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Evénements :

  • La Chine et les terres rares. Les besoins énergétiques de ce pays se traduisent par une demande de plus en plus forte, couplée à une volonté de contrôler le plus possible tous les circuits, de la production à la consommation. Il en est ainsi pour les terres rares, les 17 métaux dont l’utilisation est croissante dans les secteurs en pointe de l’industrie : les véhicules électriques, les téléphones, les écrans tactiles, les batteries, etc. Depuis les années 1990, ce pays contrôle la majorité de la production de ces métaux, ce qui lui permet d’imposer ses règles commerciales aux autres pays demandeurs. C’est une production en apparence faible, 170 000 tonnes par an, mais absolument essentielle. La Chine est devenue le premier importateur de terres rares en 2018, avec 41 000 tonnes, dans le même temps elle en a exporté 53 000 tonnes. Cette demande ne pourra que croître, avec le développement important attendu des véhicules électriques (16 millions de ces véhicules sont prévus pour la Chine d’ici à 2030). Or le coût environnemental de cette industrie est lourd : les terres rares proviennent de mines à ciel ouvert, le raffinage exige beaucoup d’eau et de produits chimiques, qui finissent ensuite dans la nature. Les terres ainsi polluées deviennent inutilisables.
  • L’emprise de la Chine sur la nature. Les projets géopolitiques chinois se multiplient dans
    le monde, et comportent des impacts importants pour les équilibres naturels. Dix projets
    principaux sont ainsi poursuivis (Géo, février 2019) :

