La revue d’actualité de la SERE par Alain Zecchini

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Evénements :

. Les dossiers de Nicolas Hulot. Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire (n°3 du gouvernement) a indiqué son intention de s’attaquer rapidement aux grands dossiers qui restent pendants en matière d’environnement en France :

– le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, très controversé, va être étudié par un médiateur, pour un délai de six à neuf mois ;

– un autre projet, non moins controversé, celui du Centre industriel de stockage géologique (enfouissement de déchets nucléaires), à Bure (Meuse), attend une décision de l’Etat ;

– le ministre entend convoquer des Etats généraux de l’alimentation avec l’ensemble des professions agricoles et des filières alimentaires ;

– les problématiques de la biodiversité, particulièrement dans les territoires ultramarins ;

– la santé environnementale ;

– le nucléaire, avec l’objectif de réduire de 75% à 50% la part de l’atome dans les ressources énergétiques actuelles ;

– l’introduction d’une nouvelle fiscalité pour le carbone, avec la taxation des industries les plus polluantes ;

– la restauration des sols dégradés.

. Le bruit des hommes menace les écosystèmes. Une étude menée par la revue Science établit, pour la première fois, les effets délétères des bruits produits par les activités humaines sur les écosystèmes, et particulièrement sur les espaces et les espèces protégés. Extrapolant les résultats sur 492 sites des Etats-Unis à l’ensemble des 100 000 zones protégées du pays (soit 14% des terres), l’étude montre que cette pollution sonore double le bruit de fond dans 63% des aires protégées, et le multiplie par dix dans 21% d’entre elles ; le multiplie aussi par dix dans 14% de celles abritant des espèces menacées ; au total, cette pollution réduit de 50% à 90% les espaces où les sons naturels peuvent être perçus sans interférences.

. La Suisse contre le nucléaire. Le 21 mai, une majorité de la population suisse (58,2%) a voté pour une révision de la loi sur l’énergie, laquelle interdit la construction de centrales nucléaires, et promeut les énergies renouvelables ; ce qui implique, à terme, la fermeture progressive des centrales encore en activité. Le texte entrera en vigueur le 1er janvier 2018.

. Le permafrost menace. La fonte, qui s’accélère, du permafrost de la zone arctique, et particulièrement en Alaska, sous l’effet du réchauffement climatique, menace de libérer des quantités énormes de carbone, qui sont transformées en gaz carbonique par les bactéries. L’Alaska contiendrait 1 700 milliards de tonnes de carbone, dont 108,5 millions de tonnes ont déjà été relâchées entre 2012 et 2014. L’autre grande zone de permafrost, la Sibérie, est aussi un immense réservoir de carbone, soumis pareillement au réchauffement climatique.

. De nouvelles zones forestières découvertes dans le monde. Grâce à la modélisation d’images satellites de haute résolution, une équipe internationale a répertorié 463 millions d’hectares de forêts nouveaux dans les zones arides de la planète. Soit 9% de plus par rapport aux 4,3 milliards d’hectares de forêts actuelles sur Terre.

. L’Amazonie continue à voir sa forêt décimée. La déforestation en Amazonie brésilienne avait marqué le pas entre 2004 et 2012, mais depuis cette dernière date, elle a repris en grande ampleur. 8 000 km2 de forêt ont été détruits en 2016, soit 29% de plus par rapport à 2015. Et cela ne concerne que la déforestation légale, les coupes illégales devant représenter dix fois plus, ou même davantage. Sont mis en cause la production de soja, l’élevage extensif de bovins, la construction de routes, de ports, de barrages hydro-électriques. Selon la FAO, le Brésil est le pays qui a perdu le plus de forêt entre 2010 et 2015, soit 0,2% par an, un pays qui abrite 12% de la forêt mondiale, le second derrière la Russie.

. Crise du maïs au Kenya. La sécheresse actuelle provoque une grave crise du fait de la pénurie de maïs, qui est la première ressource alimentaire du pays. Le prix de vente de cette céréale aurait augmenté de 50% depuis le début de l’année. 3 millions de kenyans sont structurellement dépendants d’une aide alimentaire. Le gouvernement doit procéder à des importations massives pour faire face à la demande, puisqu’il est avéré que la production de maïs devrait chuter en 2017 d’au moins 11,5%, selon le ministère de l’agriculture.

