Evénements

. La fuite de la plate-forme pétrolière américaine n’est pas colmatée. Les tentatives faites par la société BP pour endiguer la fuite de pétrole de la plate-forme qui a explosé le 20 avril au large des côtes de la Floride n’ont pu jusqu’à présent être positives. Contrairement à ce qu’avait avancé la société BP, ce ne sont pas 5 000 barils par jour, mais 12 000 à 19 000 qui s’échappent de la fuite. Laquelle est estimée de 64 à 150 millions de litres de pétrole depuis le 20 avril, soit nettement plus que celle, au total, de l’ Exxon Valdez (41 millions de litres). La seule solution serait de cimenter le puits éventré en passant par deux autres puits, en cours de forage. Mais ils ne seront pas opérationnels avant le début août. Les préoccupations s’étendent aux 2,6 millions de litres du détergent Corexit déjà déversées en mer, pour dissoudre le pétrole. Ce détergent est interdit au Royaume-Uni, pour ses effets néfastes sur la santé humaine. Les autorités américaines viennent seulement de demander à BP d’utiliser un autre détergent. De plus, il apparaît que des avertissement de mauvais fonctionnement de l’extraction ont été signalés, quelques heures et jusqu’à quelques minutes avant l’explosion de la plate-forme, mais ont été ignorés par les gestionnaires de celle-ci. Le gouvernement américain semble peu à l’aise dans la gestion de cette crise. Il a annoncé, seulement fin mai, un moratoire sur les forages off-shore, mais après avoir accordé 17 nouveaux permis de forage et 19 dispenses d’enquêtes écologiques depuis le 20 avril. La zone touchée, le golfe du Mexique, est d’autant plus affectée que d’ordinaire elle subit une pollution importante : bien que ses pêcheries soient parmi les plus productives des Etats-Unis (poissons et crustacés), elle reçoit chaque année des millions de tonnes de nitrates et de phosphates provenant des exploitations agricoles du Midwest (culture du maïs notamment, élevages), et véhiculées par le fleuve Mississippi.

. Reprise des négociations sur le climat. Depuis le 31 mai, et pour deux semaines, à Bonn (Allemagne), réunissant 180 pays. En préparation de la conférence de Cancun (Mexique), en décembre. « L ‘accord de Copenhague », qui fixe des objectifs non contraignants, a été signé par 110 Etats, mais nombre de pays en développement font exception, réclamant des financements effectifs des pays industriels.

. Chantal Jouanno veut un « Grenelle 3 ». La secrétaire d’Etat à l’Ecologie française s’est déclarée en faveur d’un « troisième round » de discussions pour donner une suite au rapport Stiglitz (l’évaluation de la performance économique et du progrès social ) et pour structurer les rapports entre les cinq catégories d’acteurs concernés, Etat, collectivités locales, patronat, syndicats, ONG.

. Nouvelles dispositions pour les pesticides en France. Le 11 mai dernier, le Grenelle 2 a été voté . Il concerne notamment les dispositions relatives au retrait des pesticides du marché : ce retrait sera acquis après avis de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et « après évaluation des effets socio-économiques et environnementaux », ce que les formations de gauche ont interprété comme un recul par rapport au texte initial du Grenelle, qui prévoyait de diminuer de 50% la consommation de pesticides d’ici à 2018.

. Biodiversité : un échec prévisible. Le but fixé par l’ONU « d’enrayer significativement la perte de biodiversité d’ici 2010 » n’est pas atteint, a reconnu l’organisme. En France, une conférence tenue à Chamonix, le 10 mai, sous l’égide du Conseil général de l’environnement et du développement durable, a fait le même constat. En cause, en France, et ailleurs : la faiblesse des moyens humains et financiers, la dispersion des responsabilités, le manque d’implication des acteurs.

