La revue d’actualité de la SERE par Alain Zecchini

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Evénements

 . Le sommet de Paris plaide pour le climat. La réunion consacrée au climat, initiée par le Président français Emmanuel Macron, à Paris, le 12 décembre dernier, n’a certes pas fourni d’annonces décisives, mais elle a permis de faire avancer les dossiers, en parallèle des grandes conférences internationales des CoP. Ce qui se comprenait en fonction de deux problématiques majeures : le retrait des Etats-Unis de toute implication décisive pour faire face au réchauffement climatique ; et la faible contribution, encore à l’heure actuelle, des Etats, pour mettre en œuvre les décisions prises à la Cop21 ( seulement un tiers des financements promis sont effectifs). Un aéropage de personnalités avaient fait le déplacement, tant de la société civile que des gouvernements. Plusieurs annonces ont été faites, des assurances Axa et de la Banque mondiale notamment, relatives à une augmentation de leurs efforts financiers. La France fournira, jusqu’en 2022, 1 million d’euros par an au Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), et s’est engagée à signer une charte stipulant que les actions des institutions publiques françaises et l’Etat « sont cohérentes avec les objectifs de l’accord de Paris » (c’est-à-dire la limitation de l’augmentation des températures à 2°C).

. Des Etats généraux de l’alimentation décevants. Après six mois de débats, les Etats généraux de l’alimentation, en France, qui avaient été présentés comme des rencontres permettant de faire avancer largement la compréhension et la coopération entre tous les secteurs considérés, n’ont pas été vraiment concluants. Un constat exprimé par le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot : « Le compte n’y est pas » De fait, les dés étaient en quelque sorte pipés dès le départ, puisqu’il n’était un mystère pour personne que l’opposition entre ce ministère et celui de l’agriculture, également partie prenante de ces Etats généraux, sur les dossiers décisifs, empêchait toute avancée significative. Donc les propositions pour transformer le modèle agricole français, la question des financements à prendre, ont été mises de côté. Plus grave, ou autant, pour les associations, la problématique du climat n’a même pas été évoquée. Si tous les participants se sont déclarés satisfaits de la possibilité de discuter ensemble, le bilan n’en reste pas moins assez mince … Mais s’il fallait rester optimiste, on pourrait retenir la déclaration du Premier ministre, Edouard Philippe : « Ce n’est pas un aboutissement, mais un commencement… »

. Le réchauffement climatique multipliera les migrations en Europe. Selon une étude de la revue américaine Science, le réchauffement climatique entraîne une intensification du phénomène migratoire dans les 28 pays européens, et concerne 103 pays de départ. Si cette augmentation de température dans le monde est contenue à 2°C, ce phénomène augmentera de 28% d’ici à 2100. Si elle est portée à 4,5°C, les demandes d’asile pourraient croître de 188%, soit plus d’un million de dossiers (la moyenne 2010-2014 a été de 351 000 dossiers).

. Un « Appel pour un pacte finance-climat européen ». De nombreux acteurs de la société civile, scientifiques, hommes politiques, ont signé cette déclaration, en décembre, insistant sur l’impérieuse nécessité de dégager des financements pour tenter de résoudre la crise climatique. Ces financements pourraient être de 1 000 milliards d’euros, affectés à la transition énergétique.

. Le continent réapparu prend forme. Zealandia, le continent immergé, commence à se dessiner. Il avait été repéré par des scientifiques dans le Pacifique, sous la Nouvelle-Zélande et la Calédonie. Sa nature le classe comme une croûte continentale, de 4,9 millions de km2 (soit davantage que le continent indien, qui n’en représente que 3,3 millions de km2). Il s’est séparé de l’Australie depuis 65 millions d’années, peut-être plus. Son exploration a commencé à l’été dernier.

 . Moratoire sur la pêche en Arctique. Un moratoire a été signé, après des décennies de négociations, interdisant la pêche dans les 2,8 millions de km2 des eaux internationales de l’Arctique. Entre la Chine, l’Islande, le Japon, la Corée du sud, l’Union européenne. Il est prévu pour durer jusqu’en 2034.

. La biodiversité du monde encore plus mal en point. Ce ne sont pas tellement les extinctions d’espèces qui sont problématiques pour la biodiversité, mais bel et bien celles de ses populations. Car des populations qui disparaissent perdent avec elles leur potentiel génétique, lequel a une importance cruciale pour la survie de l’espèce elle-même. Une nouvelle étude (sous la conduite de l’Institut d’écologie de Mexico) montre que dans cette perspective, 32% des 27 600 espèces de vertébrés terrestres étudiés étaient en déclin. Dans les 100 dernières années, 200 espèces ont disparu. Et 40% des mammifères terrestres ont vu leur aire de répartition (une donnée fondamentale pour assurer la survie de toute espèce) se réduire de plus de 80%.

. Un tiers des mammifères menacés en France. La précédente Liste rouge de l’UICN-France établissait qu’un quart des mammifères présents en France étaient menacés. La nouvelle, parue en décembre, porte cette proportion au tiers. De nombreuses espèces emblématiques, mais aussi communes (comme le lapin de garenne) sont maintenant proches du dépérissement. Le vison d’Europe est peut-être l’animal le plus mal en point avec moins de 250 individus survivants. Intensification des pratiques agricoles (notamment les pesticides), braconnage, pollution, extension des zones anthropisées (avec réduction consécutive des habitats), et, pour les mammifères marins, pollutions également, captures accidentelles, surpêche réduisant leurs ressources alimentaires, autant de causes favorisant le déclin des espèces.

. Un chacal en France ? Un chacal doré aurait été observé (et pris en photo), pour la première fois, près de la frontière suisse, dans le massif du Chablais, en décembre. Bien que l’espèce soit connue en Afrique et en Asie, elle est aussi présente dans les Balkans, et se déplace vers le nord et l’ouest de l’Europe. De fait, elle est signalée en Italie et en Suisse.

. Les bœufs musqués victimes eux aussi du réchauffement. Animaux emblématiques du Grand Nord et de ses régions froides, les boeufs musqués pâtissent maintenant de l’augmentation des températures que l’on constate sous ces latitudes. Cette augmentation se traduit par une plus grande fréquence des pluies ; lesquelles forment une barrière de glace au sol, puisqu’elles sont soumises au gel ; et ce qui empêche ces mammifères de trouver la mousse, le lichen, et d’autres plantes, dont ils se nourrissent. Une étude américaine a établi que les femelles de bœuf musqué en gestation n’ayant pas suffisamment de nourriture donnaient naissance à des petits d’une taille inférieure à la normale (jusqu’à 15%), et ayant des probabilités de survie diminuées.

 

Médias

 . « Oiseaux en majesté » de Markus Varesvuo. Editions Delachaux et Niestlé.

. « La Guerre des métaux rares » de Guillaume Pitron. Editions Les Liens qui libèrent

. « Etre forêts » de Jean-Baptiste Vidalou. Editions La Découverte.

. « Le retour de Moby Dick » de François Sarano. Editions Actes Sud.

. « L’Art et la Science » de Ernst Haeckel. Editions Taschen.

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