Evénements

. Le plan français d’affectation de quotas de CO2 aux industries est avalisé. La Commission européenne l’a approuvé fin mars. La France est autorisée à émettre 132,8 millions de tonnes de CO2 pour la période 2008-2012. Elle proposait précédemment 155,6 millions de tonnes. Cela concerne la moitié des émissions : l’autre moitié, due aux transports, au chauffage et à l’agriculture, n’est pas concernée et devrait l’être, dans le cadre d’une réglementation européenne.

 

. Réduction européenne des gaz à effet de serre à l’horizon 2020. Les Etats européens ont fini par s’entendre, le 9 mars, sur une réduction d’au moins 20%, par rapport à 1990, de ces émissions. L’objectif supplémentaire de consacrer 20% des sources d’énergie aux énergies renouvelables n’a pu être accepté formellement : les Etats devront déterminer chacun avec la Commission européenne l’effort qu’ils comptent faire dans ce secteur.

 

. Les déchets et surtout le bois constituent toujours la principale source d’énergie des pays en développement. Un constat de l’Agence internationale de l’énergie en mars. Les énergies renouvelables représentent 13,1% des sources d’énergie primaire dans le monde, mais 10,4% provient du bois et des déchets. Ce qui souligne le problème grave des déforestations massives dans le monde. Les besoins énergétiques de l’Afrique, par exemple, sont assumés à 49% par les énergies renouvelables, dont 37,6% par le bois et les déchets.

 

. Un maïs OGM serait toxique. Le maïs transgénique MON 863, produit par la firme Monsanto, entraînerait des perturbations sévères des fonctions du foie et des reins chez les rats. L’étude, due au Criigen, a repris les données d’une expérience menée par Monsanto en 2005, qui ne concluait pas à des effets pathologiques du maïs chez ces animaux.

 

. La France transpose par décrets une directive européenne sur les OGM. Menacé d’une lourde amende par Bruxelles, Paris s’est exécuté .Les deux textes, publiés le 20 mars au JO, concernent les essais en plein champ, l’encadrement et le contrôle des cultures commerciales. Un arrêté complémentaire crée un registre national des parcelles mises en culture OGM. Les associations écologistes ont dénoncé l’absence de débat parlementaire, l’absence de transparence et l’absence de responsabilité des agriculteurs.

 

. Les cultures d’OGM ont augmenté de 13% en un an, pour atteindre 102 millions ha en 2006. En tête, les USA, 54,8 millions ha ; puis l’Argentine, 18 millions ha, le Brésil, 11,5 millions ha, le Canada, 6,1 millions ha, etc.

 

. Recréer la forêt pluviale de Sao Paulo, au Brésil. Un projet vise à faire renaître cette forêt, qui ne couvre plus que 13% de l’Etat, contre 80 % à l’origine. Un million ha doivent être replantés, avec 2 milliards de graines de centaines d’espèces d’arbres . Le projet doit prendre plusieurs décennies et coûter 2 milliards US$. Il a démarré en décembre dernier.

 

. Un bilan contrasté et discuté de l’état de la biodiversité en France. La ministre de l’Ecologie, Nelly Olin, a estimé que le bilan de la stratégie nationale de la biodiversité était satisfaisant ; elle a mis en avant Natura 2000, la création d’espaces protégés. Le comité français pour l’UICN a rappelé, tout en reconnaissant ces avancées, que rien d’essentiel n’avait été accompli sur les pesticides, les OGM, les pêches, l’intégration de la biodiversité dans la gestion des territoires.

 

. Un rapport sénatorial alarmiste sur l’état de la biodiversité. Deux sénateurs français, Pierre Lafitte et Claude Saunier, estiment que la biodiversité dans le monde « est menacée d’effondrement » en raison de multiples causes. Dans leur rapport, rendu public le 28 mars, ils avancent une série de propositions pour faire face à cette urgence.

. Déclin de la pêche, croissance de l’aquaculture. La FAO a rendu son rapport, le 5 mars : poursuite du déclin des pêches, avec 93,8 millions t en 2005 (95 millions en 2004) ; hausse de l’aquaculture, avec 47,8 millions t en 2005 (45,5 en 2005). Tendances de la pêche : l’effort se porte davantage sur d’autres espèces (crevettes et céphalopodes, poissons de grande profondeur, requins) ; les grands prédateurs ayant été largement décimés, le risque existe maintenant pour des petites espèces comme la sardine ou l’anchois.

 

. Le krill, une ressource menacée. Le krill est de plus en plus exploité par l’aquaculture et l’industrie pharmaceutique. On estime que depuis les années 1970, les densités de la biomasse de cette espèce ont chuté de 80%. De plus, une menace potentielle s’accroît, celle des polluants organiques persistants (POP). Produits et utilisés dans l’hémisphère nord, ils n’en ont pas moins tendance à migrer vers les pôles, qui jouent le rôle de « puits ».

 

Publications

 

. « Vers la fin des saisons ? », dossier de Science et Vie, avril 2007.

 

Site internet

www.edgeofexistence.org, un site créé par la Zoological Society of London, pour une centaine de mammifères peu connus, pour la plupart, et très menacés. Des projets de conservation spécifiques doivent être étudiés pour ces espèces.

 

Manifestations

 

. Fête de la Nature, les 19 et 20 mai prochain. Organisée par l’UICN France et le magazine Terre Sauvage. www.fetedelanature.fr

 

Carnet

 

. Les grands acteurs de la conservation disparaissent au Népal. Dans un accident d’hélicoptère, le 23 septembre 2006. 24 personnes, dont le plus grand biologiste népalais, ancien directeur de la vie sauvage et des parcs nationaux, Tirtha Maskey, l’actuel directeur de ce service, Narayan Poudel, et tout l’état-major du WWF-Népal.