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Evénements

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. L’Europe bannit (presque) les néonicotinoïdes. C’est une décision historique, attendue depuis longtemps, et sans cesse repoussée en raison du poids des lobbys opposés à toute interdiction : le 27 avril dernier, une majorité des Etats européens ont voté pour dire non à l’usage de trois néonicotinoïdes majeurs (la clothianide, l’imidaclopride et le thiaméthoxane) dans les cultures de plein champ. Ils étaient déjà soumis, depuis 2013, à un moratoire partiel pour les cultures fréquentées par les abeilles (maïs, tournesol, colza oléagineux). Le vote a été acquis par 16 des 28 Etats, soit une majorité de 76%. Les seuls usages de ces substances restant autorisés concernent ceux pratiqués en serres, sous réserve que les plantes et les graines ne soient pas manipulées à l’extérieur. Les néonicotinoïdes représentent des risques importants pour l’homme, étant notamment des perturbateurs endocriniens et des cancérigènes. Mais c’est surtout pour les abeilles qu’ils sont dangereux. Les effondrements de quantité de populations de ces insectes, depuis plusieurs années en Europe, sont directement reliés à leur utilisation dans les champs. Le président de la commission Pesticides au Parlement européen, Eric Andrieu, a estimé que les abeilles pollinisent 84% des cultures européennes et 4 000 variétés de végétaux, relevant par ailleurs que leur taux de mortalité atteint 80% dans certaines régions du continent. C’est dire que ce vote était considéré comme crucial pour l’avenir des abeilles. Il reste que les problèmes ne sont pas tous résolus. L’Agence nationale de sécurité sanitaire, en France, a autorisé, en septembre 2017, la mise sur le marché de deux nouveaux néonicotinoïdes contenant du sulfoxaflor, une substance elle aussi considérée comme toxique pour les abeilles. Les ONG entendent continuer leur combat pour faire interdire à leur tour ces pesticides.

 

. Pollution massive de plastiques dans l’océan Arctique. Les résultats d’une longue enquête, entre 2014 et 2015, dans les eaux de l’Arctique, effectuée par les chercheurs d’un institut scientifique allemand, ont de quoi franchement inquiéter : les échantillons de banquise examinés dans cinq zones contenaient entre  1 100 et 12000 microdébris de plastique par litre d’eau glacée. Soit les résidus de 17 sortes de plastiques, polyéthylène, polypropylène, peinture, acétate de cellulose, nylon et polyester. Tout cela venant provenant du monde industriel, déversé dans les fleuves, et porté par les courants marins.  On estime que la production mondiale annuelle de plastique atteint 300 millions de tonnes. Les deux tiers de ces échantillons mesuraient à peine un vingtième de millimètre, ce qui leur permet d’être ingérés par les micro-organismes de l’Arctique, sans que l’on sache, dans l’état actuel de la recherche, l’importance de leurs effets nuisibles sur eux. Les plastiques voient leur problématique accrue par le fait qu’ils fixent les polluants. Et c’est toute la biodiversité marine qui est concernée par ces menaces.

. Les coraux australiens très mal en point. La Grande Barrière de corail, au large de l’Australie, fait depuis longtemps l’objet de préoccupations, en raison des pollutions de toutes sortes qui la mettent à mal. Un nouveau bilan, en avril, dans la revue Nature, relève une « mortalité catastrophique » d’une large partie de cet ensemble. En moyenne, 30% de la couverture corallienne a été détruite. Cela est dû à la hausse parfois très importante de la température des eaux de surface en 2016 (des moyennes de 29,1°C en février et en mars). Laquelle hausse est directement reliée au réchauffement climatique, comme l’on sait essentiellement imputable aux hommes. Cette élévation des températures entraîne le blanchissement puis le dépérissement des coraux. Les chercheurs responsables de ce bilan estiment que le remplacement des coraux morts demandera au moins une décennie pour les espèces à croissance rapide, et plusieurs décennies pour les espèces à croissance lente. L’avenir s’annonce sombre, de plus en plus, pour ces organismes, un nouvel épisode de blanchissement s’est produit l’an passé, et ces phénomènes ont tendance à s’accentuer désormais.

. La biodiversité du monde en déclin accentué. C’est le résultat d’un très vaste travail effectué dans le monde entier sur trois années, et qui livre des conclusions auxquelles on pouvait s’attendre, mais qui frappent par leur caractère dramatique. La biodiversité, dans les cinq continents (à l’exclusion des pôles et des océans, non étudiés) est largement menacée, avec des pertes  considérables de populations, et même d’espèces.  Fin mars, en Colombie, à Medellin, la Plate-Forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), par la voix de ses chercheurs, a estimé que la Terre était en train de vivre sa sixième extinction de masse. Les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1900. Complétant ce sombre tableau, le Muséum national d’Histoire naturelle, en France, toujours en mars, avait souligné que les populations d’oiseaux dans les campagnes françaises s’étaient réduites d’un tiers en quinze ans (en raison essentiellement des pesticides utilisés à grande échelle par l’agriculture industrielle) ; également très inquiétant, des chercheurs allemands, fin 2017, avaient montré que les populations d’insectes volants avaient chuté de 75 à 80% dans leur pays depuis le début des années 1990.

 

. Un dauphin à risques au Brésil. Il s’agit de la sotalie, sous-espèce Sotalia fluviatilis guianensis, dans une baie au large de Rio de Janeiro, au Brésil. Les pêcheurs locaux ont commencé à relever dans leur filets, l’an passé, des cadavres de de ces dauphins ; puis des scientifiques se sont livrés à cette récupération. Au total, il s’agit d’un nombre considérable de ces mammifères, avec 200 individus à ce jour. Les autopsies ont révélé que les morts étaient dues à des blocages des systèmes nerveux respiratoires, reliés à des infections d’un virus, un morbillivirus, comparable à celui de la rougeole pour les humains. Des infections pour lesquelles sont pointées du doigt les industries nombreuses présentes dans cette baie (chimie, acier, produits manufacturés ) et quatre ports avec des terminaux. La baie est considérée comme ayant un rôle majeur pour les exportations brésiliennes. Cette attrition considérable des dauphins représente le quart de la population d’origine estimée, mais les ONG locales, qui l’ont dénoncée (avec les pêcheurs responsables de ces découvertes, eux-mêmes largement affectés depuis des décennies dans leurs activités par le bouleversement de leur environnement traditionnel) n’espèrent pas beaucoup faire toute la lumière sur les responsables de ces extinctions, en raison du poids des acteurs industriels dans cette zone.

 

 

Médias

 . « Le Grand guide Slow Food des produits du terroir français », collectif. Editions Plume de carotte.

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