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Evénements

. La Terre est largement surexploitée. Un rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), en août, confirme que notre planète s’épuise en raison de la surexploitation de ses ressources provenant notamment des terres. Des 130 millions de km2 libres de glaces, donc ouverts aux interventions humaines, 72% sont affectés par ces activités. Il est estimé que depuis 1961, 5,3 millions de km2 ont été convertis en terres agricoles. Les forêts, à hauteur de 22%, sont également exploitées. En parallèle, on assiste à un accroissement exponentiel des consommations humaines. Mais la dégradation des sols et la déforestation menacent la sécurité alimentaire, tout en appauvrissant la biodiversité et en augmentant les émissions de gaz à effet de serre. Le Giec n’en estime pas moins, tenant compte de l’essor, lui aussi très important, de la population humaine, qu’il serait possible d’assurer les besoins alimentaires dans le futur, mais à deux conditions : gérer durablement les terres ( agroforesterie, amélioration de la productivité, diversification des cultures, restauration des écosystèmes, notamment) et éviter le gaspillage de la consommation alimentaire tout en opérant des changements de régimes alimentaires, en diminuant les apports d’origine animale.

. Une 18ème CITES encourageante. La 18ème Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction s’est révélée plutôt positive pour nombre d’espèces, même si certains dossiers n’ont pu être retenus dans le sens d’une meilleure protection. Cette réunion devait se tenir primitivement au Sri Lanka, mais a dû être annulée en raison des troubles politiques dans ce pays. Elle a donc eu lieu ailleurs, en Suisse, à Genève, du 17 au 28 août dernier. Les décisions suivantes ont donc été prises :

Annotation du classement en annexe II de l’antilope Saiga avec un quota d’exportation de zéro.

Transfert d’une population de vigognes d’Argentine de l’annexe I à l’annexe II.

Classement de toutes les espèces de girafes en annexe II.

Transfert de la loutre à pelage lisse de l’annexe II à l’annexe I.

Rejet de la proposition du Zwaziland de supprimer une annotation restrictive du classement en annexe II de ses populations de rhinocéros blancs du sud (annotation ayant trait à la vente de produits de rhinocéros).

Rejet de la proposition de la Namibie de transférer ses populations de rhinocéros blancs du sud de l’annexe I à l’annexe II.

Rejet de la proposition de la Zambie de transférer ses populations d’éléphant d’Afrique de l’annexe I à l’annexe II.

Rejet de la proposition du Botswana d’autoriser deux ventes d’ivoire (d’éléphant) provenant des stocks gouvernementaux du Botswana, de Namibie, d’Afrique du Sud et du Zimbabwe.

Rejet de la proposition du Gabon de transférer toutes les populations d’éléphant d’Afrique du continent en annexe I.

Demi-rejet (ou demi-acceptation) d’une proposition d’Israël d’inclure le mammouth laineux, espèce disparue depuis longtemps, en annexe I. La CITES, en fait, ne gère pas les espèces éteintes. Mais le commerce d’ivoire de mammouth est actif, et nourrit la demande illégale d’ivoire d’éléphant vivant. La CITES a donc accepté de créer un groupe de travail chargé d’étudier ce commerce illégal et de rendre un rapport.

Rat architecte, souris d’Alice Springs, faux rat d’eau, rat à grosse queue : transfert de l’annexe I à l’annexe II.

Inclusion du faisan vénéré en annexe II.

Transfert de la grue couronnée de l’annexe II à l’annexe I.

Transfert du dasyorne roux et du dasyorne à long bec de l’annexe I à l’annexe II.

Transfert de l’annexe I à l’annexe II avec un quota zéro d’exportation du crocodile américain.

Geckos du genre Goniurosaurus de Chine et du Vietnam : inclusion en annexe II.

Gecko tokay : inclusion en annexe II.

Gecko des Grenadines : inclusion en annexe I.

Gecko de Grandidier de Madagascar : inclusion en annexe II.

Sauriens du genre Ctenosaura : inclusion en annexe II.

