Revue d’Actualité  de la SERE – Avril 2017 – Alain Zecchini

 

Evénements

 . Les propositions pour l’environnement du nouveau Président de la République française, Emmanuel Macron. Il a été élu le 7 mai 2017 avec 66,1% des voix, contre son adversaire, Marine Le Pen, qui en a obtenu 33,9%. L’environnement n’a pas constitué une priorité dans le programme électoral du candidat Macron (pas plus d’ailleurs dans ceux des autres postulants à la magistrature suprême – et de plus, la nature et la culture ont été également les parents pauvres de ces intentions électorales). Quelques points forts peuvent néanmoins être dégagés dans les promesses du nouveau Président :

– 15 milliards d’euros devraient être consacrés à la transition énergétique ;

– la centrale nucléaire de Fessenheim sera fermée ;

– la production de l’éolien et du solaire devrait doubler d’ici à 2022 ;

– d’ici à 5 ans, fourniture en bio de 50% de l’alimentation des cantines scolaires et des restaurants d’entreprise ;

– mise en œuvre de « mesures nécessaires » pour cohabiter avec les grands carnivores (ours, loup, lynx) ;

– prime à la casse de 1 000 euros pour abandonner les véhicules achetés avant 2001 et acheter un véhicule plus écologique ;

– fiscalité du diesel alignée sur celle de l’essence ;

– élimination des véhicules les plus polluants d’ici à 2022 ;

– rénovation, par des incitations fiscales, de la moitié des logements mal isolés d’ici à 2022 ;

– nomination d’un médiateur dans le dossier du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

 

. Fermeture programmée de la centrale de Fessenheim. La ministre de l’Environnement, le 9 avril, avait annoncé la fermeture de cette centrale – mais en indiquant qu’elle n’interviendrait pas avant la mise en service de l’EPR de Flamanville, lequel est actuellement en construction. Ce qui reporte cette fermeture, au mieux, en 2019. Le nouveau gouvernement devrait rapidement faire connaître son avis sur le maintien ou non de cette perspective (voir ci-dessus).

. Le Parlement européen souligne les effets néfastes de l’exploitation de l’huile de palme.

L’Europe est le deuxième importateur mondial de cette huile, avec 7 millions de tonnes par an. Et 60% de la consommation de celle-ci est consacrée aux agrocarburants, dont 46% pour les transports. Or 40% des pertes de forêts dans le monde sont imputables à la conversion des terres en plantations de palmier à huile. Parmi les régions les plus affectées par cette déforestation figurent les îles indonésiennes de Bornéo et de Sumatra.

. Aux USA, un pesticide dangereux maintenu en vente. Annulant la décision prise précédemment (avant l’entrée en fonction du nouveau Président américain), le nouvel administrateur de l’Agence de protection de l’Environnement (EPA) a rejeté les recours d’ONG et autorisé à nouveau la mise sur le marché d’un pesticide agricole couramment utilisé, le chlorpyriphos, dont les effets néfastes sur le cerveau sont probables.

. Les cultures vident les nappes phréatiques du monde. Comme le montre une étude parue en avril de la revue Nature. L’exploitation du maïs, du blé, du riz, du sucre et du coton, assèche ces nappes, et plus rapidement que leur remplissage par les pluies. 70% des prélèvements d’eau dans le monde sont consacrés à l’irrigation. Un tiers de ces eaux souterraines seraient désormais condamnés. En Inde, au Pakistan, et en Chine, tout particulièrement, la situation est critique en de nombreuses régions. Mais dans beaucoup de pays très industrialisés (et pour les mêmes raisons), le tableau n’est pas non plus brillant, c’est notamment le cas des Etats-Unis. En France, le bilan n’est pas considéré comme négatif, mais les nappes sont polluées – à 60% au moins, selon les estimations.

. Voyage planétaire de recensement des plastiques en mer. Pendant 5 ans, un catamaran de l’Odyssée Race for Water sillonnera les mers du globe pour collecter et étudier les déchets de plastique polluant le milieu marin. Il a quitté Lorient, en France, début avril. On estime que 10 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans. Les débris flottants ne représentent qu’une infime partie de cette masse, 1%, le reste doit certainement (mais aucune étude n’a été encore faite de grande ampleur) se retrouver au fond des mers, et/ou dans la chaine alimentaire, ou encore, hypothèse optimiste, être en partie dégradée par les bactéries. Mais en Europe notamment, la consommation de plastiques ne cesse d’augmenter, et la part qui est recyclée ne dépasse pas 30%. Les études précédentes avaient montré que parmi les zones côtières étudiées, ce sont celles d’Hawaï qui sont les plus touchées. L’Arctique est aussi affecté.  Il y aurait de 100 à 1 200 tonnes de débris plastiques dans l’océan de cette zone. Et particulièrement en mer du Groenland et en mer de Barents.

