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Evénements

. Cacophonie de l’Europe sur le climat. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Europe, sur le dossier du climat, ne présente pas un front commun… Du côté des annonces manifestant un certain recul, la décision des Etats-membres, fin 2017, de prolonger jusqu’en 2035 les mécanismes les autorisant à financer les centrales à charbon en cas de pic de consommation électrique. Et plus récemment, le 12 janvier, ce qui est apparu à juste titre comme une décision très lourde de sens, l’abandon par l’Allemagne de ses objectifs climat pour 2020. Ces objectifs prévoyaient une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 40% par rapport à 1990. Cette décision s’expliquant par la pression du parti d’opposition (CDU-CSU) sur le parti au pouvoir (SPD), lequel a besoin d’un accord de coalition gouvernementale avec lui. Des signaux positifs, par contre, ont été envoyés par le Parlement européen. Le 17 janvier, il a retenu un objectif de neutralité carbone en Europe à l’horizon 2050. Ce qui ne semble malgré tout pas suffisant pour respecter la baisse prévue de 40% des émissions de gaz à effet de serre européennes d’ici à 2030. Le Parlement, par ailleurs, « souhaite » porter à 35%, d’ici à 2030, contre 27% prévu précédemment, la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie européenne. Un objectif louable, bien que non contraignant pour les Etats.

. Relance des forages en mer américains. Et c’est une relance tous azimuts. Le président américain Trump veut assurer la « dominance énergétique » de son pays, en détruisant toutes les protections des eaux américaines qu’avait instaurées son prédécesseur Barack Obama. Washington est ainsi décidé à autoriser à partir de 2019 l’exploration pétrolière dans 90% de ces zones. Et aussi dans l’Arctic National Refuge, un sanctuaire de l’Alaska, conjointement avec un assouplissement des régulations qui avaient été adoptées après la catastrophe de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon. Les gouverneurs des Etats de Floride et du littoral du  Pacifique, directement concernés par ces annonces, ont pris position fermement pour attirer l’attention des risques environnementaux que comporterait cette prolifération des forages à proximité de leurs côtes.

. Les océans manquent d’oxygène. L’étude du groupe de travail Global Ocean Oxygen Network, sous l’impulsion de l’Unesco, a montré en janvier que depuis les 50 dernières années, les zones de haute mer dépourvues d’oxygène ont quadruplé. Et les zones marines à faible teneur en oxygène, situées près des côtes, ont décuplé en surface depuis 1950, atteignant 4,5 millions de km2. Les zones mortes comme les zones malades impactent directement la biodiversité marine, qui ne peut pas survivre ou qui survit à grand’peine. Bien évidemment, ce sont les activités humaines qui sont les causes de ces dépérissements : déversement de produits chimiques de l’industrie et de l’agriculture (engrais), et en haute mer, réchauffement des eaux de surface dû à l’augmentation des gaz à effet de serre.

. La Chine veut s’imposer en Antarctique. Encore une initiative lourde de conséquences même pas potentielles, clairement attendues : la Chine a commencé la construction d’une cinquième station présentée comme scientifique sur le continent antarctique. A la mi-janvier, un brise-glace chinois a déposé les premiers éléments de cette station sur l’Ile Inexprimable, dans la mer de Ross, sur la côte sud. Ignorant manifestement le traité sur l’Antarctique, qui oblige ce pays à attendre l’examen de l’étude d’impact environnemental de cette nouvelle base, qui doit être réalisé par un comité composé de 39 pays. Examen devant avoir lieu en mai à Buenos-Aires (Argentine), aboutir à un document de synthèse (non contraignant), puis être suivi en septembre par une étude chinoise d’impact finale. Dans la mesure où les travaux en Antarctique ne sont possibles que dans une période de temps très courte, entre mi-novembre et début février, la Chine a gagné un an. Il existe déjà 52 bases scientifiques sur ce continent, et la cinquième base chinoise devrait être achevée en 2022. La Chine ne fait pas mystère de devenir un acteur essentiel dans cette région polaire. Laquelle, depuis le protocole de 1991, doit rester « terre de sciences et réserve naturelle », ce qui signifie particulièrement à l’exclusion de toute exploitation des ressources minérales.

