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Evénements

  • Un réchauffement climatique encore plus fort est attendu… Les nouvelles prévisions concernant les augmentations de la température du globe, dans les décennies qui viennent, sont plus pessimistes que celles qui avaient déjà été proposées. La centaine d’experts, chercheurs et ingénieurs, du CEA, du CNRS et de Météo France, ont livré leurs analyses en septembre. Elles établissent que dans le pire scénario, la hausse de température moyenne globale atteindrait de 6,5 à 7° C en 2100. Ce scénario repose sur la poursuite de la croissance économique, alimentée par les énergies fossiles. Dans le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), de 2014, la prévision donnait + 4,8°C par rapport à l’époque pré-industrielle. Un seul des huit scénarios étudiés permettrait de respecter les accords de Paris, qui a été adopté en 2015. Il prévoit de limiter cette élévation de la température à 2°C, et si possible à 1,5°C. Et pour ce faire, il s’agirait d’accomplir d’énormes efforts, par rapport à la situation actuelle, c’est à dire de réduire immédiatement les émissions de CO2 jusqu’à atteindre la neutralité carbone à l’échelle de la planète vers 2060; avec une captation de CO2 atmosphériquede l’ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100 – ce qui, pour le moment, n’est pas possible avec la technologie disponible. Parmi les conséquences attendues de ce réchauffement intensifié, l’augmentation des canicules et des sécheresses. Ainsi, très probablement, une disparition de la banquise en été. Une hausse des précipitations dans les régions du monde déjà humides (Pacifique tropical, mers australes, nombreuses régions de l’hémisphère nord).
  • … Avec des effets majeurs pour les océans. C’est ce qu’établit un rapport spécial du GIEC, premier du genre. Il est également consacré à la cryosphère, c’est à dire la neige permanente, les glaciers de montagne, les calottes glaciaires, le sol gelé et la banquise. Le réchauffement , à l’oeuvre depuis longtemps maintenant, produit des effets sur les étendues marines qui sont bien apparents. Et qui vont donc s’accentuer dans le cadre des prévisions étables ci-dessus. Depuis 1993, ce réchauffement a un rythme double de celui qui existait dans les 25 années précédentes. D’ici à la fin de ce siècle, la hausse de la température marine devrait atteindre au moins 0,59 m, selon le scénario le plus optimiste, et de 1,10 m, selon le scénario le plus problématique, par rapport à la période 1986-2005. Cette hausse va multiplier les événements affectant le milieu terrestre: inondations, érosion des côtes, pénétration du sel dans les nappes phréatiques, et aussi multiplication des cyclones. Bien évidemment, les communautés vivant près de la mer vont être les premières affectées. On estime que 680 millions de personnes dans le monde habitent dans des régions situées à moins de 10 mètres d’altitude, et il est calculé qu’elles seront au moins un milliard en 2050. La biodiversité marine, aux premières loges, va pâtir de cette intensification de la détérioration de ses habitats. L’ eau, avec le réchauffement, s’acidifie davantage, ce qui est nuisible aux espèces de coquillages. L’océan perd de son oxygène, toutes les espèces qui en dépendent sont touchées. Les zones d’hypoxie, zones « mortes » à cet égard, ont augmenté dans les mers de 3% à 8% entre 1970 et 2010.
  • Un sommet sur le climat à l’ONU décevant. Aucun des grands Etats ayant participé au sommet spécial de l’ONU sur le climat, fin septembre, n’a annoncé de grands décisions visant à réduire drastiquement son empreinte carbone. Et ce, alors que la « machine économique » du monde met celui-ci sur le cap d’un réchauffement de + 3,2°C d’ici la fin du siècle (pour le moment). Après l’accord de Paris, ces Etats devaient, tous les cinq ans, annoncer de nouveaux plans de réduction des émissions. A ce sommet, les plus gros pollueurs, Chine, Etats-Unis, Inde, Canada, Australie, Brésil, Afrique du Sud, se sont contenté de déclarations sans engagements. L’Union européenne, pour sa part, est toujours engagée dans une procédure de réduire davantage ses émissions – ce que le Président français Macron a souligné, en souhaitant que les efforts soient plus importants. D’ici à 2030, l’UE doit faire baisser lesdites émissions de 40%, et toute la bataille en cours actuellement entre les pays européens est entre ceux qui veulent augmenter cette proportion à 55%, peut-être (comme l’Allemagne ou la France), et ceux qui y sont opposés.
  • Les SDHI, fongicides toxiques pour les humains. Ces fongicides sont massivement utilisés sans le monde agricole, pour « traiter » les champignons menaçant les récoltes. Ils s’attaquent à la succinate déshydrogénase, enzyme participant à la chaîne respiratoire des champignons. Des chercheurs de l’Inserm estiment qu’ils sont nocifs également pour quantité d’espèces, du ver de terre en passant par l’abeille jusqu’à l’homme. Alertée, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), a conclut à l’inocuité des SDHI pour le « monde non-champignon »… En France, onze de ces SDHI sont commercialisés, et pour une grande variété de cultures (blé, orge, vergers, bananes, etc.). C’est surtout à partir de 2000 que ces fongicides se sont répandus à grande échelle. Ils sont très utilisés dans le traitement des récoltes, et parfois en enrobage sur les semences. On estime qu’en France 80% des champs de blé sont traités avec les SDHI. Et en l’occurence, avec le Boscalid, produit de BASF.
  • Un « pacte » pour protéger la forêt amazonienne sans mesures concrètes. Verre moitié plein ou moitié vide ? Il faut pencher pour la seconde option, concernant ce « pacte » signé entre pays riverains de la forêt amazonienne, début septembre: Colombie, Pérou, Equateur, Bolivie, Surinam, Guyana, Brésil. Le Vénézuela, considéré par certains chefs d’Etat de ces pays comme une dictature, n’avait pas été invité. La France non plus, pourtant partie prenante avec la Guyane. Les mesures annnoncées se sont limitées au renforcement de la coopération en matière de surveillance par satellite, de lutte contre la déforestation, de prévention des incendies et des échanges d’informations sur le climat. On le voit, rien de décisif pour l’instant.
  • En Bretagne, une ferme de poulets « pharaonique ». Il s’agirait de deux poulaillers capables de contenir au moins 120 000 poulets, en Centre-Bretagne, à Langoëlan. Dans une zone classée Natura 2000. Le projet est soutenu par la région Bretagne et surtout par la société de nutrition animale Sanders, filiale du groupe Avril, qui doit fournir les aliments des poulets, les poussins, et se chargera de la commercialisation des poulets.
  • L214 contre l’élevage intensif. L’association L214, devenue célèbre par ses reportages « sauvages » dans les abattoirs, notamment, a fait paraître en septembre un livre, Quand la fin ne jusifie plus les moyens (éditions Les liens qui libèrent), qui dresse un constat impressionnant du nombre d’animaux domestiques éliminés en France tous les ans. Il y aurait ainsi plus de 42 millions de poulets, 5 millions de cochons, 2 millions de canards et environ 800 000 bovins, qui mourraient dans les élevages chaque année, avant d’avoir atteint l’âge d’être envoyés à l’abattoir. Les cadavres de ces animaux sont transformés en farines et graisses animales. En parallèle, 3 millions d’animaux sont supprimés, également tous les ans, dans les abattoirs.

 

Médias

  • « Les Grands cerfs » de Claudie Hunzibger. Editions Grasset
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