06/10/2006

La nature va plutôt mal, et l’on sait qui est responsable. Mais l’on sait aussi qu’elle rend des services « gratuits » très importants et qu ‘elle sait parfois se restaurer seule. Faut il accorder une valeur économique à ces services, leur appliquer les lois du marché ?. Un prix pour la nature, afin de la conserver, la sauver, ou l’exploiter davantage ?

La revue d’actualité

Le constat est maintenant largement partagé, de la nécessité de faire évoluer les attitudes envers le vivant (et le non-vivant, aussi bien), afin de sauvegarder la planète, déjà largement mal en point. Grandes conférences comme Copenhague, études d’experts, missions sur le terrain, les mois ne se passent sans que les initiatives médiatiques n’occupent le devant de la scène. Mais il y a aussi les projets individuels ou associatifs, beaucoup moins connus, qui sont nombreux et qui ont une importance certaine pour apporter leur contribution. C’est ainsi que les Mardis de l’Environnement ont donné la parole, le 1er décembre, à des hommes qui, chacun, tentent une démarche pour réconcilier l’homme et la nature. Pour redresser la barre, autant qu’il est possible. Pour créer de nouvelles relations avec le monde qui nous entoure, et dont nous avons besoin, tous besoin. Jean-Pierre Fleury, longtemps responsable de la chaîne télévisée Seasons (pêche et chasse), producteur, est aussi un grand amoureux de la nature. Il vie t de faire paraître « Si les abeilles disparaissaient » (éditions Alphée-Jean-Paul Bertrand), un roman futuriste, dont le titre est assez explicite. Hédoniste, il a relaté ses expériences d’une vie à la campagne, en suivant le rythme des saisons et en respectant l’environnement dans tous ses aspects. L’expérience originale de Sébastien Viaud méritait bien, elle aussi, d’être décrite. Voilà un jeune enseignant qui a réalisé un tour du monde d’une année pour « récolter », à l’intention de ses élèves, le témoignage de ceux qui ont eu des projets positifs, au niveau local, pour la planète. Et qui ont obtenu le Prix Goldman pour l’environnement. Somalie, Rwanda, Bolivie, Honduras, Philippines, Inde.. la liste des pays concernés est longue. Sébastien Viaud a créé, dans le prolongement de son initiative, une association, Résistants pour la Terre. Un autre auteur, plus connu, Philippe Desbrosses, a présenté son nouveau livre, « Médecines et alimentation du futur » (éditions Le Courrier du Livre). Le fondateur de la ferme de Sainte-Marthe, pionnier de l’agriculture biologique, a plaidé pour retrouver une compatibilité entre l’homme et la nature, laquelle, selon lui, doit passer par une remise en valeur du rôle des paysans. Puis Bernard-Marie Chiquet, du cabinet Eurexpertconseil, spécialiste des questions de gouvernance et d’économie solidaire, a fait part de toute son expérience, sous une forme souvent imagée qui a plu à l’auditoire, en matière de changement des rapports humains, de façon à prendre de bonnes initiatives : ce qu’il a appelé la « sociocratie » étant un processus de coopération et de prise de décision commune, chacun pouvant exprimer ses facultés et sa responsabilité. Sommes-nous loin, avec ce profil de responsable en « ressources humaines » des préoccupations écologistes ? Evidemment non. Le partage des connaissances et l’investissement personnel sont au cœur des solutions à fournir pour garder une Terre vivante.