La revue d’actualité de la SERE par Alain Zecchini

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Evénements

  • Au sommet du G20, l’isolement américain sur le climat. Le communiqué final du G20, le sommet annuel des 20 plus grandes économies du monde, ne laisse aucune équivoque : « Nous prenons note de la décision des Etats-Unis d’Amérique de se retirer de l’accord de Paris. » A Hambourg (Allemagne), les 7 et 8 juillet, l’inflexion de l’administration Trump a été actée, les autres puissances réaffirmant, de leur côté, qu’elles considéraient l’accord de Paris comme irréversible. La délégation américaine a souligné le droit, à son sens, des Etats à utiliser les industries fossiles, et indiqué que les Etats-Unis se proposaient d’aider ceux d’entre eux qui continueraient à le faire, même dans une perspective qualifiée de « propre. »
  • Sommet sur le climat en France en décembre. Le Président Macron a annoncé la tenue d’un sommet sur le climat en France, à Paris, le 12 décembre prochain.
  • Lancement du plan climat du nouveau gouvernement français. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a dévoilé le 6 juillet le plan climat que le gouvernement français entend mettre en œuvre. Beaucoup d’effets d’annonce pour le moment, qui demandent à être matérialisés par des budgets et des calendriers précis. Parmi les mesures les plus emblématiques, la fin de la vente des voitures à essence et diesel d’ici à 2040, avec des incitations financières pour acquérir des voitures à moteur hybride ou électrique. Au total,  23 propositions faites par le ministre. Elles concernent aussi les objectifs de la neutralité carbone en 2050 ; de la fin des industries fossiles, avec l’arrêt de la production de pétrole et de gaz en 2040 ; de la transformation du modèle agricole, et de la protection des écosystèmes ; de la promotion de l’économie circulaire ; d’une baisse de 75% à 50% de la part de l’électricité issue du nucléaire en 2025. Sur ce dernier point, Nicolas Hulot a précisé ultérieurement que 17 réacteurs nucléaires, sur un parc de 58, pourraient être fermés à terme.
  • Perturbateurs endrocriniens : l’Europe baisse la garde. Après un an de discussions, les Etats membres de l’Union européenne ont adopté une définition des perturbateurs endrocriniens (des substances chimiques suspectées d’être à l’origine de plusieurs maladies) qui apparaît davantage comme la victoire des industries chimiques que celle des défenseurs de la santé humaine. La France, jusque-là favorable à leur interdiction, a voté le texte, qui établit certes des restrictions, mais qui ne s’attaque pas au fond du problème. Ces substances sont en effet présentes dans toute la chaîne alimentaire et dans l’environnement : et les pesticides sont les premiers concernés. Les nouveaux critères devraient justement permettre de retirer du marché, à l’avenir, les pesticides contenant des perturbateurs endrocriniens, encore faut-il que le règlement européen de 2009 sur les pesticides soit appliqué.
  • Un gigantesque iceberg détaché de l’Antarctique. En juillet, un bloc de glace d’un milliard de tonnes, sur 5 800 km2, s’est détaché de la plate-forme Larsen C, à l’ouest du continent. Sans nul doute, sous les effets du réchauffement climatique. Les températures ont augmenté de 2,4°C depuis 1958 dans cette zone.
  • Plan de dépollution dans le delta du Niger. Le gouvernement du Nigéria vient de lancer un plan de dépollution du delta du Niger présenté comme le plus important au monde. La région, qui concentre l’essentiel de la production de pétrole et de gaz du pays, est extrêmement contaminée par les fuites et les marées noires des oléoducs, et ce depuis très longtemps (7 000 fuites recensées entre 1970 et 2000, notamment). Un milliard de dollars ont déjà été versés par les industries pétrolières pour les cinq prochaines années. Mais le nettoyage total de cette zone est prévu pour durer trente ans…
  • 65 065 espèces d’arbres dans le monde. Un inventaire exhaustif, et le premier obéissant à des critères considérés comme définitifs, a été entrepris pour dénombrer les espèces d’arbres de la planète. Donc il y en aurait 65 065, selon le maître d’œuvre de l’étude, le Botanic Gardens Conservation International de Grande-Bretagne. 45% des essences appartiennent à une dizaine de familles. C’est en Amérique du Sud que l’on trouve le plus d’espèces. Et c’est l’Amazonie qui est le plus grand massif forestier du monde, et le plus diversifié, avec 16 000 espèces.
  • Nouveau cri d’alarme pour la biodiversité. Une équipe américaine et mexicaine a établi une nouvelle recension des espèces animales en péril dans le monde, qui montre une nouvelle détérioration de leur statut. Sur 27 600 espèces de mammifères terrestres étudiés, 32% ont vu leurs populations diminuer et leurs aires de répartition se réduire. Et l’aire de répartition de 177 espèces en particulier a baissé de 80% pour plus de 40% d’entre elles de 1900 à 2015. En cause, comme toujours, les activités humaines, avec l’accent mis, et c’est relativement nouveau, sur la surpopulation et la surconsommation.
  • Le Vietnam libère des ours. Il a promis de le faire en tout cas. Il s’agit d’ours qui sont emprisonnés en cage, exploités dans plus de 400 fermes pour leur bile, l’abdomen transpercé par un cathéter. Cette mesure annoncée concernerait un millier de ces plantigrades. Le Vietnam n’est pas le seul pays à se livrer à ces pratiques pour un marché actif (la bile d’ours est considérée comme un remède pour quantité d’affections dans toute l’Asie). Les fermes d’ours en Chine sont bien plus nombreuses.
  • 40 loups à supprimer en 2017-2018 en France. C’est le quota fixé par le ministère de la Transition écologique. Pour 2016-2017, ce quota était de 36, mais deux nouveaux arrêtés avaient porté ce chiffre à 40. Ce nouveau quota a fait l’objet d’âpres discussions entre le ministère responsable et celui de l’agriculture, qui voulait un chiffre nettement supérieur. Le ministre a promis de réunir tous les acteurs de la filière en septembre prochain, de manière à construire une nouvelle stratégie à partir de 2018. Car en l’état, le nouveau quota ne satisfait aucune des parties en présence. Les défenseurs de l’animal mettent en avant notamment qu’une expertise de Muséum national d’Histoire naturelle, en mars, avait conclu que les abattages ne devaient pas dépasser 10% de la population lupine ; or ces trois dernières années, ils en ont représenté 14%.
  • 10 millions de tonnes de poissons perdues. Soit 10% des stocks capturés par l’industrie de la pêche dans le monde. Selon une étude de chercheurs canadiens et australiens. Ce sont des poissons détériorés par les filets, ne correspondant pas aux espèces ciblées, ou d’une taille trop petite.

 

Médias

  •  « Les Tourbillons de la vie. Une simple histoire de nos origines » de Vincent Fleury. Editions Fayard.
  • « Sur la piste animale », collectif. Editions Glénat, Fondation François Sommer et ONCFS.