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Evénements

. Le climat dans la constitution française. La lutte contre le réchauffement climatique
devrait être inscrite dans l’article 34 de la constitution française dans un délai maintenant
rapproché. C’est en tout cas le vœu du gouvernement, qui consulte les ONG depuis plusieurs
mois à ce sujet. La constitution indique que la loi détermine en particulier « les principes
fondamentaux de préservation de l’environnement. » Cette inscription viendrait prolonger la
charte de l’environnement, promulguée en 2005.

. Plaintes de villes américaines contre des majors du pétrole. Les villes californiennes de San Francisco et d’Oakland ont porté plainte contre cinq géants de l’industrie pétrolière,
Chevron, ExxonMobil, Conoco-Philips, BP et Royal Dutch Shell, les accusant d’avoir caché
que la combustion des hydrocarbures présente des risques graves pour le climat, et d’avoir
lancé des campagnes pour disqualifier la recherche concernant le rôle de l’homme dans le
réchauffement. Un juge fédéral a entendu les plaignants, en mars. Un procès pourrait
s’ensuivre.

. Le littoral français n’en finit pas de reculer. Le ministère de la Transition écologique et
solidaire estime qu’entre 1949 et 2005, 26 km2 de côtes ont disparu. En cause, la submersion
marine, l’abaissement du niveau des plages, la réduction des dunes et l’effondrement des
falaises. La côte aquitaine, notamment, perd de 1,70m à 2,50m par an. Il est estimé que son
retrait devrait être de 20 mètres d’ici à 2025.

. Les barrages chinois prolifèrent au Laos. Quarante-cinq barrages sont actuellement en
construction au Laos, sur plusieurs rivières et tout particulièrement sur le fleuve Mékong. La
Chine s’investit largement dans cette politique d’infrastructures à grande échelle, qui n’est pas
sans danger pour l’environnement. Un rapport de l’Ecole normale supérieure française, en
2013, avait déjà relevé, en prenant le cas du Mékong, que des barrages sur cette voie d’eau
auraient pour conséquences une dégradation des systèmes fluviaux, avec des impacts sérieux
sur les poissons, lesquels impacts diminueraient la productivité des pêcheries du Mékong,
considérées comme les plus importantes d’eau douce du monde.

. Le soja détruit les terres. Plus de 650 millions d’hectares (forêts, savanes arborées, zones
humides) ont déjà été défrichés en Amérique du Sud, en grande majorité pour l’agriculture et
l’élevage. Le soja, à ce titre, s’impose comme une culture conquérante, avec 120 millions
d’hectares dédiés, en Argentine et au Brésil (et aussi aux Etats-Unis). La production augmente
de 5% par an, elle a représenté 336 millions de tonnes en 2017.

. Le cadmium, en question dans les engrais. Ce métal est utilisé pour fabriquer des engrais pour l’agriculture. Il est présent dans les roches phosphatées. Or il est classé cancérogène pour l’homme, avec des effets toxiques sur les reins, le squelette et l’appareil respiratoire. Par ailleurs, il est hautement probable qu’il soit aussi un perturbateur endocrinien. La Commission européenne a prévu de réduire la teneur en cadmium des engrais phosphatés,
actuellement réglementée à 60 milligrammes par kilo, à 40 mg/kg dans trois ans et à 20 mg/kg
d’ici douze ans. Le Parlement européen, pour sa part, voudrait atteindre ce seuil de 20 mg/kg
en neuf ans. Le leader mondial des phosphates, le Maroc, est évidemment très opposé à ces
projets, tout comme la Grande-Bretagne, l’Espagne et la Pologne, alors que plusieurs autres,
tels l’Allemagne, le Danemark, la Finlande ou la Hongrie, s’y sont déclarés favorables. La
France, pour sa part, se réfugie dans une attitude de silence. Ce qui pourrait bien s’expliquer
par le fait que la majorité des engrais utilisés en France proviennent des roches phosphatées
marocaines, dont la teneur en cadmium est de 30 à 73 mg/kg. L’agriculture française a
consommé 430 000 tonnes de ces engrais en 2015.

. Deux ours réintroduits dans les Pyrénées. Deux ourses seront réintroduites cet automne
dans la partie ouest des Pyrénées, a annoncé le ministère français de la Transition écologique
et solidaire en mars. C’est la première réintroduction depuis douze ans (cinq ours slovènes
avaient été lâchés). Cette annonce a immédiatement soulevé une tempête de boucliers des
éleveurs, et suscité, au contraire, la satisfaction des ONG de protection de la nature. Le 6
mars, le tribunal administratif de Toulouse (Haute-Garonne) avait condamné l’Etat français
pour carence quant à son obligation de protéger l’ours, avec une amende de 8 000 euros à
payer à deux associations de protection de cet animal, qui avaient porté l’affaire en justice.

. Les dauphins victimes collatérales de la pêche. Selon l’ONG Sea Shepherd, une moyenne de 6 000 dauphins meurent dans les filets des chalutiers pélagiques pêchant en bœuf (avec un filet traîné par deux chalutiers), pour la seule période de janvier à mars, le long des côtes de Vendée et de Charente-Maritime. L’association France Nature Environnement (FNE) a relayé ces informations et a confirmé l’ampleur du phénomène sur les côtes atlantiques françaises. De même que l’Observatoire Pelagis, qui estime que 80% des dauphins impactés ne viennent pas s’échouer sur le littoral, mais coulent et se décomposent en mer. Des projets
d’effarouchement, par outils acoustiques, sont à l’étude. Mais leur efficacité reste encore à
démontrer.

. La Norvège augmente ses quotas de baleines. Pour 2018, l’industrie norvégienne
baleinière s’est vu allouer un quota de 1 278 cétacés, des petits rorquals, soit 300 de plus que
l’an dernier. Le gouvernement considère que la population de ce mammifère s’établirait à
10 000 individus, ce qui serait largement suffisant pour justifier la chasse. Il estime aussi
qu’en augmentant les quotas, le niveau des prises, en baisse depuis de nombreuses années
(432 prises sur un quota de 999 en 2017) pourrait être à nouveau satisfaisant. La Norvège,
comme l’Islande, ont émis des « réserves » sur la moratoire international de chasse à la
baleine, mis en place par la Commission baleinière internationale en 1986, ce qui signifie, en
clair, qu’ils ne respectent pas ce moratoire. Le Japon, de son côté, non plus, il déguise sa
chasse, lui, sous le nom de « prises scientifiques » (lesquelles prises sont ensuite vendues sur
les marchés de l’archipel).

Manifestations

. Ours. Exposition à Neuchâtel (Suisse), Hauterive, Laténium, Espace Paul-Vouga, jusqu’au 6
janvier 2019.
. Néandertal, l’expo. Musée de l’Homme, Paris, jusqu’au 7 janvier 2019.

Médias

. « Contre l’exploitation animale » de André-Joseph Bouglione, en collaboration avec
Roger Lahana. Editions Tchou.
. « Code de l’animal » de Jean-Pierre Marguénaud et Jacques Leroy. Editions
LexisNexis.
. « Blue » documentaire animalier de Keith Scholey et Alastair Fothergill.
. « Shinrin-Yoku : l’Art et la science du bain de forêt » de Qing Li. First Editions.
. « Sylvothérapie : le Pouvoir énergétique des arbres » de Jean-Marie Defossez. Editions
Jouvence.

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