    • Le plus grand dispositif d’ensemencement artificiel des nuages du monde, qui doit être installé au Tibet. Il est basé sur l’envoi dans le ciel de particules d’iodure d’argent pour provoquer des pluies. Le but est de faire tomber 10 milliards de m3 d’eau par an. Le plateau tibétain est le plus grand réservoir d’eau d’Asie, les principaux fleuves de toute la zone y naissent.
    • Un immense réseau d’infrastructures (autoroutes, voies ferrées à grande vitesse, lignes aériennes) pour l’Afrique, entre les capitales de 54 pays. Plusieurs milliers de kilomètres de voies ferrées sont déjà installés en Afrique centrale et orientale.
    • L’appétit pour l’Arctique. La Chine compte sur le développement de la nouvelle route
      maritime du Nord-Est de l’Arctique, qui ferait gagner 15 à 20 jours de transport. Elle veut se
      garantir l’accès aux matières premières de la zone, aussi bien. Sa présence s’intensifie
      (satellites, missions d’observation, investissements). Ceci malgré les risques écologiques
      d’exploiter l’Arctique, qui sont valables pour tous les pays présents (Russie, Canada, Etats-
      Unis, essentiellement).
    • Les nouvelles « routes de la soie ». Enorme projet d’infrastructures (ports, autoroutes, voies
      ferrées, télécoms) en Asie et en Asie centrale. 71 pays sont concernés jusqu’à présent.
      L’ambition est de diviser par deux ou trois les temps de transport pour l’Asie, l’Europe et
      l’Afrique. Là aussi, les risques écologiques sont minorés.
    • Les barrages sur le Mékong. Ce pays a déjà construit dix barrages sur la portion chinoise du
      fleuve. Elle entend en construire neuf autres. Mais en aval, les pays qui dépendent de leur
      production de poissons et de la sédimentation de leurs terres (induite par le fleuve) ont les
      plus grandes craintes : Birmanie, Laos, Cambodge, Thaïlande, Vietnam. Les barrages
      existants sur le Mékong ont déjà eu des impacts écologiques graves.
    • La bataille pour Mars. La Chine entend bien être le premier pays à coloniser cette planète, et ce, dans un but de contrôle des matières premières.
    • Des centrales nucléaires flottantes. Le projet est d’installer des réacteurs atomiques sur des cargos (20 sont prévus), afin d’alimenter en électricité les îlots devenus bases militaires et les plateformes pétrolières. Ce projet s’inscrit dans l’offensive chinoise de s’assurer le contrôle de nouvelles zones de la mer de Chine, pour des îles qui sont également revendiquées par
      d’autres pays (Philippines, Vietnam, notamment). Les risques de conflits sont réels, et les
      risques écologiques ne le sont pas moins.
    • Percer un nouveau détroit en Thaïlande. Un canal de 135 km au travers de l’isthme de Kra, séparant la Thaïlande de la Malaisie. Il pourrait raccourcir de 1 200 km le trajet entre la mer de Chine méridionale et l’océan indien, par où transitent 80% des importations chinoises de pétrole. Permettant aussi de court-circuiter le détroit de Malacca, contrôlé par la marine
      américaine.
    • Dominer la téléphonie. Déjà, pour la 4G, la Chine est leader dans le monde. Elle veut faire
      de même pour la 5G. Les Etats-Unis font pression sur leurs alliés pour exclure du marché
      mondial leur concurrent attendu.
    • Des panneaux solaires géants dans l’espace. Comme les Américains, les Russes et les
      Japonais, les Chinois travaillent sur des projets permettant de capter l’énergie solaire depuis
      des stations orbitales, et de l’envoyer sur terre. Ce qui est annoncé comme devant produire
      une « révolution énergétique » mondiale et réduire l’effet de serre.
  • Total cesse d’explorer en Guyane. Le groupe pétrolier annonce stopper sa campagne
    d’exploration au large de la Guyane, en raison de résultats négatifs. Il s’agissait de mettre en place un puits d’exploration sous 2 000 mètres d’eau, pour creuser 5 800 mètres dans le sous-sol océanique, afin de rechercher les hydrocarbures. Mais rien n’a été trouvé. Le permis accordé à Total en 2011 avait été prolongé en 2017 jusqu’en juin 2019 par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, mais pas au-delà. La loi Hulot de 2017 limite à 2040 l’exploitation des hydrocarbures en France. La décision de Total est une victoire pour des associations écologistes, qui avaient combattu cette exploration. Et ces dernières soulignent maintenant les risques inhérents au rebouchage des puits de forage, situés profondément sous la mer.
  • Monsanto condamné par un tribunal fédéral aux Etats-Unis. C’est la première défaite de la firme de produits phytosanitaires devant une juridiction fédérale américaine, le tribunal fédéral de San Francisco (Californie). Monsanto a été condamné, fin mars, à verser 80,8 millions de dollars à un agriculteur, atteint d’un lymphome non hodgkinien, qui avait utilisé un herbicide à base de glyphosate de la firme, le Roundup, pendant près de trente ans. Plus de 11 000 cas semblables à celui de San Francisco sont pendants devant la justice américaine.
  • Une nouvelle chauve-souris. C’est une nouvelle espèce, Myotis crypticus, le murin
    cryptique. Elle a été déterminée en la séparant par les séquences d’ADN d’une autre, le murin
    de Natnerer, par des biologistes européens. L’animal, à peine reconnu, est menacé, par un
    ensemble de pressions humaines sur son habitat (forêts des montagnes françaises, espagnoles,
    suisses et italiennes).
  • Le grand hamster à la peine. Il n’en reste plus que 700 environ en France, et ce chiffre très bas laisse peu de perspectives au renouvellement, sinon à la survie, de l’espèce. En France (il est aussi présent en Allemagne, Belgique et Suisse, avec de très petits noyaux), il ne demeure plus que dans la plaine d’Alsace. Une zone de forte concentration agricole, et tout particulièrement de culture du maïs (80% des cultures de la plaine d’Alsace), laquelle est très préjudiciable au rongeur (les irrigations détruisent ses terriers). Un nouveau projet
    d’infrastructures accentue les menaces sur l’animal : une longue rocade, contournant
    Strasbourg par l’ouest, qui passe directement dans l’habitat du hamster (le « Grand
    contournement ouest »).

 

Manifestations

  • Le monde en sphères. Exposition à la Bibliothèque François-Mitterrand, Paris, du 16 avril
    au 21 juillet 2019.

Médias

  • « Pour une révolution dans la mer » de Didier Gascuel. Editions Actes Sud.
  • « L’animalisme est un anti-humanisme » de Jean-Pierre Digard. CNRS Editions.
  • « Un lion sur le canapé – Comment les chats ont pris le pouvoir » de Abigail Tucker.
    Editions Albin Michel.
  • « Le grand Requin blanc » de Patrice Héraud et Alexandrine Civard-Racinais. Editions Glénat.
  • « Temps de la nature, nature du temps » de Christophe Bouton et Philippe Huneman
    (dir.). CNRS Editions.

 

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