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Revue d’Actualité d’Alain Zecchini – Mardi de l’Environnement –     4 décembre 2012

 

 

 

 

 

Evénements

  • Négociation climatique : peu d’avancées attendues à Doha. Du 26 novembre au 8 décembre était prévue à Doha (Qatar), la 18e conférence des parties de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Elle ne semble pas pouvoir déboucher sur un traité contraignant, en raison des positions divergentes des principaux acteurs. Le protocole de Kyoto, dont la première période arrive à expiration le 31 décembre de cette année, sera sans doute reconduit, mais sans engagements effectifs. Les Etats-Unis, le Japon, la plupart des pays émergents, et la Chine, n’en veulent pas, et seule l’Europe, essentiellement, est favorable à un texte s’imposant aux Etats.
  • Nouvelles perspectives alarmistes sur le front du climat. L’Organisation météorologique mondiale a établi qu’en 2011, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint  390 parties par million (ppm), un nouveau record.  La Banque mondiale, sur un rapport de l’Institut de recherche de Postdam sur les effets du changement climatique, a estimé que la hausse de la température mondiale pourrait atteindre 4°C d’ici la fin du siècle, déclenchant une série de très graves perturbations : deux fois plus d’incendies de forêt en Amazonie d’ici à 2050 ; 44% des zones cultivées en Afrique touchées par la sécheresse d’ici à 2100 ; augmentation de 150% de l’acidité des océans avec cette hausse de la température de 4% ; élévation de 1,5 à 4m  d’ici à 2030 du niveau des mers par rapport à aujourd’hui ; augmentation importante des maladies et des problèmes respiratoires. D’après une étude la revue Nature, 70% des espèces d’arbres dans le monde sont menacés de dépérissement, en raison de l’accentuation des sécheresses. Cela aura notamment pour conséquence de réduire le rôle de puits de carbone des forêts. Cette menace n’est pas actuellement prise en compte dans les scénarios sur le changement climatique.
  • En France, le débat national sur la transition énergétique s’est ouvert. Le 29 novembre. Deux ONG ont refusé de participer à ce débat, Greenpeace France et Les Amis de la terre. L’un des sujets prévu, celui concernant les huiles et les gaz de schiste, devrait provoquer des discussions serrées. Des « délibérations citoyennes » doivent prendre le relais de la conférence à partir de février. Les travaux devraient s’achever en mai ou juin 2013, débouchant sur une loi de programmation énergétique.
  • Gaz et huiles de schiste : une Europe divisée. Deux pays européens, dont la France, interdisent l’exploration des gisements de ces sources d’énergie ; trois, dont l’Allemagne, ont arrêté cette exploration ; et onze autres, dont le Royaume-Uni, autorisent celle-ci. Par ailleurs, aux Etats-Unis, l’Environmental Protection Agency (EPA) fait appliquer depuis le 15 octobre les premières règles encadrant l’exploitation du gaz de schiste, pour le contrôle des émissions de gaz à effet de serre : les composés organiques volatils dégagés par ce type d’exploitation doivent être brûlés, et, à partir de janvier 2015, les gaz devront être capturés, pour être réutilisés.
  • Non-lieu définitif sur l’impact du nuage de Tchernobyl. En France, la Cour de cassation a confirmé, le 20 novembre, un arrêt de la Cour d’appel de Paris de 2011, qui excluait de responsabilité le Pr. Pierre Pellerin, ancien patron du Service central de protection contre les rayons ionisants, dans le dossier des impacts du nuage radioactif de Tchernobyl en France. La Cour d’appel avait estimé qu’il n’y avait pas de lien de causalité entre l’augmentation constatée des cancers de la thyroïde et les retombées du panache radioactif.
