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Evénements :

  • Un pacte financier européen pour le climat. C’est un projet lancé en début d’année, signé par 600 personnalités de 12 pays essentiellement dans le domaine politique, mais également dans le domaine de l’entreprise et dans celui du monde associatif. En France, il a reçu l’accord de 241 députés (hors Rassemblement national). Ce pacte vise à financer la transition écologique en Europe, et également en Afrique. Il prévoit la création d’une banque européenne du climat et d’un fonds dédié, lesquels pourraient apporte un financement allant jusqu’à 300 milliards d’euros par an. Pierre Larrouturou, un des promoteurs du projet, estime que les liquidités de l’économie existent, mais qu’elles sont mal dirigées : « Des 2 600 milliards d’euros de liquidités créés par la Banque centrale européenne entre 2014 et 2017, et mis à la disposition des banques, seulement 11% sont allés à l’économie réelle et 89% sont restés sur les marchés financiers, ce qui alimente la spéculation. » Mais pour financer la transition écologique, des fonds importants sont nécessaires. Si l’Europe doit respecter ses objectifs en la matière, elle devra investir 1 115 milliards d’euros par an entre 2021 et 2030, pour les secteurs des transports, des logements, des services, de l’énergie et de l’industrie. Pour ce projet de pacte financier, il reste à décider les gouvernements européens, puisque les mesures prévues font appel aux contributions des Etats dans une large mesure.
  • L’Europe interdit la pêche électrique. C’est une mesure attendue depuis longtemps, car elle était demandée par une large fraction du monde associatif, qui dénonçait ce type de pêche très nuisible pour les poissons. La pêche électrique trouvait ses défenseurs les plus acharnés chez les pêcheurs néerlandais, qui jusque-là la pratiquaient à grande échelle. L’interdiction entrera en vigueur totalement au 1er juillet 2021 (le temps que ces pêcheurs néerlandais puissent se reconvertir).
  • Un lien avéré entre le glyphosate et les lymphomes. Une étude épidémiologique américaine, recensant toutes les données scientifiques existantes sur le sujet, a confirmé qu’il existe un lien certain entre l’exposition aux produits formulés à base de glyphosate et les risques de lymphomes non hodgkiniens. Le glyphosate est commercialisé sous le nom de Roundup, et c’est l’herbicide le plus vendu dans le monde par son promoteur, Monsanto. La firme américaine est déjà soumise à plus de 9 000 procédures judiciaires aux Etats-Unis sur ce dossier, par des personnes atteintes de lymphome, ou par leur famille si elles sont décédées.
  • Un quart des poissons vendus en France proviennent de stocks surexploités. Selon l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), 27% des poissons commercialisés en France viennent de stocks surexploités, 25% ne sont pas évalués et 48% sont exploités de façon durable. Cet institut manque certes de chiffres pour nombre de populations d’espèces de poissons, ce qui explique la manque de statistiques pour plusieurs d’entre elles. Ainsi, globalement, la situation de la pêche en Méditerranée « reste préoccupante », mais sur les 12 000 tonnes débarquées en 2017, la connaissance manque sur la plupart des espèces. La Manche et la mer du Nord s’en sortent honorablement, avec 65% des stocks gérés raisonnablement. Dans le golfe de Gascogne, le tableau est nettement moins favorable.
  • L’agriculture bio en France soumise à la concurrence de la grande distribution. C’est un secteur, qui, en raison de son succès grandissant auprès des consommateurs, attire les convoitises des grandes surfaces, qui ont entrepris depuis plusieurs années déjà de créer des rayons d’alimentation bio dans leurs magasins. Les produits bio ont représenté en 2018 un marché de 9 milliards d’euros. Les magasins bio indépendants ou faisant partie d’un groupe craignent cette concurrence, contre laquelle ils estiment qu’il est difficile de lutter. De plus, le secteur bio n’est pas sans appréhension devant le nouveau projet de règlement européen, qui