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Evénements

. Climat et biodiversité inscrits dans la Constitution française ? Mercredi 27 juin, les
députés français ont inscrit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique,
ainsi que la lutte contre les changements climatiques, dans la Constitution, en adoptant un
amendement relatif au projet de loi constitutionnelle. Cette mesure doit être confirmée, lors du
nouveau vote de cet amendement, prévu en juillet. Elle représenterait alors une avancée
fondamentale, ardemment soutenue, notamment, par le ministre de la Transition écologique
Nicolas Hulot.
. + 4°C à 5°C à Paris à la fin du siècle. C’est la projection de Météo France, rendue publique
en juin. L’élévation des températures est continuelle depuis le début du siècle et surtout
depuis les années 1980.
. Une région américaine classée monument national ouverte à l’exploitation minière et pétrolière. Elle avait été protégée par l’ancien président Barack Obama. Le nouveau président américain, Donald Trump, a décidé, en décembre 2017, de réduite la taille préservée de cet espace de 85%, en autorisant l’exploitation d’uranium et d’hydrocarbures. Cette région, Bears Ears, dans le comté de San Juan (sud-est de l’Utah), fait partie du patrimoine historique indien (ce sont les Pueblos qui ont colonisé ces terres). La pression monte des deux côtés, les défenseurs de l’environnement ayant déposé des recours en justice contre la décision,
l’administration Trump maintenant celle-ci.
. Le chlordécone devant la justice. Scandale majeur aux Antilles, ce pesticide ultratoxique a
été utilisé pendant des décennies pour des productions culturales concernant les aliments
d’origine animale et végétale, empoisonnant une très large fraction de la population. L’avis de
décembre 2017 de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail) avait conclu que les limites maximales de résidus (LMR) de
chlordécone présents dans les aliments d’origine animale étaient «suffisamment protectrices »
pour la population, et ne demandaient pas à être baissées. Ce qui provoque autant
l’incompréhension que le ressentiment général. Un recours devait être déposé devant le
tribunal administratif de Paris pour demander l’abrogation de l’arrêté de 2008, qui fixe les
seuils de LMR dans les aliments d’origine végétale et animale.
. La Méditerranée encore et toujours polluée par le plastique. Il a été calculé que 500 000 tonnes par an de plastique finissent dans la Méditerranée. L’association WWF a rendu public un nouveau rapport, estimant qu’il faut ajouter 130 000 tonnes par an de microplastiques
(fragments inférieurs à 5 mm). La Méditerranée, sur ce point, est la mer la plus polluée du
monde. Dans l’ordre décroissant des pays responsables en priorité, la Turquie, l’Espagne,
l’Italie, l’Egypte, et la France (qui déverse dans cette mer 66 tonnes de plastiques par jour).

. Les terres rares, course à l’exploitation. 17 éléments chimiques (Yttrium, Lanthane,
Terbium, etc.) sont répertoriés comme les terres rares. Ils sont de plus en plus indispensables à
toute l’industrie du numérique. Leur prix s’est envolé depuis janvier 2017. La Chine est de
loin le premier producteur mondial, en détenant, avec 90%, le quasi-monopole. Le Japon a
récemment annoncé la découverte de très importants gisements de ces terres, à 6 000 mètres
de profondeur, à 2 000 kilomètres au sud-est de Tokyo. Ce pays (et bien d’autres) espèrent
ainsi se libérer de la mainmise chinoise sur ce marché. La France s’est positionnée depuis
longtemps par rapport à cette problématique. Toute une frange de l’industrie entend tirer parti
intensément des fonds marins nationaux, qui regorgeraient de sulfures polymétalliques et de
terres rares. Il existe un groupe de travail synergie Grands fonds marins, qui s’active pour
déclencher l’exploitation. Dans cette perspective, la préservation de l’environnement marin et
de la biodiversité qui y vit ne semble pas réellement prise en compte.
. Les koalas succombent. C’est un marsupial qui est l’un des emblèmes de l’Australie. Mais
un emblème bien mal en point. Dans les deux Etats de la côte est du Queensland et de
Nouvelle-Galles du sud, où ils sont essentiellement présents, les koalas ont vu leurs
populations se réduire respectivement de 53% et de 26%. Les responsables ? la destruction de
l’habitat naturel par l’urbanisation, qui provoque aussi bien des hécatombes parce que les
animaux sont percutés par les voitures. A ceci s’ajoute une maladie, la chlamydia,
sexuellement transmissible, entraînant la cécité, la stérilité et la mort. Près de la moitié des
koalas seraient porteurs de cette maladie. Et puis aussi le réchauffement climatique, qui
détériore les feuilles d’eucalyptus, dont se nourrissent les koalas, et favorise les incendies. La
première ministre de Nouvelle-Galles du sud a présenté en mai un programme d’aide afin de
sanctuariser des milliers d’hectares de forêt. Mais le gouvernement fédéral reste au stade
d’étudier des mesures, depuis de nombreuses années. L’Australian Koala Foundation estime
qu’il resterait de 46 000 à 90 000 individus de cette espèce, contre 10 millions à l’arrivée des
premiers colons, au XVIII ème siècle.
. Reprise de la chasse au rorqual commun en Islande. Deuxième plus grand cétacé du
monde, après le rorqual bleu, le rorqual commun, comme tous les cétacés, a été interdit de
chasse par le moratoire de la Commission baleinière internationale, en 1986. Mais l’Islande,
comme la Norvège, ne respecte pas ce moratoire, tout comme le Japon. Pour l’Islande, depuis
2006. La société qui chassait le rorqual commun avait arrêté provisoirement son activité
depuis 2016, en raison de problèmes commerciaux avec le Japon, principal débouché. Elle l’a
reprise en juin, le gouvernement islandais lui ayant accordé des quotas de 191 animaux pour
2018. L’Islande, par ailleurs, avait continué, et continue, à chasser le petit rorqual, présenté
comme non menacé.

Médias

. « La confrérie des abeilles. Les contes de la ruche » de Pierre-Olivier Bannwarth.
Editions Albin Michel.
. « Le Guide nature. Les Petites Bêtes », collectif. Editions de La Salamandre.

Manifestations

. « T.Rex à Paris », Muséum national d’Histoire naturelle, Jardin des Plantes, galerie de
Minéralogie et de Géologie, Paris. Jusqu’au 2 septembre 2018.
. « Neandertal, l’expo », Musée de l’Homme, Paris, jusqu’au 7 janvier 2019.

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