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Evénements
. Nicolas Hulot a démissionné. Le ministre de la Transition écologique a résilié ses fonctions, mardi 28 août, de manière très personnelle, en annonçant cette nouvelle sur les ondes de France Inter. On sait que cette démission était patente depuis longtemps, Nicolas Hulot se déclarait de plus en plus amer de ne pouvoir faire avancer des dossiers qu’il estimait essentiels dans le domaine de l’écologie. Il a ainsi dénoncé la puissance des lobbys qui selon lui empêchent les grandes réformes d’être mises en œuvre.
Sur le plan de ses échecs, on peut citer :

– le nucléaire, avec l’abandon de l’échéance de 2025 en ce qui concerne la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production électrique du pays ;
– l’imprécision retenue pour l’échéancier du calendrier et pour le nombre des réacteurs à arrêter, ce qui repousse à plus tard la réduction de la part du nucléaire ;
– la non-participation aux Etats généraux de l’alimentation, à l’automne 2017, qui ont été dirigés par le seul ministère de l’Agriculture, dont le ministre, Stéphane Travert, avait de mauvaises relations avec Nicolas Hulot ;
– la réforme de la chasse, favorable largement aux chasseurs.

Sur le plan de ses succès :

– la décision d’abandonner la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes ;
– l’inscription dans l’article 34 de la Constitution des mots « environnement, climat et biodiversité » ;
– enfin le plan pour la biodiversité, même si le ministre ne se faisait guère d’illusions de le voir mis en œuvre, et si ce plan avait fait l’objet de critiques d’associations environnementales, qui le jugeaient trop timide.

. Monsanto condamné pour le glyphosate. La firme a été condamnée, vendredi 10 août, par la justice californienne, à verser 289,2 millions de dollars à un jardinier américain, Dewayne « Lee » Johnson, en phase terminale d’un cancer attribué à son exposition à des herbicides (Ranger Pro et Roundup Pro) contenant du glyphosate, et commercialisés par Monsanto. C’est une première. Cette société n’avait jamais été condamnée pour ces motifs. Actuellement, 8 000 procédures judiciaires sont en cours aux Etats-Unis contre Monsanto, toutes concernant l’exposition au glyphosate.

. Le bio plutôt que les herbicides. Une étude de l’INRA, en France, parue en août, montre que le bio est tout aussi efficace que les herbicides pour lutter contre les insectes ravageurs ou les maladies, et avec bien moins d’infestations d’agents pathogènes comme les champignons et les bactéries. Le seul domaine où les pesticides sont plus probants concerne la lutte contre les « mauvaises herbes », toutefois l’INRA estime que ces plantes ont un rôle très utile pour des insectes et des oiseaux qui ont un rôle notable dans le fonctionnement de la biodiversité.

. L’alimentation menacée par le CO2. Selon des chercheurs américains de l’université de Harvard, les niveaux élevés de CO2 dans le monde ont un impact délétère sur la qualité nutritionnelle des cultures. Cet impact a été mis en évidence il y a déjà une vingtaine d’années. Dans les prochaines décennies, la situation devrait empirer, avec l’appauvrissement d’un grand nombre de cultures de base pourvues en protéines, zinc et fer. De fait, la santé humaine est de plus en plus en question.

. Sévère sécheresse en Australie et en Allemagne. En août, en plein hiver austral, il n’avait pas plu en Australie depuis deux mois. Les cultures étaient sinistrées, et l’élevage aussi, qui en dépend pour son alimentation. En Allemagne, la même situation prévaut depuis l’été. Les récoltes sont baissé de 25% par rapport à la moyenne des trois années précédentes, avec les conséquences habituelles pour le bétail. Dix mille exploitations sont proches de la faillite.

. Echec majeur pour les rhinocéros. Le transfert de 11 rhinocéros noirs des parcs kenyans de Nairobi et de Nakuru vers le parc de Tsavo-est a été marqué par un échec complet, avec la mort de ces périssodactyles. Le projet avait été initié il y a six ans. Mais les points d’eau étaient salés, et les rhinocéros ont succombé les uns après les autres, en juin et juillet dernier. Chaque partie prenante dans ce dossier se rejette la responsabilité, entre le Kenya Wildlife Service (KWS),maître d’œuvre, et le WWF, qui a financé l’opération, et a poussé pour qu’elle soit exécutée. Malgré de nombreuses mises en garde de vétérinaires et d’anciens membres du KWS.

. Succès pour la préservation du lynx d’Espagne. En 16 ans, de 2002 à 2018, la population de lynxs pardelle a largement augmenté, passant de 94 individus à 589. En 2002, l’espèce était considérée comme extrêmement menacée. Leurs habitats étant ceux des parcs naturels de la Doñana, dans l’estuaire du Guadalquivir, et de la Sierra d’Andujar, au nord de l’Andalousie. Ces lynxs ont fait l’objet d’un programme de préservation, Iberlince, financé avec de gros moyens par la Commission européenne et le gouvernement régional d’Andalousie.

. Des peaux d’âne pour la Chine. Ce commerce scandaleux dure depuis longtemps, mais il a été récemment exposé dans toute sa crudité. La peau d’âne est très demandée en Chine, elle est, réduite en poudre, l’ejiao, utilisée contre l’anémie, le vieillissement ou le manque de libido. Les prospecteurs chinois ont investi plusieurs pays d’Afrique. Le Kenya est particulièrement affecté. Chaque année, la Chine se procure l’équivalent de 5 000 tonnes d’ejiao, soit jusqu’à 4 millions de peaux. Le prix offert aux possesseurs d’âne est suffisamment attractif pour qu’ils cèdent leur animal, car leurs revenus sont minimes. Le résultat, c’est la raréfaction des ânes du Kenya, le doublement de leur prix, et les difficultés accrues des villageois, puisque l’âne assure traditionnellement quantité de tâches.

. Les mammifères marins victimes des pesticides. Au cours de leur évolution, les mammifères marins lamantins, dauphins, baleines et phoques ont perdu leurs mécanismes de défense contre des substances organophosphorées comme chlorpyriphos et le diazinon, qui ont des effets neurotoxiques. Une étude parue dans la revue Science, en août, le confirme. La protéine permettant de lutter contre les lésions cellulaires dues au stress oxydant n’est plus présente chez eux (son gène la codant est éteint). Aucune explication ne peut jusqu’à présent éclairer ce fait, mais l’essentiel, c’est que la pollution chimique d’origine anthropique s’illustre avec un nouvel exemple au détriment de la biodiversité marine.

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