la décision.
    • Scénario dramatique pour la fonte de l’Arctique. La fonte de la banquise arctique pourrait coûter 60 000 milliards$ à l’économie mondiale, soit l’équivalent du PIB mondial en 2012, ont calculé des scientifiques de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) et d’Erasmus à Rotterdam (Pays-Bas), fin juillet. Cette fonte libère en effet des quantités énormes de méthane, un gaz possédant un pouvoir de réchauffement bien supérieur à celui du CO2. Et cette perspective n’a pas été prise en compte dans les projections du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ce scénario confirme que le seuil, jugé déjà dangereux, d’élévation des températures de 2°C, doit être avancé de plusieurs décennies.
    • Le réchauffement climatique favorise les conflits sur la planète. Au terme d’une longue étude portant sur les siècles et millénaires passés, une équipe de scientifiques américains a établi une corrélation entre les événements climatiques et les conflits humains, depuis l’agressivité entre groupes jusqu’à la guerre civile. Ils estiment que d’ici le milieu de ce siècle, « le risque de guerre civile pourrait se multiplier dans plus de 50% de beaucoup de pays. »
    • 11 milliards de Terriens en 2100. La population de la planète, contrairement aux prévisions, en en augmentation soutenue, et devrait avoisiner 11 milliards d’habitants en 2 100. Soit 800 millions d’habitants de plus que ce qui était prévu pour la même date il y a trois ans.
    • L’Europe mise sur les agrocarburants de deuxième génération. Coup de frein sur les carburants produits à base de cultures alimentaires, le bioéthanol et le biogazole, dont l’exploitation est accusée de favoriser le réchauffement climatique. La Commission européenne prône l’utilisation des carburants de seconde génération, qui utilisent la cellulose de la plante, et non plus seulement la graine. Une technique qui demande à être encore parfaitement mise au point pour une exploitation industrielle.
    • Le coût des énergies renouvelables. La Cour des comptes, en France, a épinglé les dépenses engagées pour soutenir les énergies renouvelables, chiffrées à 14,3 milliards d’euros entre 2005 et 2011. Elle estime aussi que l’objectif de voir ces énergies représenter 23% de la consommation en 2020 sera difficile à atteindre.
    • Annulation de l’interdiction du maïs transgénique MON810. Toujours en France, le Conseil d’Etat a cassé l’arrêté d’interdiction du maïs OGM Monsanto MON810, le 1er août. Le gouvernement a immédiatement signifié qu’il établirait une nouvelle réglementation pour rétablir cette interdiction.
    • Hécatombe de dauphins aux Etats-Unis. Plus d’une centaine de dauphins ont été retrouvés morts sur des plages de la côte est des Etats-Unis, depuis début juillet. Une épidémie de morbillivirus est soupçonnée. Elle pourrait avoir été causée (comme dans plusieurs autres cas similaires dans le passé récent) par les pollutions résultant des marées noires de pétroliers (telle celle de l’Exxon-Valdez en 1989).

 

 Manifestations

    • Séminaires du Criigen, 12-15 septembre. Sur le thème « Biodiversité et phytopharmarcie », avec Jean-Marie Pelt. Barjac (Lot).www. criigen.org
    • « Naturalité. Vers une autre culture des eaux et des forêts », 17-20 septembre. Colloque à Chambéry (Savoie). www. naturalite2013.fr

 

Médias

    • « L’agriculture biologique peut-elle nourrir le monde ? », dossier de L’Ecologiste. N° 40, été 2013.
    • « Les grands textes fondateurs de l’écologie » présentés par Ariane Debourdeau. Editions Champs classiques.
    • « La valeur de la simplicité volontaire » de Richard B. Gregg. Editions Le pas de côté.
    • « L’homme et la nature » de Valérie Chansigaud. Editions Delachaux et Niestlé.
    • « René Dumont – Une vie saisie par l’écologie » de Jean-Paul Besset. Editions Les petits matins.

 

Le fait du mois

Un presque-nouveau mammifère (re) découvert. Le 15 août dernier a été annoncée la « découverte » d’un « nouveau » mammifère, l’olinguito. Il vit en Equateur, dans un substrat forestier d’altitude, très isolé et caché. Il a une morphologie comparable à celle d’un gros chat. Il appartient à la famille des Procyonidae (dont font notamment partie les ratons-laveurs). Un spécimen de cet animal était présent dans les collections du Field Museum de Chicago (Etats-Unis) depuis presque un siècle, avec d’autres de ses congénères, des olingos … et c’est en remarquant, chez ce spécimen, des différences, qu’un chercheur est parti pour l’Equateur, afin d’identifier formellement son espèce. Laquelle est maintenant bien individualisée en Bassaricyon neblina, apparentée aux olingos.