Evénements

. Pollution à l’uranium. 360 kg d’uranium se sont répandus dans l’environnement, dont 74 kg dans les cours d’eau, à la suite d’une fuite radioactive au site nucléaire du Tricastin (Drôme), dans la nuit du 7 au 8 juillet. L’enquête a montré des défaillances du système de sécurité. Le Medad a diligenté une enquête sur tous les sites nucléaires français, pour vérifier notamment l’état des nappes phréatiques à proximité de ces sites.

. Les eaux côtières du monde en mauvais état. 245 000 km2 de zones côtières sont en état d’eutrophisation, environ 405 sites, en raison de la prolifération de phytoplancton, lequel, en se décomposant, multiplie les bactéries, qui surconsomment l’oxygène. Cette prolifération du phytoplancton est due aux rejets d’eaux usées et d’engrais. L’agriculture est principalement visée. En France, une vingtaine de sites sont concernés (les étangs de Berre et de Thau sont les plus touchés).

. Le G8 peine sur l’effet de serre. Les huit pays les plus industrialisés se sont accordés, le 8 juillet, à « chercher à partager avec toutes les parties à la Convention de l’ONU sur les changements climatiques un objectif de réduction d’au moins 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050. » L’année de référence n’est pas fixée, et aucun objectif intermédiaire n’est annoncé. Les pays émergents, largement responsables des émissions, n’ont pas avalisé cet accord.

. Une agence de notation des réductions de CO2. Ideacarbon entend noter les traductions en projets écologiques des crédits carbone (certificats de réduction d’émissions). Ces crédits, actuellement, ne débouchent que sur 70% de projets effectivement réducteurs d’émissions.

. Les énormes bénéfices de la nature. Selon Nature Inc. (une société appuyée par l’UICN), les services rendus à l’économie par les écosystèmes se monteraient à 60 000 milliards de dollars, soit plus que le PNB mondial.

. Un racket écologique d’Etat ? Dans le parc national de Yasuni, en Equateur, une compagnie pétrolière privée veut exploiter les gisements situés dans l’une des dernières portions vierges (les exploitations existantes ont déjà considérablement dégradé le parc) : l’Etat équatorien propose de refuser ce projet, et donc de renoncer aux redevances attendues, contre des dons, une « indemnisation », demandés à la communauté internationale (Etats, ONG, etc.). Si la justification avancée apparaît formellement louable – utiliser ces dons pour maintenir le capital écologique de la portion de ce parc restée intacte, éviter l’émission de 500 millions de tonnes de CO2 – la procédure ne l’est pas : elle a tout d’une pression de l’Equateur sur le reste du monde pour se dégager de ses responsabilités. Qui sont celles de faire respecter sa souveraineté (les compagnies pétrolières contrôlent, de facto, le parc, et les ONG équatoriennes ne semblent pas consacrer prioritairement leurs financements à la conservation du capital naturel), et d’inscrire des crédits pour l’environnement sur ses budgets. La pression est d’autant plus réelle que l’Equateur a fixé au 31 décembre 2008 la date limite de réception des dons, faute de quoi il accordera son feu vert à cette nouvelle exploitation (Libération, 02/09/2008).

. La chasse aux terres agricoles. De plus en plus de pays et de multinationales louent, ou achètent, des terres arables dans les pays en développement ou émergents pour contrôler les récoltes et assurer la sécurité des ressources. Et ce, avec la perspective d’une forte augmentation des prix des produits alimentaires dans les dix prochaines années.

. Des chantiers qui dérangent. 
– Une ligne à très haute tension (THT) en Normandie. Prévue fin 2011, elle devrait relier le futur réacteur nucléaire de troisième génération de Flamanville à la région du Maine, soit un parcours de 150 km. Quatre départements sont concernés, avec une forte opposition. La solution alternative demandée serait l’enfouissement. La société contractaire estime que cette mesure coûterait 6 fois plus cher que l’aérien.
– Un polder géant en Corée du sud. Un polder de 400 km2 avec villes, complexes industriels et zones agricoles et prévu en mer Jaune. Une digue de 33 km de long a déjà été construite. L’impact écologique serait très important, la région est un haut lieu d’une riche biodiversité.
– Une autoroute dans un parc national en Iran. Classé « réserve mondiale de faune et de flore » au Patrimoine mondial de l’humanité, le parc national du Golestan est déjà traversé par une route, dont une partie est ceinte par des murs de béton, fractionnant l’habitat de la faune. Une autoroute doit s’y substituer. Le chantier suppose l’abattage d’au moins 50 000 arbres, et la suppression des franges de rochers bordant la rivière, lesquels, en plus des forêts, limitent les inondations récurrentes de la région. Les travaux pour l’autoroute ont commencé.

. Les chauves-souris victimes des éoliennes. Des chercheurs canadiens ont montré que les chauves-souris, qui sont encore plus nombreuses que les oiseaux à succomber à leurs rencontres avec les éoliennes, meurent d’hémorragie interne, due au barotraumatisme : le choc provoqué par la baisse brutale de pression de l’air, laquelle baisse est générée par le mouvement des pales des éoliennes.

. Défenseurs de la nature/chasseurs : un accord « historique ». Entre les associations naturalistes (principalement la LPO) et la Fédération nationale des chasseurs, sous l’égide du Medad, fin juillet. Trois points principaux: avancement au 21 août de l’ouverture pour le gibier d’eau des zones humides ; moratoire de 5 ans pour trois espèces menacées (barge à queue noire, courlis cendré et eider à duvet) ; centralisation par le Muséum National d’Histoire Naturelle des données scientifiques concernant la chasse. Le principe de réunions régulières, au moins sur deux ans, a été acquis entre les naturalistes et les chasseurs.

Manifestations

. ParisSciences, festival du film scientifique. Jardin des Plantes, 8-12 octobre.

. Premières journées parisiennes du climat. Hôtel de Ville de Paris, 29-30 octobre.

Publications

« Crise alimentaire : les solutions des scientifiques ». Revue Sciences et Avenir, septembre.