Revue d’Actualité – Mardis de l’Environnement – Avril 2014

 

Evénements 

  • Le dernier rapport du Giec ne rassure pas. Rendu public fin mars, le 2ème volet du 5ème rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) souligne les risques pour les populations humaines et leurs relations internationales des effets du changement climatique. L’aggravation de la pauvreté et des chocs économiques devrait favoriser les conflits comme les guerres civiles et les affrontements intergroupes. Toutes les régions du monde seront touchées, les plus pauvres étant les plus vulnérables. Le rapport évalue les stratégies d’adaptation possibles – qui seront à déterminer en fonction de chacun des cas. Dans le domaine de l’agriculture, les rendements devraient baisser de 2% par décennie, quand il serait nécessaire de les augmenter de 14% par décennie pour faire face à la demande mondiale. Le monde agricole doit donc en particulier créer des variétés plus résistantes au manque d’eau. Dans les océans, l’acidification due à l’augmentation de l’absorption de dioxyde de carbone devrait tripler d’ici à 2100. La seule solution réside dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
  • Une semaine du développement durable en France qui rencontre peu d’échos. Elle était prévue du 1er au 7 avril et même si plusieurs initiatives pour illustrer ce thème ont vu le jour, elle a été décevante sur le plan de la mobilisation des professionnels et du public.
  • De « nouveaux gaz » destructeurs de la couche d’ozone. Il s’agit de trois chlorofluocarbures (CFC), les CFC 112, 112a et 113, et d’un hydrochlorofluocarbure (HCHC), le HCHC 133a. Ils ont été détectés fin 2013 et 74 000 tonnes de ces gaz ont été émis dans l’atmosphère avant 2013.
  • Une pollution qui voyage. La pollution chinoise, sans doute la plus importante de la planète, due principalement aux aérosols issus de la combustion du charbon, est poussée en un gigantesque nuage vers la côte ouest des Etats-Unis en une semaine. Les aérosols interagissent avec les nuages du Pacifique nord, et augmentent jusqu’à 40% l’intensité des cyclones. 
  • La lutte biologique, une alternative aux pesticides. C’est une méthode ancienne, mais qui se développe de plus en plus. Elle consiste à utiliser des insectes pour lutter contre les ravageurs qui s’attaquent aux cultures. Elle ne représente actuellement que 5% environ du secteur de protection des cultures, mais les professionnels veulent la multiplier par trois ou quatre dans les cinq ans qui viennent.
  • Un site industriel polluant fermé par la justice italienne. Une centrale électrique à charbon à Vado Ligure (Ligurie, Italie) a cessé de fonctionner à la mi-mars, sur injonction de justice. Ses émissions toxiques seraient responsables de plusieurs centaines de décès et de plusieurs milliers d’hospitalisations pour pathologies respiratoires et cardio-vasculaires, de 2000 à 2012.
  • La culture du maïs OGM MON 810 interdite en France. La décision est du 15 mars dernier, au nom du principe de précaution, et dans l’attente d’une loi globale sur l’interdiction des cultures transgéniques, prévue pour être débattue à l’Assemblée nationale en avril.
  • Un inventaire du patrimoine arboré en France. Il a été effectué par le ministère de l’Agriculture. Il recense 2 700 espèces d’arbres, et il n’est pas exhaustif, de nombreuses autres espèces restant à découvrir. La Guyane est en tête de liste, avec 1 700 espèces, puis la Nouvelle-Calédonie, 310, la métropole, 137, la Guadeloupe et la Martinique, 121.
  • 40 pays contre le commerce illégal de la vie sauvage. En février, les représentants de 40 pays et de 11 ONG internationales ont signé la « déclaration de Londres », au Royaume-Uni, s’engageant à renforcer la lutte contre le commerce illégal de produits de faune et de flore, dont les effets dévastateurs sur la biodiversité sont soulignés de plus en plus.
  • Coup d’arrêt à la chasse à la baleine du Japon. La Cour internationale de justice a ordonné au Japon, fin mars, de cesser toute chasse à la baleine en Antarctique. Ce pays, depuis 1986, date d’un moratoire sur l’exploitation des grands cétacés, a tué plus de 14 000 d’entre eux, sous couvert de fins scientifiques, mais en fait pour les commercialiser sur les marchés nippons. La Norvège et l’Islande, qui n’ont pas signé le moratoire, continuent la chasse commerciale déclarée à la baleine.
  • Le déclin des abeilles touche plus les pays du nord de l’Europe. Une enquête menée dans 17 pays de l’Union européenne montre que les pays du nord sont plus affectés que ceux du sud dans le déclin des colonies d’abeilles. La Belgique, puis le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande et la France, ont les plus forts taux d’attrition. A l’inverse, la Grèce, l’Italie et l’Espagne, sont moins touchées. Il manque au niveau européen 13 millions de colonies d’abeilles pour polliniser les cultures. L’étude a néanmoins des manques, puisqu’elle ne s’attache qu’aux effets des pathogènes des abeilles, sans aucunement mentionner le rôle des pesticides.
  • Plus de poissons qu’il n’était estimé. Le nombre des poissons mésopélagiques (vivant entre 200 et 1 000 mètres de profondeur), qui représentent la majorité de la biomasse des poissons, devrait multiplié par 10, après les relevés d’une expédition océanique espagnole. Soit dix fois 1 000 millions de tonnes.
  • Les chauves-souris se portent mieux. Une étude de l’Agence européenne pour l’environnement montre que les populations de chauves-souris européennes, en tout cas pour 16 espèces parmi les 52 qui sont recensées, sont sur la voie d’un rétablissement, après plusieurs décennies de déclin.

 

Carnet

Disparition de Jacques Weber (1947-2014). Economiste, anthropologue, spécialiste passionné de la biodiversité et de l’écologie, il a fait beaucoup pour impulser en France la recherche et les programmes dans les disciplines qui étaient les siennes. Acteur majeur notamment du Cirad et de l’Institut français de la biodiversité, il a aussi été très engagé dans la vie associative.

 

Médias

  • « Un an dans la vie d’une forêt » de David George Haskell. Editions Flammarion.
  • « Vino Business » de Isabelle Saporta. Editions Albin Michel (sur les pratiques de l’industrie des grands crus bordelais).
  • « Bêtes des tranchées. Des vécus oubliés » de Eric Baratay. CNRS Editions (sur l’utilisation des animaux durant la guerre de 1914-1918).
  • « La Grande Invasion. Qui a peur des espèces invasives ? » de Jacques Tassin. Editions Odile Jacob.
  • « La Pensée écologique. Une anthologie » de Dominique Bourg et Augustin Fragnière. Editions PUF.
  • « Animaux disparus » de Errol Fuller. Editions Delachaux et Niestlé.
  • « Histoires d’arbres remarquables » de Georges Feterman. Editions Plume de carotte.