. La France, 7ème pour l’environnement dans le monde. D’après un classement établi par les universités américaines Yale et Columbia, en fonction des objectifs de santé environnementale, de la vitalité des écosystèmes et de la lutte contre le réchauffement climatique. L’Islande est en tête du classement, les USA à la 61ème place, la Chine à la 121ème, l’Inde à la 123ème, cinq pays africains fermant la marche.

. Tension pour l’eau du Nil. L’Ethiopie, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda ont créé une commission commune chargée de la gestion des eaux du Nil, le 14 mai, en opposition totale avec l’Egypte et le Soudan, qui s’assurent de 87% de ces eaux. Le Nil bleu prend sa source en Ethiopie, le Nil blanc en Ouganda. Les quatre pays veulent une répartition plus équilibrée des ressources du fleuve, lequel assure en particulier 90% des besoins de l’Egypte.

. Etat d’urgence en Mongolie. Les Nations-Unies ont lancé un programme d’aide d’urgence pour la Mongolie, qui a subi les effets d’un hiver particulièrement froid, après un été extrêmement sec, un phénomène appelé le « dzud. » 800 000 personnes seraient en famine alimentaire, 3,5 millions d’animaux sont morts d’inanition. Selon la coordinatrice sur place de l’ONU, ce phénomène est vraiment « un exemple de changement climatique. »

. Un partenariat pour les forêts tropicales. Il a été lancé le 27 mai par 9 pays donateurs (France, Royaume-Uni, Allemagne, Suède, Danemark, Norvège, USA, Australie, Japon).
Il doit mettre au point le mécanisme REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation) destiné à financer les Etats pour la préservation de leurs forêts. Les fonds prévus ont été portés à 4 milliards US$ (les pays forestiers demandent 13 milliards US$). Les forêts tropicales sont réduites de 13 millions ha par an.

. Nature Capitale. Succès de masse pour la manifestation « Nature Capitale », les 23 et 24 mai à Paris, avec la transformation des Champs-Elysées en jardin botanique : plus d’une centaine d’espèces présentées sur l’avenue devenue piétonne (également, vaches et moutons). Plus d’un million de visiteurs seraient venus.

. Une espèce s’éteint. Selon l’ONG BirdLife, le grèbe roussâtre (Tachybaptus rufolavatus), un oiseau endémique de Madagascar, aurait totalement disparu. Il était classé « en danger critique d’extinction » par l’UICN. Les causes ayant précipité son extinction seraient un poisson carnivore et les filets des pêcheurs, dans son dernier habitat connu, le lac Alaotra.

. Des animaux de brousse consommés en France. La demande faite par un importateur belge de commercialiser en France de la viande de crocodile, de caïman et de python, en avril, n’aurait pas reçu une réponse favorable. On trouve toutefois en vente alimentaire de la viande de kangourou, de gnou, de chameau, d’autruche, de zèbre, de gazelle (provenant d’élevages). En Espagne, aux Pays-bas et en Belgique, la vente de crocodile est autorisée.


Nominations

. Christina Figueres, nouvelle secrétaire de la Convention sur les changements climatiques. Elle est costaricaine, et succède à Yvo de Boer. Elle prendra ses fonctions le 1er juillet.

. John Scanlon, nouveau Secrétaire général de la CITES. Depuis le 3 mai. Il est australien. Il remplace Willem Wijnstekers, en poste de 1999 à 2010.

Manifestations

« Drôles de bêtes – trésors de la biodiversité littorale ». Au Palais de la Découverte, à Paris, du 18 mai au 23 janvier 2010.


Médias

. « Le cargo de la honte – l’effroyable odyssée du Probo Koala » de Bernard Dussol et Charlotte Nithart. Editions Stock

. « Revivre à la campagne » de John Seymour. Editions de Borée

. « La valse des espèces », dossier de la revue La Recherche. Trimestriel, mai 2010.

. « Pierre Rabhi & Colibris », film DVD de Eric Grinda (www. artisan14.com)

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