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Evénements

. Climat : sombres pronostics. Le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat), rendu public début octobre, a des accents
assez pessimistes quant aux chances de l’humanité de contenir le réchauffement climatique
dans la limite souhaitée, depuis longtemps, de 1,5°C d’une augmentation de la température.
Depuis l’ère préindustrielle, cette augmentation a déjà été de 1°C. Le seuil de 1,5°C devrait
être franchi entre 2030 et 2052, au rythme actuel du réchauffement. Il pourrait même atteindre
2°C. Avec, pour l’une ou l’autre hypothèses, des conséquences très néfastes pour le monde :
hausse importante du niveau des mers (avec multiplication du nombre des réfugiés
climatiques), intensification des précipitations et des épisodes de sécheresse, réduction
drastique des habitats de la faune sauvage, chute des pêcheries et des productions céréalières.
Pour éviter ce scénario, estiment les experts, il s’agirait de commencer à réduire « bien avant
2030 » les émissions de gaz à effet de serre de 45% par rapport au niveau de 2010. Un défi
gigantesque, sachant que ces émissions ont recommencé à croître en 2017, et que les chiffres
actuels indiquent déjà, pour 2018, la même tendance. Un autre rapport, « Emissions Gap
Report 2018 » du PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement), établit que
pour ne pas dépasser 2°C de réchauffement, les pays doivent tripler leurs efforts, et que pour
ne pas dépasser 1,5°C, ils doivent les multiplier par cinq. Force est de constater
malheureusement qu’ils ne semblent pas actuellement orientés vers de telles décisions.

. La France veut combattre la déforestation mondiale. Cinq ministères français sont réunis pour mettre au point une stratégie de lutte contre la déforestation importée : affaires
étrangères, économie, agriculture, recherche, transition écologique et solidaire. Il s’agirait de
lutter contre le défrichement sauvage dans les pays producteurs, et d’interdire l’importation en
France de produits résultant de cette pratique. En liaison avec ces pays. L’accent est mis sur
les ravages pour les forêts des plantations de palmier à huile, mais aussi des autres cultures
qui affectent également le couvert boisé, soja, cacao, hévéa, bœuf et bien sûr bois en tant que
tel. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a déclaré que
l’objectif de la France était de « mettre fin, d’ici à 2030, à la déforestation causée par
l’importation de produits forestiers ou agricoles non durables. » Un rapport du WWF, début
novembre, établit que l’approvisionnement de la France en soja, huile de palme, cacao, bœuf
et cuir, caoutchouc naturel, pâte à papier, bois, nécessitait 14,8 millions d’hectares cultivés,
dont 5,1 millions contribuent plus que probablement à la déforestation.

. Les banques françaises financent les énergies fossiles. L’ONG Oxfam a répertorié les
différentes contributions d’investissement des six principales banques françaises, BNP
Paribas, Crédit agricole, Société générale, groupe BPCE, Banque postale et Crédit mutuel-
CIC, aux secteurs de l’énergie. Il s’avère qu’elles ont consacré, en 2016 et 2017, 42,9
milliards d’euros au financement des énergies fossiles, et seulement 11,8 milliards d’euros au
financement des énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie). Les trois banques dans
le peloton de tête sont BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole, et en premier lieu
BNP Paribas. Les financements de cette dernière des énergies fossiles, pour la période
considérée, représente 12,8 milliards d’euros, et pour les énergies renouvelables, 3,3 milliards
d’euros – avec notamment 1,7 milliard d’euros destiné au charbon.

. Un pesticide autorisé malgré sa nocivité. Un étude parue dans la revue Environmental
Health , en novembre, établit que l’autorisation de mise sur le marché, dans le monde, d’un
pesticide, repose sur des faits biaisés avancés par le producteur, la firme agrochimiste Dow. Et
que ce pesticide a des effets nocifs sur la santé, notamment sur les enfants. Il s’agit du
chlorpyriphos. L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a étudié
plusieurs centaines de cas d’enfants exposés in utero au pesticide, et relevé des risques de
retard mental, de retard psychomoteur, et de troubles d’attention. Le chlorpyriphos est interdit
en France, sauf pour l’épinard, mais il reste présent sous forme de résidus dans les produits
importés. Une autre étude, parue en 2015 dans la revue Journal of Clinical Endocrinology &
Metabolism, avait déjà suggéré qu’un enfant né en 2010 en Europe avait perdu en moyenne
2,5 points de QI par son exposition prénatale à ce pesticide et aux autres de la même famille,
les organophosphorés.

