Evénements

. Augmentation de l’effet de serre. L’indice des gaz à effet de serre de la Noaa (administration américaine de la météo et du climat) s’établissait fin 2004 à 1,2, soit 20% de plus qu’en 1990. Cet indice traduit un forçage radiatif de la Terre de 2,6 watts / m2, au total

1 300 milliards de Kw absorbés « en trop » par la planète. La hausse est expliquée par l’augmentation des rejets de CO2.

 

. Fonte accrue des glaces au pôle nord. Un pool d’institutions scientifiques américaines estime que la fonte des glaces en Arctique s’accélère : il reste 5,3 millions de km2 de banquise contre 7,5 millions en 1978. La banquise devrait avoir disparu totalement en été avant la fin du siècle. Le passage du nord-ouest (Arctique canadien) et le passage du nord-est (Sibérie) sont maintenant quasiment navigables en été. La surface des eaux de mer se réduit de 8% environ tous les dix ans. Il reste à corroborer ces résultats avec l’étude de l’épaisseur de la glace.

 

. La Terre absorbe moins le gaz carbonique. Les « puits de carbone » de la planète, qui retiennent l’excédent de CO2 des activités anthropiques, fonctionnent de moins en moins bien. Une expérience menée sur de jeunes arbres montre que l’augmentation de dioxyde de carbone (à + 200 ppm) se traduit par une réduction de la séquestration de carbone dans le sol (résultant des interactions du système racinaire avec son environnement). D’autre part, le réchauffement climatique induit une augmentation des émissions de carbone du sol dans l’atmosphère. Une étude conduite en Angleterre et au pays de Galles, sur la période 1978-2003, indique que ces émissions correspondent en moyenne à 0,6% par an du stock de carbone présent dans le sol. Mais plus ce stock est important, plus ce taux est élevé. Il correspond à 2% dans les sols contenant plus de 100 g de carbone par kilo. En Grande-Bretagne, la température a cru de 0,5° C pendant la période de référence. Les sols contiennent plus de deux fois plus de carbone que la végétation ou l’atmosphère ( Nature, 8 septembre).

 

. Le réchauffement climatique freine la croissance végétale. Le réchauffement climatique est sensé favoriser la végétation avec l’accroissement de la séquestration de carbone. Or des chercheurs ont établi qu’en Europe, à la suite de la canicule de 2003, la croissance végétale (forêts et cultures) avait été réduite de 30% par rapport à 2002. Les causes en seraient le déficit des pluies et les températures extrêmes. La productivité primaire et la respiration des écosystèmes ont chuté avec l’élévation des températures. Les écosystèmes ont rejeté dans l’atmosphère 500 millions de tonnes de carbone, soit quatre fois la séquestration annuelle de carbone par la végétation ( Nature, 22 septembre).

 

. Enfouir le CO2 dans le sol ? Les projets d’enfouissement du CO2 dans le sol sont actuellement retenus comme une hypothèse fiable pour résoudre le problème des gaz à effet de serre. Le CO2 pourrait être stocké dans les aquifères salins, les veines de charbon inexploitées, les gisements de gaz et de pétrole épuisés. Les contraintes techniques pourraient être assumées, le problème est celui du prix de ces traitements. Leur généralisation est évaluée dans une vingtaine d’années.

 

. L’acidification des océans représente un danger pour la chaîne alimentaire. L’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone de l’atmosphère pourrait se traduire par une acidification accrue des océans. Des organismes ayant des coquilles calcaires pourraient être très menacés. Ainsi les coraux et certains planctons. Et aussi les ptéropodes (dont le squelette est constitué d’aragonite, carbonate de calcium). Les eaux de surface de l’océan Austral devraient voir leurs concentrations d’aragonite chuter vers 2030. En 2100, cette réduction affecterait l’intégralité de l’océan Austral ainsi que l’océan Pacifique sub-arctique (Nature, 29 septembre).

 

. Grippe aviaire et menaces des oiseaux migrateurs. Une certaine incertitude règne sur le potentiel des oiseaux migrateurs de propager la grippe aviaire. Cette épidémie affecte la majeure partie de l’Asie et de l’Asie centrale. Les experts de l’ONU estiment que l’Europe pourrait être menacée par des oiseaux venus de Sibérie. En France, l’Afssa considère plutôt que des oiseaux hivernant en Afrique pourraient contaminer des espèces nichant en Europe.

 

. Les oiseaux de mer pollués polluent l’environnement. Dans l’extrême-nord canadien, les oiseaux de mer véhiculent les POP (polluants organiques persistants), comme le DDT, le HDT et le mercure, en se nourrissant de zooplancton, de calmars, de poissons, qui sont contaminés. Ces oiseaux polluent à leur tour les étangs, par le guano (Science, 15 juillet).

 

. France : la partie réglementaire du Code de l’Environnement est publiée. Décrets n° 2005-934 et 935 du 2 août 2005 (JO du 5 août).

 

. 5 ours slovènes pour la France. Cinq ours de Slovénie seront livrés en 2006.

 

. Projet d’interpol contre le trafic d’animaux sauvages. Il est lancé par la Thaïlande, et doit réunir les pays d’Asie du sud-est. La première réunion doit se tenir en novembre. Les Etats-Unis et la Chine y seraient associés.

 

 

Publications

. « Peut-on enterrer le réchauffement climatique ? » , Robert Socolow, Pour la Science,

n° 335, septembre 2005.

 

Manifestations

. Colloque « Les mammifères forestiers », 21-23 octobre, à la Bergerie nationale de Rambouillet, organisé par la Société Française pour l’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM) et l’ONF. Inscription : http://www.sfepm.org

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