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Revue d’Actualité, Alain Zecchini – Evénements

 . Dernier round avant la COP21. Le 19 octobre s’est ouverte à Bonn (Allemagne) la dernière session, avant la conférence de Paris (du 30 novembre au 11 décembre), de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Les discussions s’annoncent serrées entre les principaux Etats concernés sur les propositions d’accord à la COP21. Au 19 octobre, 149 pays, représentant 90% des émissions mondiales des gaz à effet de serre, avaient fourni leur contribution concernant leurs objectifs de réduction de ces émissions à l’horizon 2030. Un brouillon d’accord de 20 pages a été établi entre les partenaires. Plusieurs points sont saillants et ce sont eux qui orienteront les débats à la COP21 :

– La plupart des grands pays émetteurs restent tièdes pour favoriser d’une manière significative les énergies renouvelables. Notamment la Russie, l’Australie, le Japon, le Canada, qui n’ont annoncé aucune volonté de réduire l’utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon ou sables bitumineux).

– Les gros pays producteurs de pétrole n’ont pas rendu leur contribution, manifestant ainsi qu’ils ne sont pas disposés à limiter leur activité en ce domaine. Cela concerne l’essentiel des producteurs au Proche et au Moyen-Orient, le Nicaragua, le Venezuela.

– La bonne nouvelle est l’augmentation des financements promis par les pays du Nord pour aider ceux du Sud dans leur lutte contre les dérèglements climatiques. Au regard des 100 milliards de dollars par an considérés comme nécessaires, 61,8 milliards ont été annoncés en 2014 ; 15 autres milliards ce mois d’octobre ; ainsi qu’une dizaine de milliards du Fonds Vert des Nations unies. Toutefois la part des financements publics de ces budgets est de 71%, ce qui signifie que le secteur privé ne montre pas beaucoup d’enthousiasme. Parallèlement, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime que les besoins seront de 150 milliards$ par an sur la période 2025-2030, et de 250 à 500 milliards ensuite jusqu’à 2050. La France a annoncé qu’elle porterait son aide de 3 à 5 milliards d’euros par an en 2020.

– Pour importants qu’ils soient pour certains pays, les objectifs de réduction des émissions, en leur état actuel, n’arriveraient pas à contenir l’augmentation des températures à 2°C comme espéré, mais à 3°C.

– Enfin se pose d’ores et déjà le problème de la forme juridique de l’accord qui interviendra (sauf coup de théâtre) à Paris. Obligation d’en respecter les clauses, avec sanctions prévues, ou bien simple promesse de le mettre en œuvre, ce qui réduirait singulièrement sa portée. Le réalisme oblige à dire que la seconde solution semble la plus probable, tant la plupart des pays ne se résoudront certainement pas à traduire cet accord par une loi nationale (l’exemple du protocole de Kyoto, non ratifié par le Congrès américain, reste présent dans tous les esprits).

. Les Français inquiets du réchauffement. Un sondage du WWF-France, en octobre, montre que 72% des Français estiment que le dérèglement climatique représentera une menace importante dans les années à venir. Avec, en premier lieu, l’augmentation des ouragans ou cyclones, suivie par celle des sécheresses et des inondations. Par ailleurs, les sondés sont 82% à considérer que les gouvernements des Etats du monde « ne répondent pas sérieusement à l’urgence climatique. »

. Les énergies fossiles, pour et contre. L’OCDE a rendu publics, en septembre, les budgets alloués par les Etats pour soutenir la production et la consommation des énergies fossiles dans le monde. Ils se montent à 500 milliards$ par an. Mais parallèlement, l’association Divest-Invest américaine a elle aussi annoncé que les actifs des entreprises, fonds de pension, compagnies d’assurance, universités, etc., s’étant engagés à ne plus investir dans les industries du charbon, du pétrole et du gaz, se montaient maintenant à 2 600 milliards$ ; le mouvement de désinvestissement des industries fossiles commence à prendre une certaine ampleur.

. Shell cesse ses forages en Arctique. Les projets d’exploitation du pétrolier Shell au large de l’Alaska (Etats-Unis) sont arrêtés, en raison de l’opposition déterminée des protecteurs de l’environnement, et de la baisse des cours du pétrole. La société avait dépensé 7 milliards$ en licences d’exploration.

.L’île de Pâques a son aire marine.Début octobre a été annoncée par le Chili la création d’une aire marine protégée de 72 000 km2 autour de l’île de Pâques. La zone est depuis longtemps soumise à la menace de la surpêche ; elle abrite aussi des espèces de poissons endémiques.

. 3 000 milliards d’arbres dans le monde.C’est la dernière évaluation, à la hausse (la précédente était de 400 milliards), du nombre d’arbres présents sur la planète. Une étude de l’université américaine Yale. Néanmoins, depuis le début de l’agriculture, le couvert forestier aurait diminué de 46% ; et la Terre continue de perdre chaque année 10 milliards d’arbres, en raison de la déforestation effrénée.

. Baisse du budget du ministère de l’Ecologie en France. Le projet de loi de finances pour 2016 voit ce budget être réduit d’une centaine de millions d’euros. Il sera de 6,49 milliards d’euros.

. La pêche et l’aquaculture mondiales dominées par les pays asiatiques. 10 des 18 premiers pays pêcheurs du monde sont maintenant en Asie, et en tête, la Chine (14 millions de tonnes rapportées en 2013 sur un total mondial de 80 millions de tonnes), suivie par l’Indonésie. Pour l’aquaculture, la Chine, l’Inde, le Vietnam, l’Indonésie et la Bangladesh représentent 80% de la production.

. Un abattage controversé de bouquetins en France. Accusés par les éleveurs de transmettre la brucellose à leurs troupeaux, les bouquetins du massif du Bargy (Haute-Savoie) font l’objet d’une campagne d’abattage à grande échelle par les autorités publiques. Malgré leur statut d’espèces protégées, 70 d’entre eux ont été éliminés début octobre, et il est prévu d’en faire disparaître au total 220 à 240, pour ne laisser qu’un noyau « sain » de 75 individus. Les mois précédents, 370 de ces bouquetins avaient déjà été abattus, mais sans résultat … Les défenseurs des animaux soulignent notamment la non-pertinence de cette décision, puisqu’aucune distinction n’est faite entre les animaux qui seraient porteurs de cette maladie et les autres, bien-portants (l’abattage se fait par hélicoptère).

 

Les professions

 . Un nouveau président du GIEC. Depuis le début octobre, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a un nouveau président : le sud-coréen Hoesung Lee, professeur à l’université de Corée. Il remplace l’indien Rajendra Pachauri, qui avait démissionné en février, car compromis dans une affaire de harcèlement sexuel.

Médias

. « Profession : animal de laboratoire » de AudreyJougla. Editions Autrement.

. « Osons- Plaidoyer d’un homme libre » de Nicolas Hulot. Editions Les liens qui libèrent.

. « Il faut continuer de marcher » de AllainBougrainDubourg. Editions de La Martinière.

. « Intoxication » de Stéphane Horel. Editions La Découverte (sur les perturbateurs endocriniens).

. « La Glace et le Ciel » film de Luc Jacquet. Le parcours du glaciologue Claude Lorius.

 

Manifestations

 . 31ème Festival international du film ornithologique. Ménigoute (79) du 27 octobre au 1er novembre 2015.

. « Les récifs coralliens face au changement climatique », exposition. Palais de la Porte-Dorée, aquarium tropical, Paris, jusqu’au 8 novembre 2015.