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Revue d’Actualité d’Alain ZECCHINI                

Mardi de l’Environnement 

 

février 2015

Evénements :

  • La COP 21 du climat en discussion à Genève. Afin de préparer la conférence considérée comme décisive, à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochains, pour les négociations climatiques, les délégations avaient prévu de se retrouver à Genève (Suisse), du 8 au 13 février. Elles devaient étudier le texte qui sera présenté à Paris. Deux points sont à souligner. D’une part, l’Inde « traîne les pieds » pour s’engager résolument dans les réductions de gaz à effet de serre. Il est estimé que ses émissions de CO2 devraient doubler d’ici à 2030, avec le charbon comme principale source d’énergie. Elle n’a manifesté aucune disposition pour plafonner, et encore moins réduire, ses émissions. Les objectifs annoncés par ce pays d’accroître considérablement son potentiel en matière d’énergie solaire ne sont assortis d’aucun financement certifié. D’autre part, L’Europe s’est positionnée pour développer le système de captage-stockage du CO2, lequel, au niveau mondial, permettrait d’éviter de rejeter dans l’atmosphère 20% des émissions de CO2 d’ici à 2050. Néanmoins, seule la Grande-Bretagne a prévu des études de faisabilité de cette filière, dont le coût important freine actuellement sa mise en œuvre. Le calendrier jusqu’à la COP 21 est le suivant :
      • 31 mars, date butoir pour les contributions des pays à la lutte contre le réchauffement climatique ;
      • 31 mai, date limite de soumission aux Etats d’un projet de texte pour la COP 21 ;
      • du 1er au 11 juin, nouvelle conférence climatique préparatoire à Bonn (Allemagne) ;
      • 1er novembre, synthèse des contributions nationales par la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) ;
      • 30 novembre-11 décembre, COP 21 au Bourget (Seine-Saint-Denis, France).
  • Réduire les émissions en s’abstenant de produire ? Une étude universitaire anglaise, parue dans la revue Nature début janvier, avance que le seul moyen de contenir la hausse des températures en-deçà des 2°C retenus serait de ne pas exploiter une part importante des ressources énergétiques fossiles : un tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80% des réserves de charbon, et ceci d’ici à 2050. Cela concernerait, notamment, les immenses gisements annoncés dans l’Arctique, ainsi que le pétrole non conventionnel (schiste bitumineux et huile de schiste).
  • Une planète certifiée à risques. Une autre étude, publiée dans la revue Science en janvier, souligne que la Terre a déjà franchi des limites essentielles pour son équilibre global : avec le changement climatique, la crise de la biodiversité, le changement d’usage des terres (la réduction grave du couvert forestier), les perturbations des cycles de l’azote et du phosphore (lesquels concernent la fertilité des sols agricoles).
  • Nouveau plan antipesticides français. Le premier plan Ecophyto, lancé en 2008 dans le prolongement du Grenelle de l’Environnement, s’est révélé comme un échec, l’usage des pesticides en France ayant augmenté notablement depuis cette période. Le nouveau plan prévoit de réduire de moitié cet usage, d’ici à 2025. D’une part en s’appuyant sur un réseau de fermes-pilotes « vertueuses » ; d’autre part en incitant les fabricants de produits phytosanitaires et les grandes coopératives agricoles à réduire les ventes de ces produits.
  • La ministre française de l’Environnement favorable à la relance du nucléaire. Ségolène Royal s’est exprimée en ce sens, en janvier. Elle souhaite la programmation d’une nouvelle génération de réacteurs nucléaires, pour succéder à ceux qui arriveront en bout de course et ne pourront plus être rénovés.
  • La Cour des comptes dénonce les gabegies de la politique de l’eau en France. Le principe, acté en 2006 avec la loi sur l’eau, du « pollueur-payeur », semble moins que jamais appliqué en France, selon la Cour des comptes. Les industriels et les agriculteurs, qui sont à cet égard les plus gros pollueurs, paient encore moins de redevances pour pollution actuellement que dans les années passées (6% pour les agriculteurs et 7% pour l’industrie, contre 87% pour les particuliers). La faille du système réside dans la gestion incohérente, au niveau national, des agences de l’eau, lesquelles ont plus que souvent comme administrateurs des professionnels directement intéressés par les décisions.
  • La Grande Barrière de corail en péril. L’alerte est donnée depuis longtemps, mais cette fois-ci l’Unesco s’est résolu à mettre l’Australie en face de ses responsabilités. Devant l’état alarmant de la Grande Barrière de corail (qui a notamment perdu la moitié de ses coraux en trente ans), l’organisme pourrait inscrire le site sur la liste du patrimoine mondial en péril. Les causes de cette dégradation sont multiples : pour les coraux, il s’agit du réchauffement climatique et des cyclones tropicaux ; puis le rejet en mer des pesticides de l’agriculture ; le développement industriel côtier avec toutes ses nuisances (déchets de dragage en particulier). L’Australie s’oppose à ce classement, qui serait de facto un déclassement, pour un site qui rapporte plus de 4 milliards d’euros par an de tourisme.
  • Le diable de Tasmanie peut-être sauvé. Atteint par une forme de cancer depuis 1996, le diable de Tasmanie, un marsupial vivant dans la région australienne éponyme, était sur un déclin très prononcé. Un programme d’élevage en captivité, suivi de relâchement dans la nature (zones à l’abri de la maladie), a été entrepris. Et avec succès. Plusieurs dizaines d’individus ont jusqu’à présent été réintroduits, et 600 autres sont actuellement élevés en captivité.
  • Records de rhinocéros abattus en Afrique du sud en 2014. Nouveau, et triste record, puisqu’il s’agit de 1 215 animaux. Dont 827 pour le seul parc Kruger, fleuron des aires protégées dans le pays. Le gouvernement souligne maintenant, parmi toutes les raisons pour s’affliger de ce constat, que la réduction dramatique des effectifs de rhinocéros menace le tourisme.
  • La France interdit les exportations d’ivoire brut. Le scandale provoqué par les ventes d’ivoire d’éléphant, surtout dans les salles de ventes (et sur internet), sans certitude sur l’authenticité d’un certificat d’origine portant sur de l’ivoire ancien, a incité la ministre de l’Environnement à suspendre toute exportation d’ivoire brut, donc de ne plus délivrer de certificat d’exportation, en janvier. Les associations ont applaudi cette mesure, attendue depuis longtemps.

 

Manifestations :

  • Trésors de la Terre. Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, jusqu’à fin 2017.
  • 2015, année internationale de la lumière. Ainsi qu’en a décidé l’ONU. Nombreuses manifestations dédiées prévues en France. www.lumiere2015.fr
  • 12e Forum international de la météo et du climat. Parvis de l’Hôtel de Ville, Paris IVe, du 28 au 31 mars.
  • Sur la piste des grands singes. Exposition du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, du 11 février au 21 mars.
  • Salon international de l’agriculture. Paris, porte de Versailles, du 21 février au 1er mars.

 

Médias :

  • Plantes et insectes, des relations durables, de Vincent Albouy. Editions Glénat.
  • Le changement climatique pour les nuls, de Olivier Nouaillas. First Editions.
  • Le dernier loup, film de Jean-Jacques Annaud. En salle à partir du 25 février.