Evénements

. Grenelle des radiofréquences : un petit début. La conférence interministérielle sur les radiofréquences a produit des résultats limités, à la mesure des réticences du milieu industriel concerné : interdire l’usage du téléphone portable à l’école ; généraliser la fourniture des oreillettes avec les portables ; interdire la vente des portables conçus pour les moins de 6 ans. La principale revendication des associations, l’abaissement des seuils d’exposition, n’a pas été autrement retenue que par la perspective de faire des expérimentations. A la conférence doit succéder un comité de suivi. Le débat ne devrait être véritablement relancé qu’avec la publication, en septembre, d’un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), en attendant la sortie, toujours repoussée, du rapport Interphone sur ces questions au niveau européen.

 

. La Corée du Sud parie sur la croissance verte. Séoul a lancé en mai un plan très ambitieux d’investissements dans les technologies écologiques, avec 2,8 milliards € d’ici à 2012. Il se décline avec le développement des énergies renouvelables ; la création d’un marché des émissions de carbone ; la régénération des rivières polluées ; l’instauration d’un système d’écotaxes pour inciter les entreprises à produire écologique. Ces mesures viennent-elles « racheter » l’attitude de ce  pays, où de grands travaux d’aménagement menacent l’environnement, et qui n’a pas signé le protocole de Kyoto ?

 

. La France donne un prix à la nature. Le rapport du groupe présidé par Bernard Chevassus-au-Louis, « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes » tente un chiffrage des services rendus par la nature. Il a été avalisé par le gouvernement. Il est centré sur la notion de ne pas se voir se développer une marchandisation de la nature, qui serait justifiée par l’analyse économique ; mais de prendre en compte, au contraire, dans tous les cas d’aménagements indispensables, la démarche « Eviter- atténuer-compenser. »

 

. Préparation du sommet climatique de Copenhague. Etape importante avant le sommet de Copenhague sur le changement climatique, en décembre, la réunion à Paris, en mai, de 17 pays représentants 80% de la consommation mondiale d’énergie, a permis de tester les positions. L’Europe a maintenu son exigence de changements radicaux en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES), les Etats-Unis ne semblent pas prêts à faire les mêmes efforts.  Parmi les propositions émises qui pourraient être discutées à Copenhague, il faut noter celle du Mexique de créer un mécanisme de financement de projets destinés à réduire les effets du réchauffement climatique, « Un fonds vert mondial », suivant le ministre Jean-Louis Borloo, qui serait abondé par les pays en fonction de leur niveau d’émission de GES et de leur PIB. D’autres réunions sont prévues avant Copenhague, l’une à Bonn (Allemagne) du 2 au 12 juin, suivies de trois autres.

 

. Une nappe phréatique majeure polluée. La nappe phréatique de Champigny (Seine-et-Marne en majorité), qui alimente en eau potable un million de franciliens, est polluée par les produits phytosanitaires anciens déversés par les agriculteurs, et devrait l’être, à terme, par de nouveaux produits (glyphosate, un herbicide). Des actions préventives sont menées pour diminuer les intrants. Mais l’on estime qu’il faudra 20 ans pour rendre à cette nappe sa pureté originelle.

 

. Un circuit de formule 1 contesté. Le terrain prévu pour ce circuit (aux Mureaux, Yvelines) est situé au-dessus d’une nappe phréatique qui dessert en eau potable 600 000 franciliens ; de plus, il était destiné à des exploitations d’agriculture biologique. L’arbitrage sur ce projet doit être rendu au niveau gouvernemental.

 

. La course à l’extension des limites souveraines maritimes. Plus de 40 pays ont déposé une demande d’extension des limites maritimes de leur souveraineté, en vertu de la convention de Montego Bay. L’acceptation d’une telle demande (par une Commission des limites du plateau continental) peut étendre leurs droits jusqu’à 350 milles marins de leurs côtes, quand jusqu’à présent ils sont limités à 200 milles (zone économique exclusive, ZEE). L’enjeu est énorme : l’exploitation des ressources pétrolières, minières et biologiques (à l’exclusion de la pêche). La France notamment (ZEE de 10 millions km2) revendique 1 million km2 supplémentaires.

 

. Des barrages qui ont des failles. De grands chantiers de barrages dans le monde attirent les préoccupations pour leurs impacts écologiques. Au Brésil, plusieurs centrales hydroélectriques sont en construction sur l’Amazone ; en Inde, une autre est prévue en amont du Gange, dans le parc national de Rajali ; en Chine, le barrage de Zipingpu est soupçonné d’avoir déclenché le tremblement de terre du Sichuan, en mai 2008, qui a fait 88 000 victimes, ce barrage ayant été construit à proximité de l’épicentre du séisme, et sa retenue d’eau (320 millions de tonnes) ayant exercé une contrainte sur l’environnement souterrain.

 

. 22 nouvelles réserves de biosphère. Ces sites, labellisés par l’Unesco, sont au nombre de 553 dans le monde, répartis sur 107 pays.

 

. Accord entre écologistes et syndicats sur la pêche. Dans le cadre du Grenelle de la mer, en France, un accord a été signé entre la CGT, la CFDT et FNE, visant notamment à produire des plans de gestion à long terme des ressources halieutiques. Mais l’opposition s’est maintenue sur le dossier du thon rouge et la protection des espaces maritimes.

 

. La faune sauvage décimée au Kenya. « Paradis des grands animaux », le Kenya a vu sa grande faune décroître radicalement entre 1989 et 2003. L’étude de l’Institut international de recherche sur le bétail, financée par le WWF, a conclu à des pertes de 95% des girafes, 80% des phacochères, 76% des antilopes, dans la réserve de Masaï Mara. En cause, l’occupation par les familles masaï des pâturages des animaux sauvages, et dans une moindre mesure le braconnage de la faune. Cette situation est largement confirmée dans l’ensemble du pays.

 

. Ouverture de la chasse à la baleine par l’Islande. Au 26 mai. Les quotas de prises de rorquals sont passés de 49 en 2008 à 250 cette année.

 

 

 

 

Manifestations

. Université de tous les savoirs. Thème : « Développement durable : la croissance verte, comment ? ». Paris et Bordeaux. 3-22 juin. www.utls.fr

. Journée « Mer et Outre-Mer 2009 ». Thème : « Développement durable et exploitation des océans ». Institut Océanographique, rue Saint-Jacques, Paris. 9 juin. www.biomarine.org

Publications

. « Darwin : L’évolution, quelle histoire ! ». Hors-série Le Monde

 

. « De la protection de la nature au pilotage de la biodiversité » de Patrick Blandin. Editions Quae

 

. « Oui ou non, voulons-nous protéger la nature ? » de François Letourneux et Marie-Sophie Bazin. Editions Milan

 

. « Les 100 meilleurs aliments pour votre santé et la planète » de Laurent Chevallier. Editions Fayard

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