Evénements

. Accord modeste, mais accord, à Cancun. Le spectre de l’échec de la conférence de Copenhague a dissuadé les pays participant à la conférence sur le changement climatique de se séparer, le 10 décembre, sans un accord. Lequel se décline en deux points :
-La création d’un « fonds vert » pour aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement. Il devrait être abondé par an de 100 milliards US$, à partir de 2020. Ce fonds aura un conseil d’administration de 24 membres, avec parité des pays développés et des pays émergents, et un « comité de transition », où les pays émergents seront majoritaires, avec 25 membres contre 15. La Banque mondiale sera administrateur intérimaire de ce fonds pendant trois ans.
-Le soutien à un mécanisme de lutte contre la déforestation, avec la mise en œuvre du programme Redd +, la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts. Ce programme se comprend comme la « financiarisation » des forêts, affectées d’un prix.
Par ailleurs, le protocole de Kyoto, qui risquait de ne pas être reconduit, a bénéficié d’un sursis. Sans qu’il soit formellement prolongé, le consensus stipule qu’ « il n’y aura pas de délai entre la première période (qui s’achève en 2012) et la deuxième. » Dans le même sens, il a été posé que les pays industrialisés devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% d’ici à 2020.

. L’ONU crée le « GIEC de la biodiversité ». Le 20 décembre, l’Assemblée générale de cet organisme a institué la Plate-forme intergouvernementale de la biodiversité et des écosystèmes (PIBE), avec mission pour le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) de la mettre en œuvre. A Nairobi (Kenya), siège du PNUE, en février, sera fixée la date de la réunion plénière en 2011 pour cette mise en œuvre.

. Stress hydrique important au Proche-Orient. L’ensemble des pays de la zone a souffert d’un déficit de pluviométrie et de l’aridité en 2010 qui affectent grandement les économies, les ménages, et exacerbent les tensions politiques concernant le partage des eaux des rivières. A titre d’exemple, le lac de Tibériade a baissé de 18 centimètres en novembre 2010, atteignant la cote de 213,8 mètres sous le niveau de la mer.

. Fortes remontées de méthane dans l’océan arctique. Largement dues au réchauffement climatique, selon les scientifiques, des émissions de méthane en grande quantité ont été observées pour la première fois à la surface des eaux du plateau arctique de Sibérie orientale. Elles proviennent du permafrost sous-marin. Cette plate-forme glaciaire de Sibérie libérerait annuellement 8 millions de tonnes de méthane dans l’atmosphère, soit la quantité due à tous les océans du globe. Le méthane est considéré comme vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone.

. Rejets toxiques dans les eaux françaises. Selon France Nature Environnement, entre 80 et 130 millions de tonnes de boues toxiques issues du dragage des ports ont été rejetées en mer de 1990 à 2007, sans contrôle.
. La filière bio fragilisée. La loi de finances 2011 française a réduit de moitié le crédit d’impôt accordé aux agriculteurs bio, ce crédit passant de 4 000 à 2 000 €. le ministère de l’Agriculture argue que cette diminution peut être compensée par des aides européennes, dans la limite de 4 000 €. Toutefois ces aides favorisent les grandes exploitations, non les petites, ce qui risque de pénaliser l’ensemble de la filière bio.

. Nouveau lâcher d’un ours dans les Pyrénées en 2011. Une consultation publique est organisée du 27 décembre au 4 février par le Préfet des Pyrénées-Atlantiques pour relâcher une ourse au début de cette année, en remplacement de celle qui a été tuée en 2007. Huit introductions préalables d’ours slovènes ont eu lieu entre 1996 et 2006. La population ursine des Pyrénées est d’une vingtaine d’individus.

. Un loup « coûte » 36 110 €. Un rapport en annexe du projet de loi de finances français pour 2011 a chiffré les dépenses concernant la population estimée de 180 loups à 6,5 millions € en 2009, soit 36 110 € par animal. Ces dépenses comprennent l’indemnisation des éleveurs en cas d’attaques de loups ; l’achat de 85 chiens de protection ; l’entretien de 807 chiens utilisés par les éleveurs ; l’acquisition de 405 parcs électrifiés. FNE , pour sa part, considère que la population de loups est nettement plus proche de 120 à 150 individus.

. 700 hectares pour nourrir des abeilles. En Franche-Comté, 700 hectares de jachères ont été convertis en zones de cultures interstitielles de forte valeur nutritive pour les abeilles (variétés de tournesol, de trèfle, sarrasin, avoine, lierres, etc.), depuis le début de l’automne, pour leur permettre de passer l’hiver. L’opération s’étale sur six mois. Elle est prévue pour durer trois ans, à l’initiative du réseau Biodiversité pour les abeilles, et avec le soutien du conseil régional de Franche-Comté.

Mouvements professionnels

. Thomas Grenon, nouveau directeur du Muséum national d’Histoire naturelle. Il était auparavant directeur de la Réunion des musées nationaux. Il a été nommé le 19 décembre, pour quatre ans, quittant son poste précédent avec une bonne réputation de gestionnaire.


Publications

. « Atlas des énergies » de Bertrand Barré et Anne Bailly. Editions Autrement.

. « Forêts, au cœur d’un écosystème » de David Burnie. Editions Fleurus.

. « Architecture écologique » de Chris van Uffelen. Editions Citadelle et Mazenod.


Manifestations

« Méditerranée, splendide, fragile, vivante », au Musée océanographique de Monaco.
Jusqu’en 2012.