Revue d’Actualité – Mardi de l’Environnement

6 décembre 2011

 

Evénements

 

. A Durban, un accord a minima. La 17ème conférence de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, qui s’est terminée le 11 décembre, à Durban (Afrique du sud), a certes sauvé les apparences, puisqu’un accord minimal a été conclu, mais elle a surtout souligné les profondes divisions entre les principaux acteurs, augurant de difficultés supplémentaires pour les années et les décennies à venir. C’est d’abord l’acceptation d’un prolongement du protocole de Kyoto à partir de 2013 pour une durée de 3 à 5 ans, mais limitée à l’Europe, la Norvège et la Suisse ;  et avec le refus net du Japon, du Canada et de la Russie d’un tel engagement. C’est ensuite l’assentiment de toutes les parties pour finaliser, d’ici à 2015, un texte global (entrant en vigueur en 2020) afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, selon trois options, « un protocole », « un autre instrument légal », ou « une solution concertée ayant une force légale. » Aucun engagement concret sur cette baisse des émissions n’a été finalisé. Les pays industrialisés se sont par ailleurs accordés pour financer le « Fonds vert pour le climat », dès 2013, devant être doté de 100 milliards$ par an à partir de 2020, mais là aussi, les modalités de ce financement sont absentes. L’urgence est pourtant présente. De nouvelles estimations (Agence internationale de l’énergie, PNUE) montrent qu’au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, la température de la planète devrait augmenter de 3°C à 6°C d’ici à la fin du siècle, plutôt que de 2°C comme estimé jusqu’à présent.

 

. Dérèglements météorologiques : la faute à l’effet de serre. Le GIEC ( Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a rendu public un rapport établissant le lien entre l’augmentation des catastrophes météorologiques (sécheresses, incendies, inondations, etc.) dans le monde et le changement climatique dû à des causes anthropiques. Les dégâts causés par ces catastrophes se sont élevés en 2010 à plus de 200 milliards $.

 

. Exploiter les réserves d’eau = faire monter le niveau des océans. Le pompage excessif des nappes phréatiques a fait monter le niveau des mers de 12,6 mm entre 1900 et 2008, soit 6% de l’élévation totale des mers durant cette période. Ce pompage s’accélère depuis les années 1950, puisqu’entre 2000 et 2008, il représente 0,4 mm, soit 13% de cette élévation.  Les eaux pompées sont en effet rejetées, par les fleuves, en mer.

 

. Les forêts, puits de carbone. Pour la période 1990-2007, le puits de carbone forestier a représenté 2,4 milliards de tonnes de carbone, soit le tiers des émissions de CO2. Les forêts primaires à elles seules contribuent pour 1,2 milliard de tonnes, mais l’émission de 1,3 milliard de tonnes du fait de leur déforestation rend nul ce bilan.

 

. Premier bilan de l’état des sols en France. Il a été fait par le Groupement d’intérêt scientifique sur les sols, de l’INRA. Ce bilan est nuancé, par rapport à d’autres pays européens. S’il y a quelques motifs de satisfaction – comme la bonne santé de la biodiversité microbienne – il en existe plusieurs autres qui sont préoccupants : le bétonnage (entre 2003 et 2009, 6 100 km2 ont été artificialisés, à 90% aux dépens de sols agricoles) ; le lessivage, donc l’érosion, des sols ; les contaminations par des produits chimiques (comme le chlordécone dans les Antilles) et par des effluents d’élevage (phosphore en Bretagne et dans le Pas-de-Calais).

 

. Marée noire au Brésil. La fuite d’un puits de pétrole en mer de la firme américaine Chevron , au large de Rio de Janeiro, tout le mois de novembre, a suscité un scandale au Brésil. L’opérateur a été accusé de falsifier ses informations. Cette affaire a montré aussi que la législation brésilienne prévue dans ce genre de cas pour punir les dégâts occasionnés à l’environnement était inadaptée, donc à revoir.