. Les dauphins ne se reproduiront plus en captivité. En France, avant de quitter ses fonctions, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal a signé des arrêtés relatifs aux dauphins et aux orques présents en captivité (trois centres de loisirs dans le pays) : 150% d’augmentation de la surface des delphinariums ; interdiction du chlore dans le traitement de l’eau ; interdiction des contacts directs entre le public et les animaux ; et surtout, interdiction de la reproduction de ces animaux. Les centres de loisirs concernés ont protesté, mais les arrêtés demeurent. Le sort de ces petits cétacés captifs était en discussion depuis longtemps. Celui de leurs congénères dans la nature ne semble pas pour autant plus enviable, même si c’est pour d’autres raisons : ils sont largement contaminés (et bien plus que les captifs) par les polluants chimiques. Ce que montrent les prélèvements effectués sur des cétacés qui s’échouent, de plus en plus souvent, sur les plages, et qui possèdent dans leurs tissus de grandes concentrations de PCB, notamment. Une étude, en mai, du WWF, a montré que les grands cétacés, particulièrement, en Méditerranée, rorquals communs, cachalots et globicéphales noirs, sont contaminés par les phtalates. Ces substances sont des composés chimiques présents dans les matières plastiques. Or il y aurait un million de particules de matière plastique au kilomètre carré en Méditerranée – et plus de 5 000 milliards de particules, pour 269 000 tonnes, flottant sur les mers du globe.

. Vaches disparues en Argentine. Le mystère tient en émoi le pays, il n’est pas banal : 297 vaches ont disparu ensemble d’une exploitation en Terre de Feu, et n’ont toujours pas été retrouvées. La viande bovine fait l’objet d’un marché noir important en Argentine. Les bêtes volées représentaient la moitié du cheptel de cette exploitation.

. Le rhinocéros réintroduit au Rwanda. Projet initié voilà 7 ans, la réintroduction de rhinocéros noirs au Rwanda est devenue effective début mai. Au parc national de l’Akagera, dans l’est du pays, à la frontière avec la Tanzanie. Dix animaux sont arrivés dans leur nouvel environnement. A terme, la population devrait en comprendre une vingtaine. Ils proviennent de la ferme d’élevage de Thaba Tolo, en Afrique du Sud, les descendants des rescapés d’une sous-espèce (rhinocéros noir de l’est, Diceros bicornis michaeli), originaires de Tanzanie, inquiétés par le braconnage dans les années 1960, et transférés en sécurité en Afrique du Sud. Au Rwanda, les rhinocéros noirs étaient encore une cinquantaine dans les années 1970, mais ils avaient totalement été décimés par le braconnage, depuis 2007. L’opération de réintroduction a bénéficié de l’appui financier de la fondation américaine Howard Buffett.

. Des artistes contre les animaux. De grands noms, ou supposés tels, dans le domaine des arts plastiques, habitués des installations et des « performances », ont fait, ou font, l’objet de critiques virulentes d’associations de défense des animaux dans le monde, car ils utilisent des animaux comme objets : manipulations, violences, récupération et même mise à mort.  Sont cités notamment Hermann Nitsch, Damien Hirst, Jan Fabre, Adel Abdessemed, Sun Yuan et Peng Yu (M Le magazine du Monde, 29 avril 2017).

 

Les professions

 . La nouvelle Madame Environnement en France. Elle suit désormais les dossiers de l’environnement en même temps auprès du Président de la République et du Premier ministre : Diane Simiu, ancienne du WWF, est spécialiste de la fiscalité carbone.

. Au cabinet de Nicolas Hulot. Le ministre de la Transition écologique et solidaire a nommé comme chef de cabinet Michèle Pappalardo, spécialiste des questions environnementales, ancienne collaboratrice de Michel Barnier, ancienne directrice de l’Ademe.

 

 Médias

 . « Le guide nature à la montagne », collectif sous la direction de Julien Perrot. Editions La Salamandre.

. « Dans la peau d’une bête » de Charles Foster. Editions Lattès.