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Evénements

  • Climat : le seuil de 1,5°C sera dépassé. La limitation de l’augmentation des températures
    du monde à 1,5°C en 2020 , envisagée par l’accord de Paris en 2015, ne sera pas réalisée, en
    raison des indicateurs actuels, qui sont presque tous à la hausse. En 2017, un groupe
    d’universités et de « think tanks », réunis dans la campagne « mission 2020 », avait listé les
    progrès à faire pour arriver à cet objectif de 1,5°C. Cela comprenait, dès 2020, la primauté des
    renouvelables sur les industries fossiles, l’arrêt de la déforestation et la restauration des terres,
    l’utilisation de moyens de communication qui n’induisent pas de pollution. Mais en janvier, le
    World Resources Institute américain a réalisé un constat global de la situation actuelle
    montrant qu’il y a encore assez loin de la coupe aux lèvres. Certes, les renouvelables
    progressent, ils ont représenté 25% de la production d’électricité du monde en 2017.
    Cependant la puissance thermique représentée par les centrales à charbon continue de croître.
    Et si les ventes de voitures électriques sont elles aussi fortement en hausse, elles n’assurent
    que 1,4% des ventes totales de nouveaux véhicules, elles ne seront que 3% en 2020, bien loin
    de l’objectif de 15 à 20% en 2020. En ce qui concerne aussi les transports, l’aviation
    n’enregistre que de timides progrès dans la réduction de l’intensité de ses émissions – le
    transport maritime, lui, s’est engagé à faire baisser ses émissions de 50% en 2050, mais
    actuellement, rien ne se traduit réellement en ce sens. La déforestation continue, et la
    restauration des terres dégradées, si elle concerne 23 millions d’hectares, est insuffisante par
    rapport aux 150 millions d’hectares prévus pour 2020. Au total, les investissements pour lutter
    contre le réchauffement climatique se sont établis en 2016 entre 455 milliards et 681 milliards
    de dollars en 2016. Mais l’objectif de 1 000 milliards de dollars par an, pour 2020, ne sera pas
    vraisemblablement atteint. En conséquence, il est d’ores et déjà évident que contenir les
    températures de la planète à une hausse de 1,5°C d’ici l’an prochain semble hors de portée.
  • Les espaces vierges du monde se réduisent comme une peau de chagrin. 77% des
    continents (hors Antarctique) et 87% des océans ont été altérés par les activités humaines.
    Entre 1993 et 2009, ce sont 3,3 millions de km2 d’espaces vierges qui ont été perdus dans le
    monde (urbanisation, agriculture, exploitation minière, pêche, etc.). Les forêts boréales, les
    toundras et les déserts restent relativement épargnés, justement parce que les hommes
    n’éprouvent pas (encore) d’intérêt pour les exploiter. Mais les prairies, les forêts tempérées,
    les forêts méditerranéennes, les forêts tropicales humides, sauvages, ne sont presque plus dans
    leur état d’origine. Il n’y a que cinq pays qui peuvent assurer une souveraineté sur 70% des
    terres restées vierges du monde : le Canada, la Russie, l’Australie, les Etats-Unis et le Brésil.
    Les menaces sont particulièrement à l’ordre du jour pour l’Antarctique (la pêche au krill fait
    l’objet d’une compétition exacerbée entre la Norvège, la Russie et la Chine), l’Australie
    (prolifération des exploitations minières), le Brésil (la déforestation continue à un rythme
    alarmant).
  • Un Office français de la biodiversité ? Les grandes manœuvres sont en cours actuellement pour réaliser un projet du gouvernement considéré comme essentiel : marier l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Et ce, à l’horizon 2020. Il porterait donc le titre de « Office français de la biodiversité. » Le projet de loi afférent devait être examiné par l’Assemblée nationale en janvier, et devra faire l’objet d’un passage devant le Sénat en mai. Ce projet représente en particulier un stade ultime de la réforme de la chasse, désirée par le Président de la République, et dont la mesure la plus significative a été la baisse de 50% du prix du permis de chasser (de 400 à 200 euros). Les chasseurs, qui s’étaient depuis le départ montrés hostiles à l’idée d’abandonner leur propre structure, ont changé de position, en raison des avantages pour eux qu’ils voient maintenant dans le rôle qu’ils occuperont au sein de ce nouvel organisme. Lequel devrait disposer d’un budget global de 340 millions d’euros, représentant l’addition des budgets des deux entités. Une de ses composantes essentielles sera d’assurer la police de l’environnement, pour la préservation des milieux naturels et le respect des réglementations concernant la chasse et la pêche.