. Le niveau des mers monte de plus en plus vite. Entre 2004 et 2015, ce rythme d’élévation a été de 25 à 30% plus rapide qu’entre 1993 et 2004, selon une équipe franco-suisse. Soit 2,5 mm par an entre 1993 et 2004 et 3,3 mm par an entre 2004 et 2015.

. Les dromadaires succombent à la sécheresse. En Afrique de l’est, et tout particulièrement en Somalie, tout le bétail est affecté par une sécheresse de grande ampleur, et notamment les dromadaires, ressource très importante (l’exportation en Arabie saoudite est essentielle pour le PIB somalien). Le pays compte 7 millions de ces camélidés, deux fois plus qu’au Soudan, l’autre grand pays pour le dromadaire. Au Somaliland (région qui a déclaré son indépendance, laquelle n’a pas été reconnue par la communauté internationale), plus du quart des dromadaires auraient déjà succombé, soit plus de 400 000 animaux. C’est au Somaliland que la moitié des têtes de bétail de la Somalie peuvent paître. La sécheresse frappe aussi les populations humaines, dont 18 millions de personnes, en Afrique de l’est, sont menacées de famine.

. Le mur Mexique-Etats-Unis serait néfaste à la faune.  Effet probable, mais encore très peu mis en avant par les médias, du mur que le président américain Trump veut faire ériger entre les Etats-Unis et le Mexique : les obstacles qui seraient présents pour les espèces animales vivant dans la zone-tampon entre les deux pays, espèces qui ignorent, justement, les frontières. Un chercheur mexicain a estimé que 800 espèces considérées comme vulnérables, dont 180 sont en danger d’extinction, seraient affectées. Ce chercheur cite notamment les antilopes, les chiens de prairie, les castors, et le jaguar. Sont concernés aussi les loups, les coyotes, les ocelots et les cerfs. La fragmentation de l’habitat entraînerait des risques majeur de consanguinité, à terme, avec des perspectives négatives pour la survie des populations.

. Hécatombe de dauphins en France. Depuis le début de l’année, 3 500 dauphins communs, de l’espèce Delphinus delphis, se sont échoués sur la façade atlantique en France, a relevé le centre Pelagis de La Rochelle. Soit plus de 30 fois le niveau habituel. La majorité d’entre eux portaient des traces de capture accidentelle par les filets de pêche – les dauphins sont prisonniers de ces filets et se noient. Aujourd’hui, aucun programme de limitation des captures, en collaboration avec les industries de la pêche, ne dispose de financement.

 

 

Les professions

 . Une écologiste attaquée au Kenya. Kuki Gallmann, qui anime la réserve Laikipia Nature Conservancy, au Kenya, a été blessée grièvement par balles, le 23 avril. Les auteurs de l’agression seraient des éleveurs, dont les troupeaux souffrent de la sécheresse, présente dans tout le pays, et qui lorgnent sur les terres préservées pour la biodiversité menacée. Considérée comme un exemple pour la protection de l’environnement, elle avait déjà été victime d’une attaque, et blessée également, en 2009. Par ailleurs écrivain, elle est aussi connue pour son livre autobiographique, I dreamed of Africa.

. Nouvelle tête à la FNSEA en France. En remplacement de Xavier Beulin, mort brutalement le 19 février, Christiane Lambert a été élue à la direction du plus important syndicat agricole, le 13 avril. Elle est éleveur de porcs dans le Maine-et-Loire.

 

 

Médias

 

. « Découvrir et protéger nos abeilles sauvages » de Nicolas Vereecken. Editions Glénat.

 

. « 50 histoires d’animaux pour comprendre Darwin » de Marc Giraud. Editions Librio.

 

 

 

Manifestations

 

. 11ème Fête de la Nature, du 17 au 21 mai 2017. Plus de 5 000 manifestations en France. www.fetedelanature.com

 

. Colloque Renard. Organisé par l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Les 12 et 13 mai 2017. Université Pierre et Marie Curie, 105 boulevard de l’Hôpital, hall 105, rdc, amphithéâtre E, Paris 13ème.

 

 

 

 

 

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