. Suspension du projet d’oléoduc Keystone. Un juge fédéral du Montana a suspendu , début novembre, la mise en route de l’oléoduc Keystone, prévu pour acheminer le pétrole canadien aux Etats-Unis. le juge estime que l’administration, en autorisant ce projet, ne l’a pas étayé sur des études environnementales sérieuses, n’a pas analysé une chute des cours potentielle du pétrole, et n’a pas tenu compte des conséquences, déjà connues, sur les risques pour la faune et la flore en cas de rupture du pipe-line.

. Donald Trump hostile aux aires protégées américaines. Deux dossiers emblématiques
d’aires protégées sont actuellement soutenus par les défenseurs de l’environnement dans ce
pays, car le président américain entend favoriser l’extraction de leurs ressources naturelles. Il
a réduit de 85% la surface du Bears Ears National Monument (Utah), classé en décembre
2016 par le président Obama, et voudrait faire exploiter les réserves d’uranium que recèle
cette réserve. Il a amputé de moitié le Grand Staircase-Escalante National Monument (Utah,
également), et souhaite en faire extraire ses richesses en charbon, qui seraient de 57 milliards
de tonnes, sous le plateau de Kaiparowits.

. En Antarctique, les aires protégées ne sont plus à l’ordre du jour. La Chine et la Russie bloquent tout projet de création de nouvelles aires, et ce pour des motifs commerciaux : la pêche au krill et à la légine occupent l’essentiel de leurs préoccupations. Un réseau de réserves marines avait été décidé en 2002, et devait être concrétisé en 2012. Il n’en est actuellement plus question. Les deux pays susvisés ont une position de force à la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR), qui réunit 25 membres (dont l’Union européenne, mais aussi… l’Ukraine et la Namibie, ces deux pays ayant adhéré pour les perspectives de pêche), et en profitent. Cette commission s’est réunie fin octobre-début novembre, et a été axée sur les pêches, justement, du krill et de la légine, sans aucune avancée pour les aires protégées.

. La faune sauvage du monde encore plus mal. Le dernier rapport du WWF « Planète
vivante » confirme que le déclin de la faune sauvage s’accentue sur la planète. Entre 1970 et
2014, les populations d’animaux vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et
amphibiens) ont été réduites de 60% en moyenne. Le rapport a retenu 16 704 populations de
4 005 espèces. Les baisses sont de 23-31% en Amérique du Nord, Europe, Nord de l’Afrique,
Nord de l’Asie et Moyen-Orient, de 56% dans l’Afrique subsaharienne, de 64% en Inde,
Indonésie et Australie, de 89% en Amérique latine. Les causes de cette chute dramatique ?
elles sont bien connues : destruction des habitats naturels (exploitation forestière et minière,
agriculture intensive, urbanisation), surexploitation (chasse, pêche, braconnage), pollution,
espèces invasives, maladies, changement climatique.

. Davantage de loups tués en France. Le quota autorisé de 43 loups à « prélever » (à
supprimer) en 2018 a été atteint en France. Par un arrêté, le 16 octobre, huit loups de plus ont
été autorisés. Pour sa part, l’Aspas (Association pour la protection des animaux sauvages) a
établi que 12 loups supplémentaires seraient morts de façon non naturelle (collision routière
ou ferroviaire), cinq autres pour une cause inconnue, et un seul de mort naturelle.

Manifestations

. « Arctique – nouvelle frontière, une double expédition polaire », Cité des Sciences et de
l’Industrie. Paris.
. « Des artistes & des abeilles », Topographie de l’art. Paris, 15 rue de Thorigny, 75003.
Jusqu’au 8 janvier 2019.

Médias

. « Les Paupières des poissons » de Sébastien Moro et Fanny Vaucher. Editions La Plage.

. « Des Animaux et des hommes » sous la direction d’Alain Finkielkraut. Editions Stock-
France Culture.
. « L’Aventure de la biodiversité » de Hervé Le Guyader. Editions Belin.
. « Pays et terroirs méconnus de France » de Georges Feterman. Editions Delachaux et
Niestlé.

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