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Evénements

. Réchauffement climatique : l’activité humaine est confirmée. Il ne fait maintenant plus aucun doute sur les incidences des activités humaines au regard du réchauffement climatique. Le pool de chercheurs ayant publié une étude sur le sujet dans les revues Nature et Nature Geoscience, le 24 juillet, a produit des résultats que les scientifiques considèrent comme les plus fiables jusqu’à ce jour. Ce réchauffement est sans équivalent en raison de son amplitude et de sa vitesse. Et il touche la presque-totalité de la planète. Sur les deux derniers millénaires, il y a eu une succession de périodes chaudes et de petits âges glaciaires, mais aucun de ces événements climatiques n’a affecté l’ensemble de de la Terre.  Au Moyen-Age, par exemple, la surface de la planète touchée par un « optimum climatique (températures extrêmes) (dans les années 800-1200), n’a été que de 40%. Les variations climatiques dans ces temps anciens étaient dus soit à des facteurs naturels (soleil, volcans), soit à de la variabilité spontanée (fluctuations de courants marins, de la circulation atmosphérique régionale), a estimé Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue. Mais cela n’affectait pas tout le climat planétaire. Or aujourd’hui, 98% de la surface de la planète connaît sa température la plus chaude depuis 2000 ans, et cette hausse des températures a pris naissance à la seconde moitié de XIXe siècle, elle a été rapportée à la révolution industrielle. Il n’y a guère (et ce n’est pas un constat définitif) que le continent antarctique restant un peu à l’abri de ce réchauffement, même si l’on fait état, de plus en plus, de glaciers qui se détachent et finissent dans la mer. Les facteurs naturels ne peuvent expliquer la vitesse et la structure spatiale du réchauffement actuel, estiment les auteurs de l’étude. Ce sont les activités humaines qui en sont responsables.

. Les glaces marines de l’Antarctique fondent « trop vite ». Car en sus de ses glaciers, l’Antarctique est confronté à une fonte des eaux marines gelées, des glaces marines qui l’entourent. En fait, cette fonte semble suivre des variations pour le moment non explicables. Car on a constaté qu’en 2014, ces glaces avaient augmenté de manière très sensible, atteignant 12,8 millions de km2, quand bien même le phénomène du réchauffement climatique était à l’œuvre depuis longtemps. Et en 2017, retournement de tendance, le niveau des glaces baisse très significativement, elles n’atteignent plus que 10,7 millions de km2. En 2018, il y  eu une très légère reprise de la glaciation marine, mais depuis le début 2019, elle chute à nouveau. Pour le moment, aucune explication globale ne peut être tirée de ce phénomène de variation.

. Le CETA est ratifié en France, mais… L’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne a été ratifié par l’Assemblée nationale, en France, le 23 juillet dernier. Mais il a soulevé, et soulève encore, des réticences ou des oppositions, en raison de certaines dispositions problématiques. Il facilite l’entrée sur le marché européen de produits alimentaires canadiens qui ont fait l’objet d’ajouts, ou de transformations : du bœuf nourri de farines animales provenant notamment … de bœuf , quand l’Europe, quant à elle, interdit ce type de procédé (mais a autorisé ces importations …) ; du saumon qui a fait l’objet de manipulations génétiques pour se développer en 18 mois au lieu des 3 années habituelles, et même si l’Europe interdit la mise sur le marché de ce produit ; du colza OGM, déjà autorisé en Europe, servant essentiellement de nourriture au bétail ; du poulet aux hormones de croissance, interdit en Europe, et il a été annoncé que la Canada pourrait créer des filières certifiées sans hormones ; et le traitement du colza à l’herbicide 2,4-D, dont tant le Canada que les Etats-Unis veulent abaisser la limite maximale de résidu, en clair assouplir les normes le régulant, quand il est plus que probable qu’il soit cancérigène. En toile de fond, et même sur le devant de la scène, ce qui se joue largement avec ce traité, c’est l’offensive du Canada pour faire échec aux normes sanitaires européennes concernant les pesticides et les OGM. Et ce, depuis des années, en fait depuis 2013. Les Etats-Unis ne sont pas en reste, appuyant largement les positions d’Ottawa. A cette date, les deux pays sont partis en guerre contre le nouveau règlement européen sur les pesticides, qui a prévu d’interdire toutes les substances dangereuses pour la santé (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques, etc.), qui étaient jusque-là autorisées en l’absence d’effets nocifs sur la santé ou sur l’environnement. L’Europe a mis en avant le principe de précaution, et le Canada comme les Etats-Unis y voient  une nuisance pour le libre-échange de produits agricoles (et, naturellement, une menace pour les producteurs de pesticides comme Bayer-Monsanto et Corteva).

