Evénements

. Les bons de compensation d’émission de carbone se développent. Il s’agit du mécanisme d’achat des permis d’émission de quotas de CO2 qui sont détenus par les entreprises. Ces achats doivent financer des projets générant peu ou pas de CO2, dans le domaine global du développement durable. Il existe actuellement une quarantaine de d’agences ou d’ONG qui proposent ces systèmes de compensation dans le monde occidental. Une tonne de CO2 coûte entre 3 et 30 US$. En 2005, 10 millions de tonnes de CO2 ont été « compensées » de cette façon – moins de 1% du volume et de la valeur des transactions sur le marché des permis d’émission, le total des émissions de CO2 pour 2005 ayant atteint 25 milliards de tonnes. Toutefois, ces compensations pourraient être multipliées par 40 d’ici à 2010. Quelques points structurels de ce mécanisme : il ne supprime pas les émissions de CO2 existantes ; il est souvent difficile de déterminer la quantité de CO2 émise par une source (notamment par passager/trajet aérien) ; les projets de compensation ne doivent pas se substituer à ceux qui seraient déjà prévus dans un pays ; concernant principalement les pays en développement, ils posent les problèmes habituels de concrétisation ; et ils ne peuvent prétendre que réduire une petite partie de la question, car la baisse significative des émissions ne peut venir principalement que des secteurs de l’énergie et de l’industrie. En France, notamment, trois sites : climatmundi.fr, actioncarbone.org, co2solidaire.org.

 

. De « nouvelles » sources d’émission de gaz à effet de serre.

Les tourbières alimentent largement l’effet de serre. Dans le monde, elles stockeraient l’équivalent de 2 000 milliards de tonnes (2Gt) de dioxyde de carbone. Elles en relâchent de grandes quantités dans l’atmosphère, en raison de la surexploitation du bois, de la transformation en zones agricoles et des incendies pour le défrichement.

– L’élevage contribue aussi au réchauffement climatique. Selon la FAO, plus que le secteur des transports dans le monde : 9% des émissions de CO2 et 65% des émissions d’hémioxyde d’azote (fumier) . 37% des émissions de méthane et 64% de l’ammoniac seraient produites par le système digestif des ruminants. sombres perspectives à cet égard : la production de viande devrait doubler dans le monde d’ici à 2050.

– Les barrages seraient plus polluants que les centrales à combustibles fossiles. La biomasse des lacs de retenue, en se décomposant, émet du méthane et du dioxyde de carbone. Le barrage de Petit-Saut, en Guyane, pourrait émettre l’équivalent de 30 millions de tonnes de CO2 dans les 100 ans qui viennent. Dans le monde, les barrages libéreraient entre 95 millions et 122 millions de tonnes de méthane par an.

 

. Le transport aérien bientôt soumis aux quotas de CO2. En Europe en tout cas, à partir de 2011-2012, si le projet de la Commission européenne voit le jour. C’est un pas important, car le transport aérien représente 3% des émissions de CO2 en Europe. L’Union européenne a prévu de réduire de 8% ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2012. Exemples d’émissions de CO2 en 2004 (France) : Air France, 15,42 millions t ; RATP, 1,6 million t ; SNCF, 0,7 million t ; La Poste, 0,30 million t.

 

. Un  canal pour sauver la mer Morte. Le projet doit associer Israël, la Jordanie et les territoires palestiniens : pompage de l’eau de la mer Rouge dans les montagnes du golfe d’Akaba, creusement d’un canal de 180 kilomètres en Jordanie jusqu’à la mer Morte, construction d’une centrale hydroélectrique et d’une usine de dessalement. En sus de maintenir la mer Morte à un niveau plus acceptable (en un siècle, ce niveau a baissé de 25 mètres), le projet devrait être bénéfique pour l’agriculture de cette région qui manque cruellement d’eau douce. Les prévisions montrent que si rien n’est fait, la mer Morte pourrait être totalement asséchée, donc morte, en 2050.

 

. 150 000 km2 protégés en Amazonie. C’est, depuis début décembre, la plus grande aire protégée de forêt du monde. Dans l’Etat du Para, au Brésil. Un tiers de la zone sera interdit à toute activité humaine, le restant pouvant être exploité par l’agriculture et la foresterie, mais sous contrôle.

 

. Le Parlement européen veut protéger la mer. Le Parlement européen a voté, le 14 novembre, sur le projet de directive de la Commission européenne « Stratégie marine ». Il a demandé des actions plus fortes que celles proposées par la Commission : réduction à 2017 du délai exigé des Etats pour nettoyer leur environnement marin ; définition de critères d’un « bon état écologique » des mers et des océans ; intégration de critères environnementaux dans les politiques menées par l’Union dans d’autres secteurs. En rappel, l’avis de scientifiques estimant que les stocks des poissons actuellement commercialisés dans le monde devraient être totalement épuisés vers 2048 (Science, 3 novembre 2006).

 

. Le baiji (Lipotes vexillifer, le dauphin du Yangzi Jiang) sur la voie de l’extinction totale. Le cétacé le plus rare du monde a peut-être déjà  disparu : une expédition de six semaines sur  3 500 kilomètres du fleuve Yang-Tsé, en décembre, n’a trouvé aucun individu. Il est donc considéré comme écologiquement éteint. L’expédition a aussi tiré la sonnette d’alarme pour le seul marsouin d’eau douce, présent dans le même habitat, le marsouin aptère (Neophocaena phocaenoides), dont seulement 300 individus ont été repérés. Causes de ces déclins : pêche illégale, pollution, trafic des bateaux, fragmentation du fleuve par les barrages.

 

. Le saola (Pseudoryx nghetinhensis) lui aussi en péril. Découverte pour la science en 1992, cette petite antilope ne devrait pas compter plus de 200 individus, au centre du Vietnam et au Laos. Elle est chassée à outrance, prise dans les pièges pour les ours, et voit son habitat se fragmenter de plus en plus (notamment par l’autoroute Ho Chi Minh, qui relie le nord et le sud du Vietnam). Un projet de clonage de l’animal est en cours par une équipe vietnamienne.

 

Publications

. « Les faiseurs de pluie » de Tim Flannery (Ed. Héloïse d’Ormesson)

 

. « Les Sillons de la colère » d’André Pochon (Ed. La Découverte/Poche)