  • La demande d’énergie mondiale s’accroît. D’ici à 2035, selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande devrait croître d’un tiers par rapport à aujourd’hui, la Chine, l’Inde et le Moyen-Orient représentant 60% de cette augmentation. Auparavant, vers 2017, les Etats-Unis devraient devenir le premier producteur mondial de pétrole, devant l’Arabie saoudite. Cette position est explicable par le développement du pétrole et des gaz de schiste aux Etats-Unis.
  • Reprise au Laos du chantier d’un barrage pharaonique. Interrompu depuis 18 mois, le chantier du barrage sur le Mékong, dans le Haut-Laos, a été réactivé. Il suscite l’opposition des autres pays riverains du fleuve, Vietnam, Cambodge, et Thaïlande, en raison des risques écologiques majeurs repérés, des risques pour la sécurité alimentaire des populations vivant de la pêche, et des risques sociaux puisque plusieurs milliers de personnes doivent être déplacées.
  • Polémique sur l’huile de palme en France. Elle est née de la proposition d’un amendement parlementaire visant à imposer une taxe additionnelle de 300 euros par tonne d’huile de palme importée destinée à l’alimentation. Les producteurs d’huile de palme, en Asie (Malaisie et Indonésie), mais aussi en Afrique, ont exercé des pressions pour faire retirer cet amendement (lequel, au final, n’a pas été adopté). L’huile de palme n’est pas considérée comme inoffensive en termes de santé publique ; et les plantations de palmiers à huile, en Asie, sont directement responsables de déforestation et de  perte de biodiversité.
  • Plantation d’herbiers de posidonies en Méditerranée. C’est une expérience due à la mairie de la Grande-Motte et à la société SM2 Solutions marines : collecte de graines de posidonies, élevage sur des tapis végétaux, puis plantation à un kilomètre au large, entre 6 et 12 mètres de profondeur. Le projet, « Graines de mer », a été lancé le 21 novembre. On estime que 30% des surfaces d’herbiers de posidonies ont disparu de Méditerranée, et 90% dans le Golfe du lion et la baie d’Aigues-Mortes. Les posidonies jouent un rôle écologique majeur, absorbant encore plus de carbone que les forêts.
  • Plus de 500 000 mares restaurées en Grande-Bretagne. L’Association de protection des mares a lancé un programme de restauration de 500 000 mares dans le pays et projette d’en créer 500 000 autres, pour protéger la biodiversité (amphibiens et insectes) gravement atteinte par les pollutions.
  • Thon rouge : nouveaux qutas à la hausse. La commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique et des mers adjacentes (CICTA), a majoré les quotas de prise de  thon rouge pour les saisons 2013 et 2014, à 13 500 tonnes annuelles. Ces quotas étaient de 12 900 tonnes en 2011 comme en 2012.
  • Le bouquetin réintroduit dans les Pyrénées françaises. Une quarantaine de bouquetins espagnols (Capra iberica), devraient être relâchés au printemps 2013 dans les Pyrénées françaises, dans le secteur de Cauterets (Hautes-Pyrénées) et dans celui de la vallée d’Ustou (Ariège).
  • Un iguane sauvé de l’extinction. L’iguane bleu, ou iguane de Grand Caïman (Cyclura lewisi) n’est plus menacé de disparition, grâce à un programme de conservation initié en 1990, et dont le premier bilan vient d’être fait. Il ne restait qu’une quinzaine d’individus en 2002. Ils sont environ 750 aujourd’hui. Ce reptile, endémique de l’île de Grand Caïman, dans les Antilles, avait vu son habitat se restreindre sévèrement en raison des activités humaines, et il était soumis à la prédation des rats, des chats et des chiens féraux.

 

 Manifestations

  • Tara Expéditions, à la découverte d’un nouveau monde : l’océan. Port des Champs-Elysées, rive droite, pont Alexandre-III. Jusqu’au 27 janvier 2013.

 

 Publications

  • « Les Pôles, enjeux planétaires », hors-série des dossiers de La Recherche. Octobre 2012.
  •  « Tara Océans, chroniques d’une expédition scientifique » de Eric Karsenti et Dino Di Meo. Co-édition Actes Sud / Tara expéditions.
  •  « L’Homme simplifié » de Jean-Michel Besnier. Editions Fayard.