  • Juin 2020 : congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Il se tiendra en France, à Marseille. Une incitation pour le gouvernement français à mettre en place, à cette date, l’Office français pour la biodiversité.
  • En France, la pêche durable n’est pas vraiment présente sur les étals. L’Association de consommateurs UFC-Que choisir a fait un constat concernant 1134 hyper- et supermarchés de l’hexagone, relatif à la présence de poissons qui ne sont pas pêchés durablement, ou même provenant de stocks déjà surexploités : cela représente 86% de l’offre. Les trois espèces ciblées sont la sole, le bar et le cabillaud, qui à elles seules assurent 30% des 120 000 tonnes de poisson consommées chaque année. Il n’y a que des indications floues (quand elles existent) sur les zones de pêche, et les méthodes agressives de pêche pour le milieu marin (chaluts, sennes) continuent à être utilisées par la profession.
  • Un zoo-refuge pour animaux sauvés. C’est une in tiative originale, qui devrait voir le jour au printemps 2020 : un refuge pour des animaux ayant échappé au braconnage, retirés à des particuliers en infraction sur leur détention, ou bien « réformés » de laboratoires qui les utilisaient pour des expériences. Ce zoo, qui s’appellera « La Tanière », est déjà en préfiguration, près de Chartres (Eure-et-Loir), avec la ferme pédagogique de la Renaissance, et accueille actuellement 300 animaux. Il en recevra de nombreux autres, pris en charge par une équipe de 45 animaliers-soigneurs et vétérinaires. Ce projet est dû à Patrick et Francine Violas.
  • Les guépards, en voie d’extinction pour cause de « compagnie. » La « mode » dans les pays du Golfe (Arabie saoudite, Emirats, Qatar, Bahreïn, Koweït) d’avoir un léopard est fatale à ces animaux, capturés en Afrique, et utilisés illégalement comme animaux de « compagnie. » Il est estimé que chaque année, ce sont 300 guépards qui sont arrachés à leur milieu naturel, pour être vendus (très cher, jusqu’à 15 000 dollars) à ceux qui les réclament. Au début du XXe siècle, il y avait peut-être 100 000 guépards sur le continent africain. Ils ne sont plus que 7 100 actuellement, et leur chute dramatique s’est largement intensifiée ces vingt dernières années. Ces animaux sont braconnés dans la Corne de l’Afrique, au nord du Kenya et en Ethiopie. Ils sont expédiés par boutre vers le Yémen, et de là, dans les pays du Golfe. Les ONG estiment que plus de la moitié, et sans doute les trois-quarts, des animaux, meurent en cours de route, faute de soins. Et sur place, dans leur nouvel environnement, ils succombent assez vite, en raison, notamment, d’une alimentation sans aucune commune mesure avec ce dont ils auraient besoin, et en raison de maladies. C’est par l’intermédiaire des réseaux sociaux que ce trafic prospère largement. Et c’est le réseau Instagram qui assure l’essentiel de cette activité. Le sort des guépards est lié à l’implication, dans les pays de capture, des populations locales, très souvent, qui ont un intérêt financier à faciliter leur braconnage, d’autant plus qu’en Afrique les grands félins continuent à être considérés comme les ennemis de l’espèce humaine, dans son activité d’exploitation du bétail. En plus des guépards, quantités d’autres espèces sont prisées dans cette région du Golfe, et leur commerce illégal alimente des flux toujours plus importants, pour la « compagnie » : les lions, les léopards, les chimpanzés, les tortues, les serpents, les autruches, les gazelles, les hyènes – et provenant d’autres espaces de la planète, les jaguars d’Amazonie, les orangs-outans d’Indonésie, les tigres d’Inde ou de Russie, la liste n’est pas exhaustive.

 

Manifestations

  • « Les forêts aussi migrent ». Conférence d’Antoine Kremer, généticien, directeur de
    recherches à l’unité mixte de recherches Biogeco à l’INRA. Le 19 février 2019. A la Cité des
    sciences et de l’industrie, Paris. Dans le cadre du cycle de conférences « Humains, baleines,
    forêts, tracent la route. »

 

Médias

  • « L’aventure de la biodiversité » de Hervé Le Guyader. Editions Belin.
  • « La belle histoire des volcans » de Henry Gaudru et Gilles Chazot. Editions De Boeck Supérieur.
  • « Un jour avec les dinosaures » de Christine Argot et Luc Vivès. Co-édition Flammarion/Muséum national d’Histoire naturelle.
  • « Finance, climat, réveillez-vous ! Les solutions sont là » avec Anne Hessel et Jean Jouzel. Editions Indigène.
  • « Homo Canis » de Laurent Testot. Editions Payot.
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