. La Chine et les « nouvelles routes de la soie ». On le sait, cette expression est une litote pour désigner les grands projets de routes commerciales de la Chine à travers le monde, visant à faciliter l’essor de son économie. Ces projets ont reçu un nouveau nom, une autre litote, un peu plus claire, « la ceinture et la route. » Mais l’ambition reste la même. Elle se décline, notamment, dans deux régions du monde. Dans les Balkans, ce pays finance et construit des centrales à charbon. Et pas seulement dans les Balkans, puisqu’elle soutient un quart des projets de centrales à charbon mondiales. Quand bien même on sait que ces structures, qui produisent de l’électricité, sont très néfastes pour le climat, en raison des quantités importantes de CO2 qu’elles génèrent. Dans la zone des Balkans, ce sont la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, et la Roumanie, qui sont concernées jusqu’à présent par les investissements chinois. Les ONG de défense de l’environnement soutiennent que ces projets ne respectent pas les réglementations environnementales. Un autre domaine d’action de la Chine est celui des complexes touristiques, lesquels se développent largement dans le monde depuis plusieurs années et génèrent des profits importants. Ce pays a notamment jeté son dévolu sur le Cambodge. Une société chinoise a obtenu une concession de 99 ans sur 450 kilomètres carrés du littoral cambodgien, soit l’équivalent de 20% de sa longueur. La construction du « Dara Sakor Seashore Resort » est déjà entamée. Le complexe devrait comprendre hôtels de luxe et villas privées, casino, golfs, aéroport international, port de commerce. Et non loin de ce complexe existe, à Koh Kong, un autre aéroport et un autre port. Selon les analystes, ils pourraient être transformés pour devenir un port de guerre, et l’aéroport également devenir à vocation militaire. La Chine ne fait pas mystère de ses ambitions dans cette région du monde. Le Cambodge, à cet égard, est bien situé pour les faciliter.

. Des embryons animaux-humains. Le Japon a donné le feu vert, le 24 juillet, à un projet qui vise à faire se développer un pancréas chez des embryons de rats et de souris grâce à l’utilisation de cellules souches humaines. Le résultat, ce serait un organe humain qui pourrait être destiné à une greffe. C’est une première. Jusqu’à présent, ce pays interdisait les chimères humain-animal, et les chercheurs devaient détruire les embryons de ce type, qu’ils avaient pu produire, au bout de quatorze jours. Cette technique reste proscrite en France. Elle se décline par les étapes suivantes : un ovocyte fécondé de rate est rendu inopérant par la modification génétique de créer un pancréas ; des cellules souches pluripotentes induites (iPS) humaines sont introduites ; l’ ovocyte est transplanté dans un utérus ; un pancréas provenant des cellules iPS humaines est créé dans la région où le pancréas du rat était censé se développer. Les chercheurs japonais responsables de cette manipulation restent pour l’heure prudents, mais il n’empêche que des risques existent, qui ont été mis en avant par certains de leurs collègues français. Ces risques sont ceux d’une « humanisation de l’animal », avec la possibilité d’une dissémination des cellules iPS dans le cerveau, avec l’altération de la cognition, voire l’apparition de caractères extérieurs (mains, pieds, visage) ressemblant à ceux des humains.

. 10 loups à abattre en 2019. Ils ne seront peut-être pas tous abattus, mais c’est le nouveau quota fixé par arrêté conjoint des ministères de la transition écologique et de l’agriculture, le 26 juillet, qui officialise les mesures annoncées en mai. Le plafond des « prélèvements » autorisés était de 10% de la population de ces canidés en 2018, avec une majoration possible de 2%. Il est donc, pour cette année, de 17%, avec cette même majoration éventuelle. Ce taux de 17% est rapporté à une population lupine de 530 individus. Au 24 juillet, il y avait déjà 48 loups inscrits comme abattus, avec 16 autres, « morts de cause accidentelle, naturelle ou indéterminée » selon les autorités. L’Aspas comme l’association de défense des grands prédateurs Ferus ont déposé, le 29 juillet, une requête devant le Conseil d’Etat contre cet arrêté du 26 juillet. Parallèlement, durant tout l’été, les éleveurs ont manifesté et fait pression pour accentuer les mesures contre le loup, qu’ils considèrent toujours comme un nuisible n’ayant pas sa place dans le paysage des activités humaines.

. Reprise de la chasse à la baleine. Le Japon a entamé, le 1er juillet, une nouvelle campagne de chasse à la baleine, qui vise essentiellement le petit rorqual. Toutefois on peut signaler quelques changements qui semblent aller dans un sens « moins pire ». En effet, cette chasse ne se déroule plus en haute mer, notamment dans les eaux antarctiques comme c’était le cas jusqu’à présent, mais dans sa zone d’exclusivité économique, le long de ses côtes. Certains chercheurs ou responsables d’ONG voient dans cette décision un reflux du Japon sur le dossier des cétacés, peut-être un début de désengagement, qui pourrait être facilité par le fait que la viande de baleine n’a plus véritablement la faveur des consommateurs. Il reste que le niveau des prises de baleines dans les eaux japonaises doit être suivi avec attention, le risque existant que les populations de ces grands cétacés ne soient mises en péril par des prises importantes.

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