logo_revue_actu_az-80X80Revue d’Actualité – Mardi de l’Environnement

décembre 2014

Evénements

  • La conférence environnementale en France. Ouverte à la présidence de la République pour deux jours, les 27 et 28 novembre, elle comportait trois tables rondes : climat et biodiversité, transports et mobilités durables, environnement et santé (avec notamment, pour cette dernière table ronde, l’examen du troisième plan national santé-environnement). Elle a d’abord été marquée par un discours du chef de l’Etat, avec plusieurs annonces : l’accent mis sur l’instauration d’une « démocratie participative » et la possibilité d’organiser des référendums locaux, pour des projets d’aménagement du territoire ; la volonté d’interdire les pesticides néocotinoïdes, néfastes pour la biodiversité et la santé ; la confirmation d’un fonds pour la transition énergétique, avec un budget de 1,5 milliard d’euros ; la volonté de supprimer les crédits à l’exportation pour des projets intéressant des pays en développement et relatifs à l’industrie du charbon. Le Premier ministre, pour sa part, a affirmé vouloir revoir les avantages fiscaux attribués au diesel, pour réduire l’utilisation de ce carburant polluant. Plusieurs associations n’ont pas accepté de participer à des tables rondes, et les reproches ont été faits à cette conférence de n’avoir pas inscrit à l’ordre du jour la fiscalité écologique, les transports, l’écotaxe poids lourds (laquelle, selon la ministre de l’Ecologie, pourrait néanmoins être expérimentée en Alsace et en Lorraine).
  • 20ème conférence des Parties sur le climat. Elle se tient à Lima (Pérou), du 1er au 12 décembre 2014. Elle doit en particulier faire avancer le dossier du Fonds vert pour le climat, destiné à aider les pays en développement. Actuellement, il est abondé à hauteur de 9,5 milliards de dollars. L’objectif défini en 2009 est de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. Cette conférence est la dernière avant celle de Paris, prévue en décembre 2015. 
  • Pétrole moins cher, énergie alternatives à la peine. La baisse actuelle du cours du pétrole, de 35% depuis la mi-juin (due à la faiblesse de l’économie mondiale et à l’essor de la production du pétrole de schiste nord-américain) si elle favorise certains secteurs de l’économie, pénalise les énergies renouvelables, puisque les énergies fossiles connaissent un surcroît d’intérêt. De plus, elle freine les efforts pour réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère, dans la mesure où la continuation, voire l’augmentation de la consommation des énergies fossiles ne peut que multiplier ces émissions.
  • Davantage d’aires protégées dans le monde. Vingt-trois sites, dont cinq en France (parcs nationaux de la Guadeloupe et des Pyrénées, parc marin d’Iroise, dans le Finistère, espace naturel du marais d’Episy, en Seine-et-Marne, réserve marine de Cerbère-Banyuls dans les Pyrénées-Orientales), ont été classés dans une « liste verte » de l’UICN à la mi-novembre, pour leur gouvernance, leur bonne gestion, la protection de la faune et de la flore. Il existe 200 000 aires protégées dans le monde, représentant 15% des espaces terrestres et 3,4% des océans. Toutefois seulement un quart de ces zones serait bien géré et les fonds manquent structurellement. Il faudrait 76 milliards $ par an pour la bonne conservation des aires protégées.
  • Un redécoupage territorial en France. La mesure votée par l’Assemblée nationale en France le 25 novembre doit être confirmée au Sénat, voire après l’avis d’une commission mixte paritaire, vers la fin de l’année : 13 régions, en métropole, devraient remplacer les 22 existantes.
  • Les forêts intactes se font rares. Les forêts, qui représentent 37,3% des terres émergées, ne sont intactes (non soumises à l’influence humaine) qu’à 23,5%. De ce dernier chiffre, 71,4% ne sont pas protégées, 18,9% sont en partie protégées, et 9,7%, soit 2,27% du total des forêts intactes, sont totalement protégées. Ce sont les constats de deux universités américaines.
  • Grands chantiers problématiques. Plusieurs nouveaux grands chantiers d’infrastructures sont en projet, ou en commencement d’exécution, qui présentent des risques pour l’environnement et/ou la biodiversité :
    • une grande muraille de 32 km de long, à 8 km de Djakarta, dans la mer, pour protéger la capitale des eaux, formant un réservoir ;
    • des forages pétroliers au large de deux îles des Canaries ;
    • « >un barrage chinois sur le Brahmapoutre, au Tibet, avec trois autres en préparation.
    • Les mafias de l’environnement traquées par Interpol. Pour la première fois, Interpol lance une campagne d’avis de recherche portant sur 139 criminels responsables d’atteintes graves à l’environnement et/ou la biodiversité dans le monde. Ils sont originaires d’une vingtaine de pays.
  • Relèvement des quotas de pêche de thon rouge. Ces quotas ont été augmentés de 20% pour 2015 et 2016, dans l’Atlantique est, à la 19ème réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Iccat). Par ailleurs, L’UICN a décidé de classer le thon rouge du pacifique dans la catégorie des espèces menacées, en raison d’une surexploitation dramatique.
  • Nouveau statut de protection pour les animaux en France. Le 30 octobre, l’Assemblée nationale française a changé le statut du Code civil des animaux, jusque-là considérés comme des « biens meubles ou immeubles », et désormais des « êtres vivants doués de sensibilité. » Ils restent malgré tout « soumis au régime des biens corporels. » Ils bénéficiaient déjà de protections dans le Code rural et le Code pénal.
  • Menaces sur des espèces sauvages.
      • Les bélougas, dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, au Québec (Canada) sont menacés par un projet de création d’un terminal pétrolier ;
      • Les morses du Grand nord, et particulièrement de l’Alaska, sont affectés par la fonte de la banquise, qui détériore leur environnement ;
      • Les ours polaires pourraient avoir disparu d’ici à 2100, en raison également de la fonte des glaces du Grand nord ;
      • En 30 ans, les populations d’oiseaux sauvages de l’Europe ont perdu 420 millions d’individus, soit un cinquième de leurs effectifs, en raison des nuisances de l’agriculture ;
      • Les néocotinoïdes, insecticides agricoles, sont responsables d’effets très négatifs sur la faune, la flore, et l’environnement en général, a conclu la revue Nature en novembre, au terme d’une longue enquête.
      • Le vaquita, Phocoena sinus, marsouin endémique de la mer de Cortès (Mexique) est au bord de l’extinction, pris dans les filets de la pêche illégale d’un poisson, le Totoaba, Totoabamacdonaldi, destiné au marché chinois. Il ne resterait plus qu’une centaine d’individus de ce marsouin.