 

. Le président Obama reporte sa décision du l’oléoduc Canada-Texas. C’est une victoire pour les défenseurs de l’environnement. Ce futur oléoduc doit en effet acheminer 3,5 millions de barils de brut par semaine de l’Alberta (Canada) au Golfe du Mexique. De forts risques environnementaux ont été exposés, en particulier sur les nappes aquifères. Les pétroliers, et certains politiques, ont argué que l’abandon de ce projet « ferait perdre 20 000 emplois ».

 

. Les formations environnementales augmentent en France. Selon le commissariat général au développement durable, elles se développent de plus en plus. Au rythme de 2,4% par an depuis 1997, soit six fois plus vite que les autres types de formation. Et ce, particulièrement dans deux régions : Rhône-Alpes et Ile-de-France.

 

. OGM : le moratoire annulé par le Conseil d’Etat. La clause de sauvegarde prise par le gouvernement en 2008 pour suspendre la culture du MON 810, le maïs transgénique de Monsanto, a été annulée par cette assemblée le 28 novembre. Elle a estimé que le ministre de l’agriculture n’avait pu apporter la preuve d’un risque de cet OGM pour la santé ou l’environnement. Le gouvernement devrait prochainement mettre en place une nouvelle interdiction, et dans l’immédiat, il a recommandé aux agriculteurs de ne pas passer commande d’OGM pour leur prochaine campagne.

 

. Le plus bel arbre de France est primé. Il a été choisi par un jury de représentants de la LPO, du magazine Terre sauvage, de la Fondation Yves Rocher, des Scouts et Guides de France, en compétition avec 26 autres nominés. Il s’agit d’un pistachier lentisque de Ghisonaccia, en Corse, âgé d’au moins 800 ans. En parallèle, pour ce concours, le public internaute a élu un chêne pédonculé de 2 siècles, surnommé « l’arbre-girafe », à Fouesnant, dans le Finistère.

 

. Un plan pour les animaux d’élevage. Le ministère de l’agriculture français a produit un plan national de réduction des risques d’antibio-résistance en médecine vétérinaire, destiné à réduire en cinq ans de 25% la consommation des antibiotiques destinés aux animaux. Plusieurs antibiotiques sont en effet incapables de venir à bout d’agents infectieux. En parallèle, ce plan recommande de renforcer les mesures alternatives pour préserver la santé animale, comme la détection plus précoce des infections, un meilleur nourrissage, une meilleure vaccination.

 

. Les ailerons de requins à l’index en Californie. Cet Etat américain a promulgué une loi, le 7 octobre, interdisant tout commerce d’ailerons de requins. La Californie est le second consommateur de ces organes, après l’Asie. Et dans cette dernière région, Hong-Kong représente la moitié du commerce mondial (10 000 tonnes par an). 180 espèces de requins sont considérées comme menacées, dont 30 en voie d’extinction. Il ne resterait aujourd’hui que 10% des populations naturelles de cette famille.

 

. Des troupeaux abattus suite à empoisonnement par les PCB. Plus de 300 têtes de bétail (vaches, veaux, chèvres, poulets), d’une dizaine d’exploitations agricoles, ont dues être euthanasiées à la suite de leur empoisonnement par des PCB provenant de l’usine de la société Aprochim, filiale du groupe français Chimirec, située entre les communes de Bouère et Grez-en-Bouère (Mayenne). Elle est spécialisée dans le traitement des déchets industriels. L’administration lui a donné quinze jours, à compter du 22 novembre, pour respecter les seuils légaux d’émission de PCB.

 

 

Médias

 

. « Le Manuel de la vie sauvage ou revivre par la nature »  de Alain Saury. Editions Marabout.

 

. « Du bon usage des arbres – Un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques » de Francis Hallé. Editions Actes Sud.

 

. « Terre nourricière. Si elle venait à nous manquer » de Robert Levesque. Editions L’Harmattan.

 

. « 9 milliards d’hommes à nourrir. Un défi pour demain » de Marion Guillou et Gérard Matheron. Editions François Bourin.

 

. Dossier « Le Clonage animal » de Science magazine. Novembre-décembre 2011 / Janvier 2012.

 

. Film « La Clé des champs » de Claude Nuridsany et Marie Pérennou (auteurs de « Microcosmos »). En salles le 21 décembre.