. Marée noire en mer de Chine. Un pétrolier iranien, transportant 136 000 tonnes d’hydrocarbures, est entré en collision avec un cargo chinois, le 14 janvier, en mer de Chine orientale. La marée noire gigantesque qui s’est ensuivie menace jusqu’aux côtes du Japon. C’est la plus grande catastrophe de ce type depuis 1991, au large de l’Angola. La zone concernée est celle de frayère et d’hivernage de nombreuses espèces de poissons ciblées par la pêche, elle est aussi un corridor de migration des grands cétacés.

. La pêche électrique finalement repoussée par le Parlement européen. Après des mois de discussions et de pressions des pays voulant la maintenir (et particulièrement les Pays-Bas). Le vote, intervenu le 16 janvier, est sans effet sur les autres pratiques de pêche très préjudiciables aux poissons, et qui restent sans contrôle : la pêche au marteau-piqueur (en Méditerranée, pour les moules) ; la pêche à la dynamite (Asie, Turquie, Malte) ; la pêche à l’acide (Philippines) et au cyanure (Asie du sud-est) ; la pêche au filet maillant dérivant (Afrique du nord, et encore parfois en Italie) ; la pêche à la herse hydraulique (Etats-Unis).

. Le bio continue de progresser en France. Le nombre d’agriculteurs choisissant le bio a augmenté de 13,6% en 2017, ils sont maintenant 36 664 exploitants. 8,3% des fermes, et 6,5% de la surface agricole, sont consacrées à ce type d’agriculture. Le cap gouvernemental est celui d’atteindre 15% de la surface agricole en 2022. Ce qui fait soulever des questions, puisque le financement des aides publiques au maintien des agriculteurs bio a été supprimé à partir du début 2018.

. Des « tests-diesel » sur des humains et des primates. Nouveau scandale après celui du « dieselgate », concernant la majorité des constructeurs automobiles européens : les firmes allemandes Volkswagen, Daimler et BMW ont fait inhaler des oxydes d’azote (Nox) et notamment du dioxyde  d’azote (NO2), gaz hautement toxiques émis par les véhicules diesel, à des macaques et à des humains, pour vérifier, justement, leur degré de toxicité.  Même si ces tests remontent à quelques années (entre 2012 et 2015), leur révélation n’en finit pas de provoquer d’énormes remous, tout particulièrement dans la sphère gouvernementale allemande.

. Premier clonage de primates. Il fallait sans doute s’y attendre. Une équipe chinoise a réussi à cloner, pour la première fois, des primates, des macaques. Depuis le clonage de la brebis Dolly, en 1996, 23 autres espèces ont été concernées par cette création artificielle.

. L’arrêté français sur les delphinariums est annulé. Par le Conseil d’Etat, le 29 janvier, et pour « vice de procédure. » Cet arrêté, pris par le précédent ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, prévoyait en particulier l’interdiction de la reproduction en captivité des dauphins et des orques.

. La Chine interdit le commerce de l’ivoire sur son sol. A partir du 1er janvier 2018. Ce qui n’est pas une solution miracle (et à condition qu’elle soit respectée), dans la mesure où les clients chinois pour l’ivoire devraient continuer à se fournir dans les pays où ce commerce n’est pas interdit, comme le Vietnam, le Laos, ou le Japon.

Manifestations

. Salon de l’agriculture. Paris, porte de Versailles, du 24 février au 4 mars 2018.

 

Médias

. « Lettres des animaux à ceux qui les prennent pour des bêtes » d’Allain Bougrain Dubourg. Editions Les Echappés.

. « Les insectes familiers à la loupe » de Matthias Helb. Editions Delachaux et Niestlé.

. « Pour éviter le chaos climatique et financier » de Jean Jouzel et Pierre Larrouturou. Editions Odile Jacob.

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