 

Médias

  • Le prix 30 millions d’Amis pour « L’âne et l’abeille », de Gilles Lapouge. Editions Albin Michel.
  • « Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus » de Marc Giraud. Editions Allary.
  • « Le lien. Violences sur les animaux et les humains » de AndrewLinzey. Editions One Voice.
  • « Psychologie du bien et du mal » de Laurent Bègue. Editions Odile Jacob.
  • « Plaidoyer pour les animaux » de Matthieu Ricard. Editions Allary.

 

Les Faits du mois.

  • Avis de recherche en cours … Présenté d’abord comme un tigre, l’animal entraperçu à Montévrain (Seine-et-Marne), le jeudi 13 novembre, a mobilisé pendant deux semaines 200 gendarmes et d’importants moyens pour le capturer, avant que l’on n’estime qu’il pourrait s’agir d’un chat sauvage ou d’un lynx, de toutes façons « un félin de taille respectable » … Mais l’animal court toujours, et « il a sans doute quitté le département » ont indiqué les autorités. Une histoire révélatrice des phobies primitives de l’espèce humaine « civilisée », et qui a occupé tous les médias.
  • Une maison de retraite pour éléphants. Elle sera instituée à Oradour-sur-Vayres (Haute-Vienne), et c’est une première en Europe (deux existent aux Etat-Unis). 25 hectares doivent être consacrés aux pachydermes, qui proviendraient de cirques.