ESSAI-GIF

Evénements

. L’espace, « eldorado » de ressources ? Si l’exploration, et l’exploitation, des ressources terrestres sont entreprises depuis longtemps, si celles de la mer sont aussi largement en cours, l’espace, à cet égard, reste encore préservé. Mais ne le sera peut-être plus dans quelque temps. Toutes les grandes puissances y ont des projets de prospection, qui sont établis sur des perspectives de gisements de grande ampleur. Les astéroïdes et la lune contiendraient des quantités phénoménales de minéraux précieux, or, nickel, diamant, cobalt, terres rares – et aussi d’eau, s’agissant de la lune. Le problème est que l’espace, jusqu’à présent, était considéré comme un bien commun de l’humanité, nul ne devant se gratifier d’un titre de possession sur une partie, ou la totalité, d’un corps céleste. Mais certains Etats ont bien sûr, sans surprise, trouvé une faille juridique. Les Etats-Unis et le Luxembourg, les premiers jusqu’à présent, ont édicté des lois qui garantissent aux opérateurs la propriété de tout ce qu’ils peuvent « récolter », récupérer, dans l’espace. Des sociétés ont déjà ont été formées (notamment au Luxembourg) pour se mettre sur les rangs de ce type d’exploitation, qui nécessite des investissements très importants. L’Agence spatiale européenne, de son côté, veut extraire, en principe à partir de 2025, de l’eau des roches de la lune, donc de l’hydrogène, qui serait utilisé comme carburant sur Terre. Les américains et les japonais ont ciblé des astéroïdes pour y récolter à terme des échantillons de minerais et évaluer leur exploitation. Des voix se font entendre contre cette nouvelle orientation, notamment de la part d’astrophysiciens, qui veulent sanctuariser le système solaire, lui donner, pourquoi pas, le statut de réserve naturelle, craignant que les projets actuels n’aboutissent au pillage des ressources, et à une catastrophe environnementale.

. Les ambitions de la Chine en Arctique. Sur Terre, la zone devenue un autre enjeu des convoitises de beaucoup d’Etats est le continent arctique. La Chine, pourtant un pays non riverain de ces terres septentrionales, a été admise au Conseil de l’Arctique comme observatrice il y a six ans. Elle a patiemment tissé des liens avec la plupart des membres de ce Conseil. Notamment l’Islande, où elle a une forte présence. Elle est également implantée sur une île norvégienne, y disposant d’une station de recherche. Son deuxième brise-glaces doit être lancé cet été. Si l’Arctique fait l’objet de toutes les attentions de Pékin, c’est en raison des ressources énormes de pétrole, de gaz, de minerais, de métaux rares, que ce continent est censé recéler. De plus, en raison du réchauffement climatique, avec la fonte de la banquise, la route du nord, reliant le nord-est de l’Asie à l’Atlantique par la mer de Sibérie orientale, qui devrait devenir accessible pendant plus d’un mois d’été, raccourcirait de 40% le trajet de Shangai à Rotterdam. Les Etats-Unis suivent évidemment de près tous ces projets chinois, et renforcent leur présence militaire dans la zone, considérant qu’elle représente leur « arrière-cour. »

. Le lithium, un or blanc très convoité. Métal de la famille alcaline (comme le sodium et le potassium), le métal se trouve dans la saumure de lacs salés fermés (salars) surtout, dans les roches lithinifères, ensuite, et un peu dans les océans. Il fait l’objet d’une demande exponentielle aujourd’hui. Et ce, en raisons de ses utilisations : pour presque la moitié il s’agit des batteries, dans une moindre mesure des produits du verre et de la céramique, et bien plus faiblement, le traitement de l’air, la fabrication de l’acier et des polymères, les graisses lubrifiantes, la pharmacie, l’électronique, etc. Le premier producteur, et de loin, est l’Australie, suivie par le Chili et l’Argentine (ces trois pays représentant 90% des ventes). Mais trois pays andins, Chili, Argentine, Bolivie, détiennent presque 40% des ressources. La Chine, tant pour les gisements que pour les ventes, fait à cet égard pâle figure. Mais cela ne l’empêche pas d’occuper une position majeure – et déterminante – sur ce marché. Elle investit massivement dans les mines de lithium. Deux sociétés chinoises contrôlent un tiers de l’offre mondiale de ce métal, à travers des participations dans des mines australiennes et chiliennes. Si le salar d’Uyuni, en Bolivie, est très connu, pour son paysage sidéral, il fait aussi l’objet de toutes les attentions de la Chine, puisque 90% du minerai qui en est extrait est destiné au marché chinois. En face de ces appétits, l’Europe est encore à la traîne. Elle dépend à 86% des importations pour ses fournitures en lithium.

. « Tara » en chasse du plastique des océans. La goélette scientifique éponyme de la Fondation Tara Océan a entrepris depuis fin mai une nouvelle mission, pour étudier les flux de déchets plastiques provenant des grands fleuves européens (Tamise, Elbe, Rhin, Seine, Loire, Garonne, Tage, Ebre, Rhône, Tibre), qui ont pour issue évidente les espaces maritimes. On sait que 80% de la pollution par les déchets, en mer, est d’origine terrestre. Une étude de 2015 avait chiffré à 8 millions de tonnes la quantité de plastique rejetée chaque année dans l’océan, dont 600 000 tonnes pour l’Europe, la Chine occupant la « première place » de ce classement, avec 2,8 millions de tonnes. Le problème majeur de cette pollution est que 94% des plastiques étudiés sont très petits, des micro-plastiques, qui peuvent être ingurgités par les poissons, les mammifères marins, et même sous forme de particules nanométriques, se retrouver dans les cellules des poissons – lesquels sont consommés par les êtres humains…

. L’éléphant toujours exploité. Bien qu’apparemment respectueux de la législation, en l’occurrence, les « règles du jeu » de la CITES concernant le statut des éléphants, deux pays africains ont récemment décidé de tirer profit de leur présence sur leur territoire. Le Zimbabwe, estimant que sa population de pachydermes est en surnombre, a exporté un certain nombre d’entre eux en Chine et à Dubaï, pour des parcs animaliers. Le Botswana, autre pays d’Afrique australe, a réouvert la chasse à l’éléphant, qui était interdite depuis 2014. Une activité hautement lucrative, qui ne laisse en rien augurer de la survie à long terme de cet animal dans ce pays.

 

Manifestations

. Océan. Une plongée insolite. Toute l’aventure de l’exploration des fonds marins et de la découverte de sa biodiversité méconnue. Jardin des Plantes, Grande Galerie de l’évolution, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, jusqu’au 5 janvier 2020.

. Mille milliards de fourmis. Un parcours-découverte du monde de ces insectes. Le Pavillon des sciences, parc du Près-la-Rose, Montbéliard (25), jusqu’au 8 septembre 2019.

 

Médias

. « Lab Girl, une histoire de science, d’arbres et d’amour » de Hope Jahren. Editions Quanto.

. « Les Guerres du bio » de Stenka Quillet. Editions Grasset.

. « Mission Océan » de Séverine de La Croix. En partenariat avec l’ONG de défense des océans Sea Shepherd. Editions Glénat.

. « Le Parrain. Au cœur d’un clan d’éléphants » de Caitlin O’Connell. Editions Actes Sud.

Pour partager cette information