Revue d’Actualité – Mardis de l’Environnement – Janvier 2014

Evénements

  • L’Europe à l’horizon climatique 2030. Les grandes manœuvres se déroulent au sein des pays de l’Union européenne pour déterminer leurs nouveaux objectifs sur le climat et le réchauffement climatique. Ils doivent succéder à ceux qui avaient été fixés en 2009, avec, principalement, la réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, en 2020. Actuellement, cette réduction est de 18%. Sont partisans d’une baisse de 40% d’ici à 2030 la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas. Mais les commissaires européens à l’énergie et à l’industrie veulent une baisse plus faible, de 35% (quand bien même les experts du GIEC estiment que le chiffre de 40% serait juste suffisant pour contenir la hausse de température à 2°C); et plusieurs pays de l’Europe centrale, dont la Pologne, refusent, eux, toute nouvelle réduction. Est en jeu également l’accroissement de la part des énergies renouvelables dans les dépenses énergétiques d’ici à 2030, laquelle part pourrait s’établir entre 25 et 30%, et qui est aussi en discussion. En tout état de cause, la Commission européenne rendra son avis le 22 janvier prochain.
  •  Le projet de loi agricole français, des avancées. Le projet de loi d’avenir de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (Laaf) a été examiné en première lecture en janvier par l’Assemblée nationale, en France. Il comporte plusieurs dispositions qui laissent augurer de nouvelles options bienvenues pour le monde agricole dans son ensemble : création de Groupements d’intérêt économique et écologiques (GIEE) pour favoriser les changements de pratique, notamment le recours à l’agriculture biologique ; aides à l’installation de nouveaux agriculteurs ; aides à la formation des agriculteurs et des salariés du monde agricole ; limitation de la délivrance des antibiotiques. Le texte doit être acquis définitivement en juin prochain ; mais d’ores et déjà la pression forte des lobbies agricoles laisse supposer qu’il sera en partie amendé.
  • Le Parlement européen refuse l’interdiction de la pêche en eaux profondes. En dépit d’une sensibilisation importante à travers toute l’Europe ces derniers mois, le Parlement européen a maintenu, le 10 décembre dernier, à une très courte majorité, le chalutage en eaux profondes, accusé de dilapider la ressource et de détériorer les fonds marins. Le secteur de la pêche a manifesté son intense satisfaction au vu du vote. La France et l’Espagne avaient exercé les pressions les plus fortes pour que ce type d’exploitation soit conservé.
  •  L’Antarctique en proie au réchauffement climatique. L’Antarctique Ouest ne cesse de fondre, et une nouvelle portion importante du Glacier de l’île du Pin doit prochainement être entraînée dans la mer. Ce glacier perd une dizaine de mètres par an, et pourrait contribuer, dans les vingt prochaines années, à une élévation de 3,5 à 10 mm du niveau des mers. Depuis 1993, ce niveau a augmenté de 70 mm.
  • Le Canada réclame le pôle nord. Ou presque. Ce pays a déposé une demande en décembre à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer pour réclamer la souveraineté sur une très vaste zone englobant le pôle nord, une zone potentiellement très riche en hydrocarbures. Et qui est également convoitée par la Russie et le Groënland.
  • L’équipe de Greenpeace en Russie libérée. Arrêtés en septembre 2013 par les autorités russes en Arctique, les 30 membres de l’équipage d’un bateau de Greenpeace ont été libérés en décembre, après une amnistie officielle.
  • La pomme de terre OGM interdite en Europe. Le Tribunal de l’Union européenne a annulé, le 13 décembre dernier, l’autorisation de mise sur le marché de la pomme de terre transgénique Amflora, qui avait été prononcée par la Commission européenne en mars 2010. Le maïs OGM MON810 de Monsanto reste le seul aliment dont la culture est permise.
  • Projet de nouveau code minier en France. Il est enfin sorti des limbes à la mi-décembre. Il recense 700 articles, dont 10% sont des innovations. Parmi lesquelles la création d’un Haut Conseil des mines, la définition d’un « schéma national minier de valorisation et de préservation du sous-sol », et « dans les cas exceptionnels », la création d’un « groupement momentané d’enquête » pour la formulation d’expertises et d’avis. Le texte, complété, devrait être présenté au Parlement au printemps de cette année.
  • Accord pour sauver la mer Morte. Historique, l’accord survenu en décembre entre Israël, la Jordanie et l’Autorité palestinienne prévoit la construction d’un pipeline de 180 km entre la mer Rouge et la mer Morte. Il permettra d’accroître la ressource en eau des trois partenaires, avec la construction d’une usine de désalinisation. Les travaux doivent durer trois ans, le coût du projet est estimé entre 300 et 400 millions de dollars pour le pipeline.
  • Echec de la campagne d’éradication des blaireaux en Grande-Bretagne. La décision de supprimer 70% des blaireaux, accusés de transmettre la tuberculose bovine, dans deux comtés, en Grande-Bretagne, entre septembre et octobre 2013, s’est soldée par un échec : seulement 39% des mustélidés ont été abattus. Les scientifiques soulignent, depuis plus de dix ans, qu’une telle mesure n’est pas la bonne pour contrôler l’épidémie de tuberculose bovine. Il a été indiqué également que cette campagne pourrait fort bien avoir contribué à propager davantage l’épidémie, les blaireaux blessés ou effrayés ayant tendance à fuir leur territoire pour s’établir ailleurs.
  • 3 000 chiens utilisés pour la recherche en France. En 2010, dernière statistique disponible, 3 032 chiens étaient utilisés dans les laboratoires français. La France est le pays européen leader des expérimentations animales, avec 2,2 millions au total en 2010. Dans l’ordre d’importance les souris (60,3%), les poissons (16,1%), les rats (11,5%), puis les lapins, les oiseaux, les équidés, ovins, caprins, amphibiens, carnivores et primates (0,1% pour ces derniers).
  • Les requins et les raies de France menacés. Selon le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, au moins 11 espèces de requins et de raies de France métropolitaine sont menacés. La pêche est le principal responsable. Le constat global devrait être alourdi, car pour les trois-quarts des espèces qui ont été étudiées, les données manquent afin d’estimer l’état de leurs populations.

 

Carnet 

Disparition de Robert Barbault. Professeur émérite à l’Université Pierre-et-Marie-Curie et au Muséum national d’Histoire naturelle, grand biologiste et défenseur de la biodiversité, il est décédé le 12 décembre dernier.

 

Manifestations

Colloque « Nous et l’Animal ». Le 7 décembre 2014, avec Yves Coppens, Boris Cyrulnik et Matthieu Ricard. Palais du Luxembourg. www.ecolo-ethik.org

 

Médias

  • « Les Calanques » de Henry Augier. Editions Sang de la Terre.
  • « La biodiversité une chance – nous avons un plan B ! » de Sandrine Bélier et Gilles Luneau. Editions Actes Sud.
  • « Toxique planète. Le scandale invisible des maladies chroniques » de André Cicolella. Editions du Seuil.
  • « Plancton, aux origines du vivant » de Christian Sardet. Editions Ulmer.
  • « Les gaz de schiste – Nouvel eldorado ou impasse ? » de Jean-Louis Fellous et Catherine Gautier. Editions Odile Jacob.