Revue-Actualite-SERERevue d’Actualité de la SERE – Alain Zecchini – Avril 2016

 

Evénements 

  • L’accord de Paris est signé. 175 Etats ont signé à New-York (Etats-Unis), le 22 avril, l’accord de Paris sur le climat. Il entrera en vigueur lorsque 55 pays au moins, responsables d’au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre, l’auront ratifié. Cela pourrait intervenir en 2017 ou en 2018. Les Etats-Unis s’orientent vers une ratification avant la fin de la présidence Obama, sans passer par le Congrès, hostile à cet accord. En France, la ratification avant la fin de cette année 2016 est également envisagée.
  • Le Tafta divise des deux côtés de l’Atlantique. Le projet du Traité de libre-échange transatlantique (Trans-Atlantic Free Trade Agreement, Tafta) soulève des oppositions de plus en plus accentuées en Europe. Le 13e round des négociations s’est ouvert lundi 25 avril. L’enjeu est l’ouverture d’un marché qui représenterait 50% du PIB mondial. Mais les Européens soulignent les risques, pour leurs produits, en face d’une concurrence américaine qui n’aurait plus aucune barrière. Les réglementations européennes, notamment en matière sanitaire, pourraient disparaître : bœuf aux hormones, poulet au chlore, d’origine américaine, désormais présents, et d’une manière générale baisse drastique des normes agroalimentaires. De plus, le Tafta prévoit l’existence d’un mécanisme qui serait chargé d’arbitrer les éventuels conflits entre une entreprise et un Etat, sous le prétexte qu’une législation serait dommageable pour l’entreprise. Ce qui reviendrait à court-circuiter les mécanismes juridiques habituels. C’est déjà le cas avec l’accord de libre-échange nord-américain, signé entre les Etats-Unis et le Canada en 1992 : une entreprise canadienne d’extraction de gaz de schiste poursuit devant les tribunaux le gouvernement du Québec. La France, sur ce dossier (dont le secret des négociations ne facilite pas la confiance entre la société civile et les gouvernements), a reçu l’appui de l’Allemagne, pour se déclarer hostile à la signature d’un accord qui lèserait les intérêts de ses industries.
  • Dernière conférence environnementale du quinquennat de François Hollande.Elle a eu lieu les 26 et 27 avril. Avec, comme thèmes, les chantiers relatifs à la loi sur la transition énergétique et les mesures devant être prises par la France pour être en conformité avec ses engagements souscrits lors de la COP 21. Parmi toutes les problématiques en attente, l’aéroport de Notre-Dame des Landes, la loi sur la biodiversité, la fiscalité écologique, et aussi la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui doit indiquer les moyens choisis pour atteindre les objectifs de la loi sur la transition énergétique, votée en août 2015. Peu de décisions ont été prises lors de cette conférence, plutôt des propositions. A noter toutefois la signature du décret pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim avant la fin de l’année ; la consultation du public sur la PPE avant le début de l’été ; l’engagement de la ministre de l’Ecologie pour une interdiction des insecticides néonicotinoïdes et en faveur d’une « désartificialisation » des sols ; l’engagement du Président de la République pour un engagement unilatéral de la France sur un prix plancher au carbone.
  • Le référendum sur Notre-Dame des Landes le dimanche 26 juin prochain. Comme annoncé par le gouvernement, il concernera uniquement les électeurs des communes de Loire-Atlantique.
  • La loi sur la biodiversité en nouvel examen au Sénat.Les 10, 11 et 12 mai prochains, le Sénat français examinera en seconde lecture le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, adopté par l’Assemblée nationale le 17 mars de cette année. Le texte avait été déposé initialement à l’Assemblée nationale le 26 mars 2014.
  • Négociations capitales sur la haute mer. Fin mars a eu lieu la première session de négociations entre 196 Etats pour établir un accord international concernant une réglementation sur 55% de la surface du globe, la haute mer actuellement « no man’s land. »
    C’est-à-dire au-delà des zones économiques exclusives (ZEE) et des plateaux continentaux. Sont en jeu tout particulièrement le partage des ressources énergétiques marines et la création de nouvelles, et bien plus grandes, aires marines protégées. Quatre sessions sont prévues en 2016 et 2017. Ensuite, des négociations officielles devraient s’ouvrir sous l’égide de l’ONU, et durer plusieurs années. Les Européens semblent unis sur ce dossier, avec notamment la nécessité, selon eux, de ces aires marines protégées. Les Etats-Unis, le Canada et le Japon y sont beaucoup moins favorables. Et la partie de bras de fer se jouera aussi, et peut-être surtout, autour des ressources, qui font depuis longtemps l’objet des convoitises des Etats.
