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Evénements

  • Le pacte mondial pour l’environnement très mal engagé. Les 22-23 mai, un groupe de travail mandaté par les Nations unies, réunissant 120 pays, n’a pas accepté l’idée d’un texte juridique qui s’imposerait aux Etats. Mais à la place, il a recommandé d’adopter une simple déclaration politique, et d’organiser une conférence internationale dédiée dans trois ans. L’idée d’un tel pacte avait été lancée fin 2015, au moment de la COP 15 (qui avait débouché sur l’accord de Paris). Le principe de ce pacte, qui suppose un cadre juridique contraignant, avait notamment été immédiatement accepté par le Président français Emmanuel Macron. Mais des « poids lourds » comme La Russie, les Etats-Unis, et dans une moindre mesure la Syrie, la Turquie et les Philippines, s’y étaient opposés aussi bien. On pourrait se satisfaire de l’existence, au moins, de cette déclaration, qui n’en a pas moins vu les Etats-Unis, le Brésil, l’Egypte, la Russie, l’Arabie saoudite, manifester leur désaccord, toutefois la règle du consensus a prévalu pour l’adoption. Mais le refus du pacte montre bien qu’il représente, pour nombre de pays, un danger, dans la mesure où il remettrait en question leur propre politique environnementale (les Etats-Unis et le Brésil n’ont de cesse actuellement de rogner tous les acquis environnementaux acquis précédemment). L’ambassadeur français pour l’environnement, Yann Wehrling, n’en a pas moins estimé que le consensus réalisé représente une « vraie prouesse, vu le contexte international. » Ce qui semble juste, mais n’occulte pas moins le fait que le pacte, en tant que traité, est repoussé aux calendes grecques – et au pire risque d’être enterré. « C’est un échec complet des négociations sur le pacte mondial pour l’environnement. Le compromis trouvé vide le projet de sa substance » a souligné pour sa part Yann Aguila, avocat au barreau de Paris, qui avait largement œuvré pour ce projet.
  • La France inadaptée aux changements climatiques. Selon un rapport du Sénat, rendu à la mi-mai. D’ici à 2050, l’hexagone devra faire face à « un choc climatique inévitable. » Et ne s’y prépare pas dans le cadre d’une politique environnementale conséquente. Les effets de ce dérèglement climatique sont recensés : vers 2050, avec une hausse des températures de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, les canicules se multiplient et deviennent intenses, l’enneigement en montagne diminue drastiquement, en particulier. Et c’est dans la seconde moitié du XXIème siècle que la situation empire encore : hausses accentuées des températures tant en été qu’en hiver, et accentuation des élévations du niveau de la mer, sécheresse accrue des sols, multiplication des risques d’incendie, phénomènes de submersions marines plus fréquents. Les sénateurs avancent des propositions pour enrayer, autant que possible, cette dégradation générale : adoption d’un plan national d’adaptation de l’agriculture, de normes de construction anti-inondations, mise en accès libre des données climatiques. Ils insistent aussi sur la nécessité d’engager des crédits très importants pour faire face à cette problématique.
  • La biodiversité mondiale vraiment mal en point. Selon la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), un million d’espèces animales et végétales, soit une sur huit, risquent de disparaître à brève échéance, tant sur terre que dans les mers. C’est le constat dressé par l’organisme, qui a rendu un rapport exhaustif le 6 mai dernier. On assiste bien à un effondrement du vivant. Les groupes les plus touchés par ces menaces d’extinction sont les amphibiens (41,5%) d’entre eux), les végétaux (entre 16% et 63%), les coraux (33%), les requins et raies (31%), les crustacés (27,5%), les mammifères (25%), les oiseaux (13,5%), les gastéropodes (7,5%), les poissons osseux (7,5%). Un des éléments fondamentaux de cette dégradation est la diminution ou l’altération de l’habitat des espèces, tant terrestres que marines. Et le constat a été fait, notamment, de l’altération de 75% de l’écosystème terrestre, de 50% de l’écosystème d’eau douce, de 40% de l’écosystème maritime. L’IPBES a rappelé les cinq causes majeures de cette situation dramatique pour la biodiversité, des causes qui mettent directement l’homme en cause : l’exploitation des terres (développement accru de l’agriculture, et des zones urbaines), l’exploitation directe des ressources vivantes (surexploitation), le dérèglement climatique (accroissement fort des émissions de gaz à effet de serre), pollution, invasions d’espèces (en raison de l’intensification des échanges internationaux).
  • La chasse, largement responsable du triste état de la faune sauvage. Une étude de la revue américaine PLoS Biology, le 14 mai, a dressé un constat de la pratique de la chasse des animaux sauvages dans le monde. Et sans surprise, ce constat est lourd de signification. Un aéropage de chercheurs a dépouillé les données de terrain de 163 études publiées entre 1980 et 2017 concernant 296 espèces. C’est en zone tropicale que le constat est le plus sévère : 13% des mammifères ont décliné durant la période concernée, pour la seule cause de la chasse. Les zones les plus affectées sont l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Amérique latine, le nord-ouest de l’Amérique du sud, et plusieurs zones d’Asie du sud-est. Cette prédation humaine a plusieurs causes : besoins alimentaires ou source de revenus, bien davantage (le trafic de la viande de brousse est très développé), trafic d’animaux vivants ou de parties d’animaux (il n’est que de citer les abattages continuels de rhinocéros pour leurs cornes, ou ceux des pangolins pour leurs écailles, utilisées en médecine chinoise traditionnelle, les pangolins montrant des pertes de populations de 45% sous les tropiques). Quantité d’efforts sur le terrain sont déployés, mais ils restent bien trop faibles par rapport aux pressions de la chasse, lesquelles vident de leur faune des zones, pour aller plus loin et continuer à faire de même. Et s’agissant de la remise en cause majeure de l’habitat de cette faune sauvage, on estime « que d’ici à 2050, environ 25 millions de kilomètres carrés de routes goudronnées seront construits dans le monde, dont 90% dans les pays tropicaux en développement » a relevé Ana Benitez-Lopez, principal auteur de cette étude. Et l’on sait bien que la présence de routes à proximité des espaces vitaux des animaux est un facteur majeur d’amplification de la « défaunation » générale dans le monde.
  • Nouveaux quotas d’abattage du loup en France. Selon le gouvernement français, le seuil de viabilité de l’espèce loup en France a été atteint l’hiver dernier, avec une population estimée à 500 individus. Un argument utilisé pour justifier de nouveaux quotas. Le pourcentage de loups pouvant être tués passe de 10-12% à 17-19%. La question du loup, bien évidemment, n’est pas solutionnée et ne risque pas de l’être à court terme. C’est un mammifère qui cristallise notamment tous les problèmes sociologiques du milieu rural, et tout particulièrement de l’élevage en montagne. Donc ces nouvelles mesures prises par le gouvernement a suscité les réactions habituelles des pro-loups et des anti-loups (parmi lesquels certains avancent maintenant le déclassement de l’espèce, qui bénéficie d’un statut de protection, même avec des exceptions, qui justifient les abattages).
  • Premières assises de la Prévention et Protection Animale. Cette association française, dont la finalité est manifeste, a tenu ses premières assises le 30 mars dernier à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Se sont succédé pour des interventions plusieurs orateurs (notamment le moine bouddhiste  Mathieu Ricard, Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, et le président du groupe d’étude « condition animale » de l’Assemblée nationale, Loïc Dombreval), qui ont tous insisté sur la nécessité de prendre davantage en compte le respect du vivant que représentent les animaux.

 

Médias

« La révolution des plantes » de Stefano Mancuso. Editions Albin Michel.

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