Evénements

. La protection de la nature mobilise davantage en France. Un sondage a été réalisé en décembre 2005 par le Crédoc pour l’UICN France et le magazine Terre sauvage. Principaux enseignements :

– concernant la disparition d’espèces, 84% des sondés estiment que cela appauvrit l’héritage commun ; 71%, que cela réduit les possibilités de lutter contre les maladies des plantes cultivées ; 61%, que cela réduit les possibilités de trouver de nouveaux médicaments ; 69%, que ce n’est pas le prix à payer pour le développement économique ; 70%, que cela a des conséquences sur notre quotidien.

– 96% considèrent que les dépenses de l’Etat pour la protection de la nature sont insuffisantes, et 93% veulent les voir augmenter.

– 87% n’ont pas versé d’argent à une association de protection de la nature en 2005.

– 56% seraient prêts à payer davantage de taxes et d’impôts pour la nature (en majorité, de 10 à 50 €).

– 87% seraient prêts à faire plus pour la nature en changeant leur comportement.

– les principales préoccupations sont l’effet de serre et le changement climatique, les pollutions des déchets, de l’air et de l’eau ; les disparitions d’espèces étant ressenties comme moins importantes.

 

. Le forçage radiatif de la Terre est évalué. Il s’agit des effets des aérosols produits par la combustion de la biomasse et la pollution industrielle, qui produisent des brouillards faisant écran au rayonnement solaire : donc limitant le réchauffement climatique. Le volume de ces gaz  a été estimé au tiers de celui des gaz à effet de serre, qui eux induisent le réchauffement climatique. Comme des efforts sont faits pour réduire les aérosols, il est probable que la diminution du forçage radiatif se traduira par une augmentation du réchauffement climatique (Nature, 29 décembre 2005).

 

. La CITES suspend toutes les exportations de caviar. Jusqu’à ce que les pays producteurs démontrent que les prises peuvent être supportées par les populations d’esturgeons. Ce qui semble illusoire : depuis 1850, 90% des effectifs des esturgeons dans le monde ont été éliminés. Le commerce illégal représente 3 à 4 fois le commerce légal.

 

. Le Sénat américain bloque les forages de pétrole dans une réserve d’Alaska. La quatrième tentative des Républicains pour autoriser ces forages dans la réserve nationale sauvage de l’Arctique (77 000 km2) a échoué le 21 décembre.

 

. La plus grande réserve marine américaine est créée. Dans le Pacifique nord, autour des îles Aléoutiennes (377 000 miles2), en décembre.

 

. La pêche française surexploite les espèces de poissons. La première étude sur l’état des zones de pêche exploitées par la France a été effectuée par l’Ifremer. Elle montre que dans presque toutes les zones scrutées les stocks sont le plus souvent en dégradation. Ce constat rend d’autant plus grave l’accord européen sur les quotas de pêche de la fin décembre, qui ne réduit les jours de pêche pour la France que de 5% pour le cabillaud, autorise 500 tonnes d’anchois dans le golfe de Gascogne, et limite à 10% seulement la baisse de l’effort de pêche pour les espèces de grands fonds.

 

. Les poissons des grands fonds décimés en moins de 20 ans. Cinq des principales espèces commerciales de poissons (notamment le grenadier de roche et la raie à queue épineuse) de l’Atlantique nord-ouest ont été réduites de 93% en moyenne par la pêche, en seize ans, de 1978 à 1994. L’ICES (Conseil international pour l’exploration de la mer) suggère d’instituer pour ces espèces des sanctuaires et penche pour l’interdiction de leur pêche (Nature, 5 janvier).

 

. 1% pour la planète, premier bilan. 187 entreprises dans le monde donnent 1% de leur chiffre d’affaires à des projets écologiques. Plus d’un millier d’organisations ont pu jusqu’à présent en bénéficier, pour plus de 5 millions $.

 

. L’Alliance pour l’Extinction Zéro veut réagir contre la perte de biodiversité. Fondée par 52 associations pour la protection de la nature dans le monde, elle veut éliminer les menaces pesant sur les espèces les plus fragiles et restaurer les habitats de façon à empêcher l’extinction de celles-ci. Une étude conduite dans cette perspective a identifié 794 espèces (parmi les mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, conifères) dont l’extinction est imminente, dans 595 sites à la surface de la planète (Proceedings of the National Academy of Sciences USA, 20 décembre 2005). Contact : www.zeroextinction.org

 

. Une autre agriculture possible ? L’INRA et le Cemagref estiment, dans un rapport commun (décembre), que des changements structuraux des pratiques agricoles permettraient de réduire l’emploi des pesticides ainsi que les dommages causés de ce fait à l’environnement. La France est le troisième consommateur mondial de pesticides, le premier en Europe (76 100 tonnes  vendues en 2004). Ces changements seraient rendus possibles par la « production intégrée » : l’adaptation des cultures aux terroirs locaux, la rotation des cultures et l’utilisation de la diversité des espèces végétales. L’exemple danois montre qu’une forte taxation des pesticides serait une mesure complémentaire efficace, tout comme l’ aide pédagogique aux agriculteurs.

 

 

 

Manifestations

 

. Exposition « Plantes du monde menacées », Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris, jusqu’au 30 avril.

 

Publications

. Le Monde Dossiers et documents : « Climat : les temps changent » (décembre 2005).

 

Coup de cœur : « Une année à la campagne » de Sue Hubbell (Gallimard Folio), la découverte de la vie avec, et dans, la nature, par une biologiste qui quitte la ville pour créer une « ferme d’abeilles » dans le Missouri.