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Evénements

. La France en dette écologique. Depuis le 5 mai, la France est en dette écologique : elle a consommé 1,8 fois plus de nature que ses propres écosystèmes peuvent annuellement fournir. « En 2018, si toute l’humanité consommait comme les Français, elle exploiterait l’équivalent des capacités de régénération de 2,9 Terre » estime le WWF, qui a créé cet indice de la dette écologique pour tous les pays de la planète. Certains pays font pire que la France, notamment les Etats-Unis et le Canada, qui ont atteint ce seuil respectivement les 14 et 17 mars, ou l’Allemagne, le 1er mai. Cette empreinte écologique, en France, est due à la consommation d’énergie : transports, alimentation, logement, services, loisirs, télécommunications.

. L’aide financière au Sud insuffisante. Selon l’ONG Oxfam, les financements publics destinés au pays du Sud pour lutter contre le réchauffement climatique s’élèvent actuellement à 48 milliards de dollars par an. Soit loin des 100 milliards de dollars prévus par l’OCDE pour 2020, qui devraient représenter 67 milliards de dollars de financements publics et 33 milliards de dollars de financements privés.

. L’interdiction du glyphosate en France repoussée. Mardi 29 mai, les députés français ont rejeté un amendement visant à interdire, dans les trois ans, le glyphosate. Le Président de la République avait précédemment promis d’interdire cette substance, « dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans. » Le ministre de l’Agriculture avait notamment déclaré qu’il n’était pas nécessaire d’inscrire les engagements du Président dans la loi.

. Les avions contribuent au réchauffement climatique. Ils sont responsables de 4% du « forçage radiatif anthropogénique », c’est-à-dire de la différence entre l’énergie entrante et sortante dans l’atmosphère de la Terre. Ce forçage résulte des nuages créés par les avions et du CO2 émis par les réacteurs.

. La pollution de l’air tue 7 millions de personnes dans le monde. C’est le bilan publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les pollutions de l’air intérieur ont régressé en 2017, mais les pollutions de l’air extérieur ont largement augmenté. L’OMS estime que 9 personnes sur 10 dans le monde respirent un air contenant « de hauts niveaux de polluants. »

. 400 millions de tonnes de plastique produites dans le monde par an. Dont plus des trois quarts sont abandonnées dans « la nature » ou laissées dans les décharges sans être véritablement traitées. De cette masse, une très grande partie finit en mer, et contribue largement à la pollution – et représente également une menace pour quantité d’organismes marins, petits ou grands. Toute la chaîne alimentaire est affectée.

. Le tourisme, acteur majeur du réchauffement climatique. Les émissions de gaz à effet de serre, induites par les activités de tourisme, dont le transport aérien est une composante essentielle, sont passées entre 2009 et 2013 de 3,9 milliards de tonnes à 4,5 milliards de tonnes équivalent CO2. Les touristes représentent actuellement 1,4 milliard de personnes, ils devraient être 2 milliards en 2040. Selon la revue Nature Climate Change, le tourisme serait responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre.

. Sauver la Grande Barrière. Le gouvernement australien a lancé un plan d’envergure, avec un financement de 500 millions de dollars australiens (321 millions d’euros), pour restaurer et protéger la Grande Barrière, le récif de corail qui s’étend sur 348 000 km le long de l côte nord-est de ce continent. Il a déjà perdu la moitié de ses peuplements de corail. En cause, essentiellement : les eaux polluées par les activités industrielles et les ruissellements agricoles d’engrais et de pesticides. Cet effet d’annonce est quelque peu tempéré par le chiffre même de ce financement, qui s’étalera sur six ans, et représente déjà ce que l’Australie dépense dans ce secteur depuis 2008. Par ailleurs, ce pays continue à favoriser les projets miniers, pollueurs par excellence, dont celui d’une énorme mine de charbon toute proche de la Grande Barrière.

. La biodiversité encore et toujours à la peine. Une étude de la revue Science montre qu’une augmentation de plus de 1,5°C de la température mondiale aurait des effets extrêmement négatifs pour la biodiversité. Or il est avéré que cette hausse est déjà en cours, et qu’elle devrait être dépassée. En France, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a lancé un cri d’alarme, en mai, à propos de la biodiversité. Avec un constat très difficile de l’état des animaux, des plantes et des écosystèmes dans le pays. Il présentera en juillet un plan d’action contre l’érosion du vivant, qui doit être précédé d’une consultation du public.

. Le bien-être animal, un critère enfin reconnu. Par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Elle considère qu’il faut prendre en compte « la dimension mentale de l’animal » dans son ressenti : les souffrances, les frustrations, les satisfactions. Cela concerne tous les animaux d’élevage, de zoo, de cirque, de compagnie, de laboratoire, ceux utilisés pour les loisirs (pêche, chasse, corrida) ou pour l’enseignement.

. Reprise en France de la chasse sous terre. Depuis le 15 mai, la vénerie sous terre, le déterrage, est ouverte, dans 74 départements. Sont visés le renard et le blaireau. L’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) estime que chaque année ce sont 150 000 blaireaux qui sont ainsi tués.

. Destruction de stocks d’ivoire. A Antibes, en France, le 30 mai, plus de 600 kilos d’ivoire ont été détruits dans un concasseur. Une opération menée conjointement par l’ONG IFAW et par l’ONCFS (qui avait fourni l’essentiel du stock, avec 500 kg, résultant de saisies lors d’opérations de police).

. Trois phoques abattus. Trois phoques ont été tués à coup de fusil de chasse et retrouvés depuis janvier sur des plages du Pas-de-Calais. Une enquête judiciaire a été ouverte. Ces mammifères marins ont un statut protégé. L’association Sea Shepherd a offert une somme de 10 000 euros à toute information déterminante, ou tout témoignage, sur cet abattage.

Médias

. « L’intelligence des plantes », de Andreina De Bei et Rachel Mulot. Editions Albin Michel.

. « Le Messie des plantes », de Carlos Magdalena. Editions Fayard.

 

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