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Revue d’Actualité, Alain Zecchini – Mardis de l’Environnement 

Evénements :

  • La Forêt française négligée. Le fort potentiel d’exploitation de la forêt française n’est pas traité à sa juste mesure, estime la Cour des comptes dans une étude récente. Seule la moitié des 85 millions de m3 potentiels est récoltée. A cela plusieurs causes : l’éparpillement des responsabilités, avec 3,3 millions de propriétaires détenant 75% des surfaces forestières ; l’insuffisance du secteur de la transformation (scieries) avec pour conséquence l’exportation de bois brut et l’importation de bois travaillé, et un important déficit de ce poste de la balance commerciale ; des financements publics inadaptés. La Cour des comptes propose notamment un regroupement des acteurs publics, sous la responsabilité du ministère de l’agriculture, et privés, avec une concentration des interprofessions, bien trop nombreuses.
  • Cratères sibériens, la piste du méthane. Les cratères, de plus en plus nombreux, qui sont repérés en Sibérie (Russie) pourraient être liés à l’explosion du méthane sous la surface du sol, explosion due elle-même au changement climatique : avec le réchauffement, les basses températures qui maintenaient emprisonné le méthane disparaissent, libérant le gaz.
  • Les cratères se multiplient à la mer Morte. L’assèchement continuel de la mer Morte a une conséquence de plus en plus grave pour les installations et les cultures qui la bordent : la formation de cratères, de « dolines », des poches de sel qui s’effondrent. Il en existerait au moins 5 000 actuellement. L’agriculture, le tourisme et l’écosystème d’une manière générale sont menacés.
  • L’olivier menacé en Méditerranée. Une bactérie, Xylellafastidiosa, s’attaque aux oliviers d’Italie et a déjà ravagé 10% des plantations dans le sud du pays, dans les Pouilles. La Corse, mais aussi la région PACA, sont sous haute surveillance, car elles pourraient être aussi contaminées à brève échéance. De plus, le parasite, selon le député européen José Bové, est nuisible pour plus de 300 variétés, notamment le chêne, le mandarinier, le laurier, et surtout la vigne.
  • Les Antilles françaises envahies par les sargasses. La Guadeloupe et la Martinique connaissent une infestation des algues sargasses, sous la forme de deux variétés. Formant des bancs longs de plusieurs kilomètres en mer, elles s’amoncellent sur les rivages, avec des effets nocifs : gêne pour la navigation, étouffement des coraux, herbiers, éponges, faune côtière, et même corrosion des appareils électroniques (par leur dégagement d’hydrogène sulfuré). Pour l’heure, aucune parade n’est proposée par les pouvoirs publics, le ramassage étant seul pratiqué.
  • Empoisonnement par pesticides : une première. La famille d’un viticulteur de Gironde, décédé en 2012 d’un cancer par suite de l’utilisation sur plusieurs années d’un pesticide (arsénite de sodium) sans qu’il ait été fait mention de sa dangerosité pour l’homme, a porté plainte, fin avril, contre X, pour homicide involontaire. Sont concernés les firmes productrices de ce pesticide, ainsi que l’Etat.
  • La Réunion : haro sur les requins. Après le décès récent d’un autre surfeur (voir Revue d’Actualité d’avril), à la Réunion, le gouvernement a décidé d’augmenter de 50% les pêches des requins-bouledogues et requins-tigres, considérés comme responsables des menaces estimées sur les surfeurs. Parallèlement, il s’est engagé à soutenir financièrement des projets de mise en place de techniques de protection, et à multiplier les sites « sécurisés. »
  • 1 espèce d’abeille sur 10 menacée d’extinction en Europe. C’est le constat d’un rapport en mars de l’UICN. Sans cacher un manque crucial de connaissances sur l’évolution des populations d’abeilles : si 7,7% sont considérées comme en déclin, 12,6% stables, et 0,7%, en augmentation, pour 79% d’entre elles leurs tendances restent inconnues.

 

Manifestations :

. Montée en puissance des « désinvestisseurs. » C’est un mouvement qui prône une stratégie de désinvestissement d’institutions à l’égard des industries fossiles, principalement. Le journal britannique TheGuardian, depuis mars, lance une campagne en ce sens. La fondation canadienne de l’université Concordia a créé un fonds de placement destiné à favoriser ces initiatives. Plusieurs grandes banques internationales, et des universités, ont mis un terme à leurs placements dans les secteurs du charbon et des sables bitumineux. Les fonds de placement, et particulièrement norvégiens, sont aussi questionnés. Plus de 220 institutions auraient déjà désinvesti, pour un montant évalué à 150 milliards $.
. Paul Watson au Muséum d’Histoire naturelle d’Aix-en-Provence. Le 21 mai, le fondateur de Sea Shepherd, qui pourfend inlassablement les chasseurs de baleines, sera reçu à 20h au Conservatoire Darius Milhaud. Contact : comitescienceaix@gmail.com
. « L’humain dans la biodiversité », conférence de Gilles Bœuf. Le président du Muséum national d’Histoire naturelle donnera une conférence le 12 mai à l’Espace Clément-Marot de Cahors (46), à 20h30. Contact : 05 65 22 28 14.
. « L’acidification des océans, quelle conséquence pour les hommes ? ». Conférence de Linwood Pendleton, professeur à l’Institut universitaire européen de la mer de Plouzané, le 19 mai à 20h30, à Océanopolis (Brest, 29). Contact : 02 98 34 40 40.

 

Médias :

. « La biodiversité, de crise en crise » de Patrick de Wever et Bruno David. Editions Albin Michel.
. « Penser et agir avec la nature » de Catherine et Raphaël Larrère. Editions La Découverte.
. « Tout peut changer. Capitalisme & changement climatique » de Naomi Klein. Co-édition Actes Sud-Lux.
. « Les Animaux en bord de chemin » de Marc Giraud. Editions Delachaux et Niestlé.
. « Lewis Mumford pour une juste plénitude » de Thierry Paquot. Editions Le Passager clandestin (Lewis Mumford, un précurseur, américain, de la décroissance).
. « La vie algorithmique. Critique de la raison numérique » de EricSadin. Editions de L’échappée.

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