Evénements

. Copenhague : un échec, mais relatif.

La conférence mondiale sur le climat, qui s’est achevée le 19 décembre, n’a pas produit les résultats escomptés, et la déception est grande, tant au niveau de certains pays qu’à celui de la plupart des organisations écologistes. Toutefois il semble nécessaire de moduler cet échec. 
Certes, le texte présenté comme « l’accord de Copenhague » est d’une portée singulièrement limitée. Il n’a été signé que par une trentaine de pays, non voté (et son adoption supposait l’unanimité), donc son statut juridique demeure imprécis :
– renforcement de la coopération des Etats, en tenant compte du fait que la hausse des températures doit être limitée à 2°C d’ici à 2050 ;
– coopération aussi pour réduire le niveau des émissions ;
– les réductions faites par les pays en développement seront annoncées par ces pays eux-mêmes ;
– nécessité pour les pays développés de financer les projets de lutte contre la déforestation (avec, notamment, le système REDD).
Ces mesures sont incitatives, et ne comportent aucun engagement chiffré, à l’exception d’un financement de 30 milliards $ pour aider les pays pauvres. 
Les raisons essentielles de ce peu de succès de la conférence sont multiples : les Etats-Unis n’ont pas voulu s’engager véritablement, pour des raisons de politique intérieure ; la Chine considère qu’elle doit garder la maîtrise de son développement économique, et n’acceptera aucun accord qui risquerait à ses yeux d’entraver ce développement ; les pays en développement veulent à la fois des objectifs contraignants et un appui financier conséquent des pays riches ; l’Europe, qui s’est retrouvée largement isolée (malgré la position active de la France), n’a pas pu faire valoir ses thèses.
Sans surprise, les pays exportateurs de pétrole de l’OPEP, grand émetteurs de CO2, se sont félicités du manque de résultats. 
Néanmoins il faut souligner que cette conférence n’a pas été, comme certains le prétendaient, « celle de la dernière chance ». Les Etats doivent se retrouver en juin 2010 à Bonn (Allemagne). Et puis aussi, et surtout, ils auront eu l’occasion de confronter, dans toute l’acception du terme, leurs thèses respectives, et de faire avancer les dossiers. Le principe de la barrière des 2°C du réchauffement est acquis ; le système REDD est avalisé ; l’aide aux pays pauvres, bien qu’insuffisante par rapport aux besoins, doit débuter. Et la prochaine conférence se déroulera peut-être dans un sens plus réaliste : en acceptant plus largement le fait que le diagnostic sur l’état de la planète est loin de faire un consensus, et que les négociations doivent tenir compte des réalités, c’est à dire du rapport de forces entre les principaux acteurs.

. La taxe carbone en France recalée par le Conseil constitutionnel. Selon les sages, elle était contraire à l’objectif de lutter contre le réchauffement climatique, dans la mesure où « moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à contribution. » En étaient ainsi exemptés les centrales thermiques, les 1 018 sites industriels les plus polluants, les émissions du transport aérien et du transport public des voyageurs. Au détriment des ménages, qui auraient dû presque seuls supporter cette taxe. Le gouvernement prépare un nouveau texte, qui sera discuté en Conseil des ministres le 20 janvier, et qui devrait entrer en vigueur le 1er juillet.

. Climat : + 3°C ? Une note de l’ONU, lors de la conférence de Copenhague, a établi que les températures risquent d’augmenter non pas de 2 degrés mais de 3 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle.

. Le trou de la couche d’ozone se rétrécit. L’accord international pour résorber le trou de la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique, en interdisant les CFC,  a produit des effets positifs : ce trou, qui était de 29,5 millions de km2 en 2000 (contre 1,1 millions km2 en 1979) s’est réduit à 24,5 millions km2. On estime qu’il pourrait être totalement éliminé entre 2050 et 2075.

. Grands projets de développement en France.
– Le projet d’implantation d’un circuit de course automobile de F1 dans les Yvelines (Flins/Les Mureaux) est abandonné ;
– « environ » 2 300 ha de champs préservés dans le cadre de la future opération de « Silicon Valley » à la française sur le plateau de Saclay ;
– dans le 18 e arrondissement, à Paris (Halle Pajol),  l’installation, en 2012, de la plus grande centrale solaire urbaine de France ;
– lancement, en 2011, d’un système de voitures en libre-service en région parisienne.

. Les impacts négatifs du barrage des Trois-Gorges en Chine. Trois ans après le l’inauguration de cet ouvrage pharaonique, le constat est fait de plusieurs effets nuisibles, tant pour l’environnement que pour les populations humaines : pollutions ; sécheresse ; amplification du réchauffement climatique ; privation d’eau potable pour plusieurs millions de personnes ; avec, en sus, une mauvaise gestion du débit de l’eau (seule la moitié des turbines est en activité).

. Le retour des naturalistes. Durant dix ans, des expéditions françaises vont partir à la recherche de la biodiversité terrestre autant que marine. Le projet, « La planète revisitée » réunit le Muséum national d’Histoire naturelle, l’UICN, et l’ONG Pro-Natura International. L’effort se focalisera sur les 34 « hot-spots » du monde, avec une première mission, depuis novembre, au Mozambique, suivie par une autre, en avril, à Madagascar.

. Une nouvelle louve abattue en France. En décembre, par un chasseur, dans les Hautes-Alpes. En février, une autre avait été tuée, également par un chasseur, en Haute-Savoie.

. Les poissons d’eau douce de France mal en point. Sur les 69 espèces étudiées par le Comité français de l’UICN dans sa Liste rouge des espèces menacées, 15 sont en voie de disparition.

. Les grands chefs ne proposeront plus de thon rouge. Les grands chefs de la chaîne hôtellière française Relais et Châteaux (475 établissements dans 57 pays) se sont engagés à ne plus servir de thon rouge, à partir du 1er janvier, en raison des risques de disparition de cette espèce ; à faire de même pour d’autres espèces menacées ; et à s’approvisionner en produits de la mer durables.

Nomination

. Isabelle Autissier, nouvelle présidente du WWF-France. La navigatrice a notamment été nommée vice-présidente du Grenelle de la mer.

Carnet

. Disparition d’Yves Rocher. Le créateur du groupe de cosmétologie qui porte son nom et qui a été, à sa manière, un pionnier dans l’utilisation des ressources naturelles (des plantes), est décédé le 26 décembre.

Manifestations

. « Réchauffement climatique : où en sommes-nous après Copenhague ? », conférence de Jean Jouzel (vice-président du Giec). Espace des Sciences, Rennes, 26 janvier. Rens. 02.23.40.66.00

Publications

. « Guide critique de l’évolution » sous la direction de Guillaume Lecointre. Editions Belin.

. « Petite histoire des plantes » de Jean-Marie Pelt. Un coffret de 6 CD, avec une brève biographie de l’auteur. Editions Carnet Nord.

. « L’herbier toxique. Codes secrets pour plantes utiles » de Bernard Bertrand. Editions Plume de Carotte.

. « Yves Coppens raconte nos ancêtres, l’histoire des singes ». Editions Odile Jacob.