Evénements

. La végétation terrestre produit des quantités énormes de méthane. Malgré son évidence apparente, ce phénomène était jusque-là insoupçonné, et il est lourd de conséquences. Les plantes terrestres produiraient jusqu’à un tiers du méthane qui entre dans l’atmosphère, soit entre 60 et 240 millions de tonnes par an. Le dégagement de méthane était traditionnellement attribué seulement aux zones humides, aux rizières inondées et aux ruminants. Les émissions de méthane sont liées à la luminosité et à la chaleur. Mais le mécanisme de cette production, chez les plantes, demeure inconnu, même si les chercheurs estiment que la pectine joue un rôle. Concernant le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre, plusieurs conséquences sont à retenir : la déforestation réduit cette production de méthane (de 6 à 20 millions de tonnes entre 1990 et 2000) ; mais la reforestation et le développement des productions animales accélèrent cette production, et pour des valeurs supérieures ; le protocole de Kyoto est à reconsidérer sous cet aspect, car la production de méthane par les plantes terrestres n’a pas été pris en compte ; les études du réchauffement climatique dans les siècles passés sont également à revoir pour la même raison (Science, 12 janvier 2006).

 

. Le lien direct entre le  réchauffement climatique et l’extinction d’espèces est démontré.

Cela concerne des amphibiens : il y a 17 ans, environ 74 des 110 espèces du genre de batraciens Atelopus, en Amérique centrale, ont été éliminés. Le coupable ? un champignon pathogène. Il a été montré que le réchauffement climatique était la cause de la  prolifération de ce champignon, dont la croissance avait été poussée à son optimum (Science, 12 janvier).

 

. Madagascar va tripler ses réserves naturelles. Elles passeront de 1,7 millions d’hectares actuellement à 6 millions d’hectares fin 2008.

 

. Le projet de loi français OGM est controversé. Devant être examiné en Conseil des ministres le 8 février, il contient des dispositions critiquées par des organisations écologistes : un seuil de contamination de 0,9% (des OGM sur les cultures classiques) est accepté, c’est le même taux que celui s’appliquant à l’étiquetage des produits alimentaires, ce qui revient à normaliser la pollution OGM dans l’environnement ; le principe de précaution n’est pas retenu ; la responsabilité de la contamination est rejetée sur les exploitants, non sur les producteurs d’OGM.

 

. Le Gaucho et le Régent à nouveau autorisés ? La loi d’orientation agricole du 5 janvier 2006, dans son article 70, semble revenir sur les interdictions d’utiliser le Gaucho et le Régent. Elle dispose que les produits phytopharmaceutiques disposant d’une autorisation provisoire de vente (APV) et mis sur le marché avant le 25 juillet 1993 seraient autorisés jusqu’au 1er janvier 2011. En cas de « danger imprévisible menaçant les végétaux », des produits nocifs pour la santé et l’environnement, non-sélectifs à l’égard des végétaux, pourraient être autorisés, pour une durée n’excédant pas 120 jours (renouvelable ?).

 

. L’importation et la commercialisation de fourrures de chats et de chiens est interdite en France. Depuis le 21 janvier. Les associations de protection des animaux applaudissent, tout en demandant que cette interdiction soit étendue au niveau européen.

 

. La biodiversité marine menacée. La 3ème conférence mondiale sur les océans, les côtes et les îles, en janvier,  a mis l’accent sur les menaces s’accélérant sur les espaces et les espèces marins. Le problème est soulevé de la haute mer (au-delà des 200 milles nationaux), qui ne relève d’aucune juridiction. Les récifs coralliens et les mangroves sont particulièrement en danger. Un rapport du PNUE (Programme des Nations-Unies pour l’environnement) souligne que ces récifs rapportent entre 100 000 et 600 000 US$ /km2/an, et que seulement 775 US$/km2/an seraient nécessaires pour les préserver. Un tiers des coraux ont disparu, et plus du tiers des mangroves.

 

. Une « baleine » dans la Tamise. Un hyperoodon arctique, sans doute juvénile (environ 5 mètres de longueur) a remonté la Tamise, passant un barrage, le 20 janvier. L’animal était peut-être blessé, et serait mort de déshydratation. C’est la première observation de ce type depuis 1913.

 

Disparitions

. Joan Root, cinéaste et militante écologiste. Assassinée chez elle, au Kenya, le 12 janvier. Née dans ce pays en 1936, elle avait produit plusieurs documentaires sur la faune et la flore africaines, et s’opposait à la surexploitation du lac de Naivasha : celle des « fermes de fleurs » pompant l’eau du lac et rejetant des pesticides ; et surtout celle de la surpêche, qui a dramatiquement fait baisser les populations de poissons.

 

 

Publications

. 60 millions de consommateurs : « Fruits et légumes – Pesticides » (n° de janvier).

 

. Science et Vie et Sciences et Avenir : « le Climat et ses risques » (n° de février).

 

. Ca m’intéresse : « Des idées simples pour vivre mieux – 30 gestes quotidiens pour l’environnement » (n° de janvier).

 

. Florence Burgat : « Liberté et inquiétude de la vie animale » (Editions Kimé).

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