  • Les Etats-Unis veulent exploiter l’espace. Les entreprises américaines, soutenues par leur gouvernement, sont engagées dans une course pour développer des programmes d’exploitation de l’espace. En novembre dernier, le président Obama a promulgué le SpaceAct, une loi adoptée par le Congrès, permettant l’appropriation de tout matériau rapporté d’un astéroïde ; et ouvrant la voie à l’exploitation des ressources spatiales. Le problème, c’est qu’un texte existe, qui interdit absolument ces pratiques : le traité de l’espace, signé en 1967, stipule qu’aucun corps céleste, y compris la lune, ne peut faire l’objet d’une appropriation et d’une exploitation personnelles.
  • Les glaciers des Pyrénées disparaissent.De la centaine de glaciers présents dans les Pyrénées, en France, en 1850, il n’en reste plus qu’une trentaine, et leur surface a diminué de 85%. Les spécialistes estiment qu’ils auront tous disparu vers 2050. En cause, bien sûr, le réchauffement climatique. Depuis 1900, la température dans les Pyrénées a augmenté de 1,1°C. La biodiversité, faune et flore, a de plus en plus de difficulté à trouver de nouveaux habitats, et il existe une limite – indiquée à 3 400 mètres d’altitude – où ceux-ci ne seront plus possibles.
  • La Birmanie menacée par une énorme projet industriel. La plus grande zone industrielle d’Asie du sud-est, programmée dans le sud de la Birmanie entre ce pays et la Thaïlande, doit couvrir 204 km2. Elle comprendra un grand barrage, une usine pétrochimique, une centrale thermique au charbon, une aciérie, une raffinerie de pétrole, un port en eau profonde. Et ce, dans une zone préservée. Le déplacement de milliers d’habitants est prévu. Le projet date de 2012 et a connu de nombreuses vicissitudes. Les mouvements d’opposition font actuellement de la résistance passive.
  • 1 700 hectares de terres céréalières acquises par des investisseurs chinois dans l’Indre. Dans ce département français, c’est une transaction qui pose à nouveau la question de la mainmise chinoise sur des ressources agricoles dans le monde. Et en France, notamment, après des acquisitions en Champagne, en Bourgogne, et dans le Bordelais, pour la vigne. En cette affaire, la fédération des Safers n’a été informée qu’une fois la vente faite. La législation française en la matière, modifiée ces dernières années, laisse le champ libre pour des montages juridiques qui échappent au contrôle.
  • En Australie aussi, des prise de contrôle de territoire agricole. 2,5% des terres agricoles australiennes de pâturages (soit une surface supérieure à 92 000 km2) devraient passer sous pavillon chinois prochainement. Elles sont la propriété du groupe Kidman& Co, le plus grand exploitant de bétail d’Australie, qui est favorable à la vente de 80% de ses actifs à un consortium chinois.
  • Une carte de France des victimes des pesticides. Elle est due à l’association Générations futures, c’est la première du genre. Elle répertorie plus de 400 cas survenus dans les années récentes, de particuliers comme de professionnels.
  • « Anniversaire » de Tchernobyl. Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl (maintenant en Ukraine), explosait. C’est le plus grave accident nucléaire répertorié. L’ONU a estimé que 9 000 personnes avaient perdu la vie suite à la catastrophe. Mais selon une association comme Greenpeace, il faudrait en compter au moins dix fois plus.
  • Les tigres du monde, un début de rétablissement ? Selon le WWF et le Global Tiger Forum, les populations de tigres montreraient une tendance à l’augmentation, après des baisses continues depuis plusieurs décennies. Il y aurait aujourd’hui 3 890 tigres sauvages, contre 3 200 en 2010. Une indication à prendre avec prudence. Certes, certains Etats luttent avec un peu plus de conviction contre le braconnage et la déforestation (responsables de la chute des populations de ces félins). Mais il faut sans doute voir aussi dans l’amélioration des techniques de repérage et de comptage une amélioration des statistiques.
  • L’Oryx réintroduit au Tchad. Déclaré éteint dans la nature en 2000, l’oryx algazelle (Oryx gazelladammah), une grande antilope habituée des zones désertiques, a été réintroduit au Tchad, le 16 mars dernier. 25 animaux sont arrivés d’Abu Dhabi. Après un temps d’acclimatation dans une réserve, ils seront relâchés dans la nature cet été. L’objectif est au Tchad de faire croître une population de 500 individus dans les cinq prochaines années. 3 000 de ces antilopes subsistent aux Emirats arabes unis, mais captives.

 

Médias

  •  « Antispéciste » d’Aymeric Caron. Editions Don Quichotte (sur la discrimination et les préjugés envers les animaux).
  • « Atlas de la France du futur » de Benoist Simmat. Editions Autrement.
  • « La Comédie atomique. L’histoire occultée des dangers du nucléaire » de Yves Lenoir. Editions La Découverte.

 

Manifestations

  •  Destinations terres extrêmes et Antarctique. Galerie Eurêka, Chambéry. Rens. 04.79.60.04.25.