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Revue d’Actualité – Mardis de l’Environnement – Juillet 2014

Evénements :

  • Présentation du projet de loi sur la transition énergétique en France. La ministre française de l’Ecologie a communiqué au conseil des ministres, le 18 juin, le projet de loi sur la transition énergétique. Il comprend plusieurs grands volets : la réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin de remplir l’objectif européen de baisse de 40% de ces émissions d’ici à 2030 ; la diminution de 30% de la consommation d’énergies fossiles en 2030 et de 50% de la consommation énergétique en 2050 ; l’augmentation à 32% de la part de la consommation énergétique en énergies renouvelables en 2030 ; la réduction à 50% de la part du nucléaire en 2025. Diverses mesures sont également prévues pour la rénovation thermique des bâtiments, l’aide à l’achat de véhicules électriques, le plafonnement de la capacité du parc nucléaire.
  • OGM, un accord européen non dénué d’ambiguïtés. L’accord européen intervenu à la mi-juin sur les OGM comporte des avancées, mais également des points problématiques. Avancées : les Etats pourront s’opposer à ces cultures « sur tout ou partie de leur territoire. » Mais les Etats pourront négocier directement avec les industriels du secteur et ne s’opposer à leurs produits qu’en fonction de risques socio-économiques, éthiques, ou d’ordre public, et non environnementaux ou sanitaires, deux points essentiels. Ce qui pose par ailleurs la question du poids de ces groupes industriels face à celui des Etats. Le texte doit être examiné par le Parlement européen en septembre prochain. 
  • La consommation de produits bio a augmenté en France de 9% en 2013. Ils ne représentent pourtant encore que 2,5% du marché alimentaire. Les surfaces cultivées en bio ont également progressé de 9%. Toutefois les aides au maintien de l’activité bio, qui sont du ressort des régions, marquent le pas.
  • La criminalité environnementale prend une ampleur inégalée. Selon Interpol, elle a représenté, en 2013, 156,6 milliards d’euros. Dont celles de la faune et de la flore, 17 milliards, des bois, 22 à 73,5 milliards (la distorsion des chiffres montre bien l’opacité des trafics), la pêche, 8 à 22 milliards (même constatation que précédemment). En comparaison, l’aide publique internationale au développement, pour la même année, a atteint 135 milliards d’euros.
  • Le Marais poitevin en France redevient parc naturel. Le label lui a été à nouveau attribué, à la mi-juin, après 17 années passées à la reconquête des zones humides, qui avaient été largement dénaturées par les cultures céréalières.
  • Les Virunga préservés. Le parc des Virunga, en République démocratique du Congo, un des plus importants sites naturels d’Afrique, ne sera pas soumis à l’exploitation pétrolière. Le groupe britannique Soco a annoncé, le 11 juin, qu’elle retirait son projet, après les compagnies française Total et italienne ENI. Une forte mobilisation internationale pour la protection des Virunga a permis d’obtenir ces résultats.
  • La Grèce brade son patrimoine naturel. Confronté au problème de remboursement de ses dettes abyssales, le gouvernement grec a entrepris de privatiser, en vendant à des entrepreneurs, une partie de son patrimoine naturel. Les plages d’Elafonissos sont les premières citées, mais plus de 90 plages sur des dizaines d’îles sont concernées. Cette privatisation est tous azimuts : également prévue la vente de dizaines de ports et de marinas, 37 aéroports régionaux, quantité de biens immobiliers de l’Etat, plusieurs sociétés dans le secteur de l’eau, des chemins de fer, des autoroutes, de l’électricité, etc.
  • Un refuge pour Kiribati aux Fidji. Confronté au problème de l’élévation du niveau des océans en raison du réchauffement climatique, l’Etat de Kiribati, dans le Pacifique (110 000 habitants sur 33 ilots dispersés sur 3,5 millions de km2), vient d’acheter 20 km2 d’une île de l’archipel des Fidji, à 2 000 km de distance, afin d’y faire se réfugier, en cas de submersion de son territoire, tout ou partie de sa population.
  • Les poissons de Méditerranée surexploités. La Commission européenne a lancé un cri d’alarme, à la mi-juillet, concernant la pêche en Méditerranée. 96% des espèces benthiques et 71% des espèces vivant en eaux médianes sont surexploitées. Cette mer est sillonnée par 82 000 bateaux de pêche, mais sauf pour le thon rouge, aucun quota ne leur est opposable. Les prises sont donc en constante diminution, et les pollutions sont également mentionnées comme une cause pour expliquer ce phénomène.
  • Le loup en France à nouveau au banc des accusés. Le loup, mais également l’ours, le vautour et le lynx, font actuellement à nouveau l’objet d’une campagne de leurs opposants (essentiellement du monde de l’élevage), qui dénoncent les prédations sur le bétail imputées à ces espèces. La ministre de l’Ecologie entend certainement ces protestations, car elle a pris des arrêtés, fin juin, pour le loup, qui sont dénoncés sévèrement par les protecteurs de la nature : 24 loups pourront désormais être « prélevés » tous les ans, et 36 si le seuil initial est atteint en cours d’année ; l’autorisation est donnée aux préfets, dans les départements les plus problématiques, d’abattages lors de battues au grand gibier, et de tirs d’effarouchement dans les parcs nationaux.

 

Nominations :

Laurence Tubiana, ambassadrice climat de la France. Elle a été nommée début juin, dans le cadre du ministère des Affaires étrangères. 

 

Médias :

  • « Vivre avec les bêtes » disparaît. Cette émission-phare sur les animaux, animée par Elisabeth de Fontenay et Allain BougrainDubourg, a été supprimée par son producteur, France Inter, à la mi-juin.
  • « 24/7, le capitalisme à l’assaut du sommeil » de Jonathan Crary. Editions Zones.
  • « Plaidoyer pour la forêt tropicale » de Francis Hallé. Editions Actes Sud.
  • « Rêves arctiques » de Barry Lopez. Editions Gallmeister.
  • « L’adaptation de la France au changement climatique mondial » de Antoine Bonduelle etJean Jouzel. Les éditions des Journaux officiels.
  • « Résistance naturelle », film de Jonathan Nossiter. Sur le monde viticole.
  • « La fête sauvage », film de Frédéric Rossif. 38 ans après sa sortie, le retour sur les écrans d’un documentaire célèbre.

 

Manifestations : 

  • « Nuit », exposition du Muséum national d’Histoire naturelle. Jardin des Plantes, Paris, jusqu’au 3 novembre 2014.
  • « Des océans et des hommes », exposition du Muséum d’histoire naturelle, Marseille. Palais Longchamp, jusqu’au 4 janvier 2015.

 

Le fait du mois :

Quand le yéti refait parler de lui. Mais c’est pour voir le mythe largement s’effondrer. Une équipe anglo-franco-suisse a analysé les fragments d’ADN d’échantillons de poils de prétendus yétis, récoltés un peu partout dans le monde. Deux échantillons appartiendraient à une espèce hybride non décrite d’ours polaire et d’ours brun du pléistocène (il y a 150 000 à 200 000 ans). Mais tous les autres échantillons, plusieurs dizaines, sont d’ours bruns ou noirs, de chevaux, de raton-laveur, de mouton, de canidés, de vaches, et même d’humain…