encadrera le secteur à partir de 2021. Ce projet semble jusqu’à présent permettre l’industrialisation des élevages biologiques, en premier lieu celui des poules pondeuses. En Italie existent déjà des élevages de ce type qui rassemblent 100 000 poules pondeuses. Le secrétaire national de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), David Léger, souligne que « des élevages de plus de 15 000 poules pondeuses biologiques sont apparus en France ces dernières années. Ils ne représentent encore que 2% des exploitations, mais déjà près de 20% du cheptel. » Le même souci de ne pas céder au « gigantisme » de l’exploitation des espèces vaut en France notamment pour la production porcine.
  • Une porcherie géante dans l’Allier en France ? Elle représente le projet de la société MCP Elevage, à Barrais-Bussoles, un petit village de l’Allier. Le dossier a été déposé en septembre 2018, pour 1 944 emplacements de porcs à l’engraissement et 4 340 porcelets en post-sevrage. Soit bien plus que la moyenne des élevages français, avec 650 porcs adultes. En France, en dessous de 2 000 porcs adultes, une simple demande d’enregistrement, et non d’autorisation, est nécessaire. Le projet, qui bénéficie du soutien du maire de la commune de Barrais-Bussoles, prévoit aussi l’épandage de 7 000 mètres cubes de lisier tous les ans sur des parcelles dépendant de 9 communes limitrophes. Malgré 80 000 signatures répondant à l’appel d’un collectif contre ce projet, il a reçu le feu vert de la préfecture, le 8 février, bien qu’assorti de quelques conditions : la couverture de la fosse à lisier (4 000 mètres cubes) dans un délai de six mois, une « haie de végétation haute et dense » à créer autour du site, et un bilan annuel du plan d’épandage. L’association FNE-Allier prépare un recours contre l’arrêté devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand.
  • Une tortue présumée éteinte redécouverte. On la pensait disparue depuis plus d’un siècle, mais un individu de l’espèce de tortue Chelonoidis phantasticus a été observé en février aux îles Galapagos. Une femelle, pesant une vingtaine de kilos. Elle serait âgée de plus de 100 ans. Par ailleurs, l’Equateur a relâché 155 tortues géantes de l’espèce Chelonoidis hoodensis sur l’île de Sante Fe, dans l’archipel des Galapagos, s’ajoutant aux 394 autres qui avaient été libérées les années précédentes. C’est un projet de repeuplement du Parc national des Galapagos et de l’ONG Galapagos Conservancy, qui doit se poursuivre jusqu’en 2026.
  • Le chacal doré poursuit sa progression. Bien moins emblématique que le loup, mais doué comme lui d’une capacité de coloniser de nouveaux territoires, le chacal doré (Canis aureus), lentement mais sûrement, s’installe sur de nouveaux territoires en Europe. Il a été aperçu pour la première fois en France en décembre 2017 dans le Chablais, en France. On le savait déjà présent en Suisse. Il semble que sa progression ait véritablement commencé en 2010. Il existerait environ 100 000 individus en Europe. Son aire de répartition est très large, et très ancienne : en Europe donc, mais aussi en Asie mineure et jusqu’à la Thaïlande, en passant notamment par l’Inde, et en Afrique. Au 20ème siècle, l’animal avait fait l’objet d’une tentative d’éradication (empoisonnements, primes aux chasseurs) mais avait survécu. Ce chacal évite les loups (qui lui sont des prédateurs, de même que les chiens errants), préfère des zones mixtes, les terres agricoles et les forêts. Il se nourrit de petits animaux de toutes sortes, des cadavres, des volailles, des fruits, des plantes cultivées. Un couple de ces chacals vit sur un territoire de 2 à 5 km2, soit bien moins que pour une meute de loups (200 km2). Il ne représente pas de menaces pour les agneaux, les moutons, les veaux ou les poulains.

 

Manifestations :

  • Petite souris, grande famille. Une exposition sur les rongeurs. Muséum, Auxerre (89), jusqu’au 3 juillet.
  • Au fil des araignées. Galerie Eurêka, carré Curial, 150 rue de la République, Chambéry (73°, jusqu’au 31 août.
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