Vipère à queue d’araignée : inclusion en annexe II.

Tortue de Bourret, tortue feuille d’Annam : transfert de l’annexe II à l’annexe I.

Tortue étoilée d’Inde : transfert de l’annexe II à l’annexe I.

Tortue crêpe : transfert de l’annexe II à l’annexe I.

Amphibiens des genres Hyalinobatrachium, Centrolene, Cochranella, Sachatamia : rejet de la proposition du Costa Rica de les inclure en annexe II.

Salamandres d’Asie : inclusion en annexe II.

Inclusion en annexe II du requin mako et du petit requin taupe.

Guitares de mer : inclusion en annexe II.

Raies : inclusion en annexe II.

Holothuries/concombres de mer : inclusion en annexe II.

Araignées mygalomorphes du genre Poecilotheria : inclusion en annexe II.

Lépidoptère Parides burchellanus : inclusion en annexe I.

Inclusion en annexe II du cyprès de Mulange.

Rejet de la proposition de l’Inde de retirer le shisham/sishoo (un bois de rose) de l’annexe II.

Révision des définitions, en fonction du commerce, des bois de rose, des palissandres, des bubingas.

Révision des définitions de tek africain et de l’afromosia, en fonction des exploitations commerciales.

Inclusion du padouk , un arbre national au Malawi, en annexe II.

Révision de l’annotation de l’aloès du Cap, pour une plus large exploitation commerciale.

Révision de l’annotation du baobab de Grandidier, pour une plus large exploitation commerciale.

Révision de l’annotation des cèdres du genre Cedrela dans le cadre de leur exploitation.

 

Par ailleurs, les délégués ont approuvé l’interdiction, « sauf circonstances exceptionnelles »

de la vente d’éléphants capturés vivants (et communément des éléphanteaux) à des zoos ou des cirques. Au total, on peut estimer que cette conférence a surpris par le nombre de décisions plutôt favorables à des espèces ou des familles jusque-là un peu négligées – girafes, requins, concombres de mer, lézards, salamandres, raies. Mais sans nul doute, la sensibilisation accrue sur le constat dramatique de la biodiversité dans le monde a joué un rôle important dans la « prise de conscience » des représentants des Etats.

 

. L’Amazonie brûle. Le monde végétal a lui aussi fait l’objet d’une sensibilisation importante ces derniers mois, en raison des bilans de plus en plus lourds sur la déforestation en Amazonie. A cet égard, la situation au Brésil, qui regroupe l’essentiel du massif forestier, est plus que préoccupante. Cette déforestation se décline largement avec des feux produits par des exploitants. Au 25 août, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) du Brésil avait recensé plus de 41 000 foyers d’incendie, contre 22 000 à la même période l’an passé. L’institut affirme bien que les dérèglements climatiques (du type El Nino) n’expliquent pas cette augmentation des feux : c’est l’homme qui en est responsable. Il s’agit en effet, après avoir abattu les arbres d’une parcelle, de faire brûler la végétation restante, pour rendre la parcelle propice aux cultures. Ce « nettoyage » est pratiqué pour nettoyer des pâturages envahis par les herbes, ou pour se débarrasser des résidus de récoltes. Mais en cas, les feux n’ont pas l’ampleur de ceux que l’on constate dans le bassin amazonien – et qui sont destinés à étendre encore plus largement la culture déjà omniprésente du soja et l’élevage du bétail. Le président brésilien, Bolsonaro, fait l’objet de critiques dans le monde, il est soupçonné (voire accusé) de favoriser les multinationles ou les grands groupes agro-alimentaires brésiliens en « laissant faire » en Amazonie, en restreignant même les mesures de protection qui avaient pu être prises dans cette région. Deux pays en tout cas ont joint la parole à l’acte, la Norvège et l’Allemagne, qui ont gelé leurs fonds prévus pour lutter contre la déforestation en Amazonie, en raison de l’attitude du président brésilien.

 

 

Médias

 

. Homo canis. Une histoire des chiens et de l’humanité, de Laurent Testot. Editions Payot.

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